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Education nationale : de l'épineuse question des postes de travail dits "déshérités"

Mutation d'une institutrice, mère d'un bébé de huit mois à 80 kilomètres de la ville au fin fond de la brousse. Viol d'une institutrice dans la DRENA de Bondoukou la semaine dernière. Ces deux événements ont enflammé la toile et indigné la communauté éducative et même l'opinion nationale. Suite à des interventions, l'institutrice mutée a regagné son ancien poste de travail. Quant à l'institutrice violée, elle est prise en charge et les enquêtes sont en cours pour mettre le grappin sur le quidam. Mais au-delà de ces faits et drames, il se pose la question des postes dits "déshérités" , terme utilisé dans le jargon de l'éducation nationale. Le terme est inapproprié dans la mesure où toutes ces contrées lointaines sans électricité et eau courante, souvent d'accès difficile sont en territoire ivoirien. Les agents de l'éducation nationale et du secteur de la santé (infirmiers et sages-femmes) vivent le martyr. Ils sont affectés dans ces zones rurales. Le premier poste d'affectation d'un fonctionnaire lui est généralement imposé. Certains passent par les voies tortueuses de la corruption pour se faire réaffecter dans les endroits plus accessibles et plus commodes. 

Plusieurs milliers de villages et hameaux du pays se trouvent dans de difficiles conditions de vie mais reçoivent des fonctionnaires. Malheureusement, en Afrique, il faut avoir un fils dans un gouvernement pour voir sa région desenclavée. Aussi, la mise en route de la politique de décentralisation en Côte d'Ivoire depuis quelques années n'a-t-elle pas encore sorti des milliers de populations du sous-développement. Quelques établissements scolaires, dispensaires et maternités construits ça et là par les conseils régionaux. Mais les routes non entretenues régulièrement rendent l'accès difficile à plusieurs villages du pays au grand dam des fonctionnaires qui y travaillent. Le développement économique et social qui implique la planification, la programmation, la réalisation des infrastructures...est du ressort de l'Etat pour ne pas dire qu'il fait partie de ses obligations régaliennes. Quand les villages auront le minimum vital pour une condition de vie acceptable, il n'y aura pas de postes de travail déshérités. Pour finir, les instituteurs ont depuis 2009 une indemnité contributive au logement de 40.000 francs CFA par mois. Il est indispensable voire nécessaire que l'Etat demande aux communautés villageoises qui construisent les établissements scolaires de les accompagner de logements de maîtres décents quitte à les mettre en location. Les instituteurs soucieux de leur sécurité paieront le loyer. Cela pourrait éviter les cas de viol dans la nuit des institutrices. Le ministère de l'éducation nationale et de l'Alphabétisation gagnerait à garder un oeil sur les affectations des jeunes dames dans les postes éloignés. Il faut une discrimination positive en faveur des institutrices dans les affectations et mutations pour éviter qu'elles se retrouvent sans défense dans les contrées lointaines du pays.

Dadié Kôbê

Content created and supplied by: DadiéKobê (via Opera News )

bondoukou

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