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L'Ecole ivoirienne : un système en quête d'un nouveau visage

A la croisée des chemins en ce siècle nouveau, chaque projet de développement est en quête d'une véritable personnalité qui l'identifie et fait de lui une particularité. Dans cette mouvance, certains systèmes mal en point ne doivent pas rester en marge de ce développement ou du moins de cette mutation.

L'école ivoirienne va mal et cela n'est un secret pour personne. La source de ce mal est profond et multiforme. Face à cette gangrène qui mine le système éducatif, des initiatives ont été prises, des changements ont été annoncés. Toute cette dynamique serait une véritable valeur ajoutée dans le processus de développement de la Côte d'Ivoire.

C'est pourquoi, le gouvernement Patrick Achi s'est donné les moyens d'abord pour élaborer une feuille de route permettant d'assainir l'un des domaines clé de notre Etat, à savoir l'école ivoirienne. Secteur qui façonne toute la pensée, l'essence même des mentalités, de l'intellectualité, l'école se doit d'être un milieu où l'on forme et forge l'excellence, le talent.

Mais depuis des décennies, l'on assiste en général à un déclin des valeurs et de la formation en milieu scolaire.

Que s'est-il passé ?

Nous nous interrogeons pour essayer de comprendre les contours de ce rabaissement qui n'honore en aucun cas la Côte d'Ivoire.

La formation des apprenants n'est-elle pas de qualité ? ou la formation des formateurs n'est-elle pas appropriée ? ou Le système lui-même n'est-il pas inadéquat ? Les effectifs répondent-ils aux normes en vigueur ?

En Côte d'Ivoire, les effectifs pléthoriques (70 à 100 élèves par classe) ne sont pas de nature à favoriser une bonne transmission et réception du savoir. Dans une classe de cinquième d'un collège de proximité à Yamoussoukro par exemple, nous avons remarqué un effectif de 104 élèves pour 30 bancs.Les enseignants d'une telle classe peuvent-ils évaluer correctement chaque élève quand la pédagogie indique et exige trois (3) devoirs et trois(3) interrogations par trimestre et par classe. Selon les principes de l'UNESCO, une classe pédagogique est d'un effectif de trente (30) élèves. Dans un autre établissement secondaire public, les effectifs tournent autour de 70 et 80 par classe au premier cycle. Dans une école primaire à Yamoussoukro, une classe de CM1 comptait quand à elle 87 élèves pour un instituteur quand celle de CP1 comptait 67 élèves.

Déjà quand un professeur de collège a 23h de cours par semaine au lieu de 21h pour de tels effectifs, comment peut-il être productif avec ses apprenants ?

Quand des élèves sont affectés de certaines localités à destination de la ville où la plupart des gens vivent dans un climat de méfiance vis-à-vis de l'autre, les parents sont obligés de loger les élèves dans des foyers ou des maisons louées où les enfants sont livrés à eux-mêmes. Cette situation n'est pas non plus de nature à favoriser un bon apprentissage.

Oui, l’école ivoirienne va mal. Et chacun à sa part de responsabilité. Je me souviens encore de cette enfant de 13 ans (qui vivait dans des conditions difficiles) de la classe de quatrième (4ème) affectée au lycée mixte 1 de Yamoussoukro à qui le père avait depuis la ville de San-pedro dit au téléphone "ma fille, débrouille-toi". Cette parole continue encore aujourd'hui à hanter mon esprit. Les parents n'ont-ils pas démissionné de leur rôle dans le suivi de leur enfant à l'école ?

Le point suivant est l'application de certaines méthodes et systèmes qui mettent en mal le bon apprentissage à l'école. Un proverbe africain nous enseigne ceci : "Quand une calebasse est en train de se fissurer, on a deux choix : Soit, il faut la coudre, soit la remplacer pour arrêter le dommage". Pour dire que quand des méthodes ou systèmes pédagogiques ne répondent pas à la réalité, il faut simplement songer à prendre des initiatives. En Côte d'Ivoire, nous sommes passés de la PPO (Pédagogie Par Objectifs) à la FPC (Formation Par Compétence) et ensuite de la FPC à l'APC (Approche Par Compétence).

Est-ce qu'avec les effectifs pléthoriques observés dans la majeur partie des classes, l'enseignant peut suivre réellement l'évolution de tous les apprenants de sa classe ?

Aujourd'hui, la dictée comme nous l'avons connue, n'existe plus depuis l'enseignement primaire. Alors, peut-on apprendre une langue étrangère sans dictée et espérer être bien meilleur ? De ce fait, la lecture peut-elle avoir un véritable sens, une place de premier choix chez l'élève ?

La ministre de l'éducation nationale et de l'alphabétisation, mène une lutte très acharnée contre la corruption et la fraude tant dans le processus de recrutement des enseignants que dans les examens à grand tirage. Cette action qui fait tache d'huile est à étendre dans le temps.

Pour notre part, l'école est à repenser pour panser les plaies qu'elle traîne depuis des lustres et redorer son image.

C'est en cela que les états généraux annoncés sont à saluer. Cette initiative est plus que salvatrice. Vivement que les résolutions qui sortiront de là, soient appliquées pour le bonheur d'une école de qualité débarrassée de ces maux qui avilissent tant et de toute incompétence !

Petanlan.

Content created and supplied by: Petanlan (via Opera News )

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