Sign in
Download Opera News App

 

 

Le fonctionnaire peut-il participer à un débat à la télé ou à la radio?

Dim1209211910

Plateau de l'émission de débat NCI 360 (image d'illustration, source SB)

Les Ivoiriens aiment les débats télévisés. Et certaines chaînes comme NCI le leur servent bien. Comme c'est le cas avec NCI 360 tous les Dimanches soirs. Seulement un constat en rapport avec les différents invités de ces productions se dégage et ce, quelque soit la chaîne de télé. Il s'agit de l'absence de fonctionnaires au cours de ces débats. En effet de façon générale les invités sont journalistes, politiciens, artistes, sportifs, responsables d'ONG, responsables syndicaux ou d'associations. Les seuls fonctionnaires que l'on voit sont le plus souvent des enseignants des universités qui interviennent protégés par ce que l'on appelle la liberté académique. Pourquoi les fonctionnaires ordinaires sont-ils absents à ces débats ? Obéissent-ils à une interdiction d'y prendre part?

Le fonctionnaire est avant tout un citoyen ordinaire qui a des droits que l'on appelle libertés publiques. Il s'agit de la liberté d'opinion et d'expression, le droit syndical et le droit de grève. Il jouit aussi de la liberté d'opinion philosophique ou religieuse appelée liberté de conscience. Toutes ces libertés tirent leur source de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen. Partant de cette base, il est aisé d'affirmer que rien, absolument rien n'empêche le fonctionnaire ordinaire d'exprimer ses propres opinions à la télé ou à la radio au cours d'un débat. Et le statut général de la fonction publique en son chapitre 5, section 1, article 16 confirme davantage dans son premier paragraphe ce droit en énonçant : "la liberté d'opinion est reconnue aux fonctionnaires. Aucune distinction ne peux être faite entre ceux-ci en raison de leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses".

Mais attention ! Le même article 16 en son 2ème et 3ème paragraphe impose des restrictions. "Toutefois, l'expression de ces opinions ne peux mettre en cause les principes affirmés par la constitution et le présent statut (NDLR: statut général de la fonction publique). Elle ne peux être faite qu'en dehors du service, avec la réserve appropriée aux fonctions qu'exerce l'intéressé". En termes clairs, le fonctionnaire a la liberté d'opinion mais l'expression de cette opinion est conditionnée. En effet, ce dernier doit faire preuve de loyauté envers l'État qui est son employeur. C'est à dire qu'il doit se garder de dire des choses qui "dérange" l'État. Il ne doit pas "parler mal" de son employeur au risque de se voir imposer des sanctions. L'article 26 du statut général de la fonction publique lui impose "l'obligation de réserve" et le "devoir de neutralité" dans l'expression de ces opinions. Hors de son service ou sur un plateau radio-télé, le fonctionnaire est limité dans sa prise de parole et cela en rapport avec sa situation dans la hiérarchie de l'administration publique.

Comme on le voit, la liberté d'opinion et la liberté de pensée existent. Mais elles sont limitées dans leur expression par un devoir de réserve, de neutralité et de loyauté. Des libertés aux allures de patates chaudes en fait. Ceci expliquerait sans doute notre constat de départ.

SRANKPAWA BOUAKE Dim1209211910

Abonne toi "+ Suivre", Partage, Commente et mets un like

Content created and supplied by: SRANKPA (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires