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Immigration : témoignage triste d'un père ayant perdu son fils après avoir dépensé plus d'un million

Le Réseau Ouest Africain de lutte contre l’immigration clandestine (REALIC) est en mission de sensibilisation contre le fléau à Daloa. Ce vendredi à la gare d'Issia, un artisan a livré un témoignage émouvant.

« Mobilisation sociale contre le fléau de l’immigration irrégulière en Côte d’Ivoire ». C’est le projet que porte le REALIC actuellement à Daloa. Et ce, avec l'appui financier de l’ambassade d’Allemagne en Côte d'Ivoire. Face aux artisans ce vendredi 3 septembre, Florentine Djiro, Présidente – fondatrice du réseau a incité les artisans à se réaliser sur place.

Touché par cette action de sensibilisation, Ouattara Sékou, ferronnier, a tenu à rendre un témoignage. « (…) J'ai dépensé au moins un million. Arrivé en Libye, maintenant, il faut donner prix de manger. Toujours, il t’appelle pour prix de manger. Maintenant, un jour, ils ont pris la route. En partant sur l'eau, le petit, mon fils, il est resté sur l'eau. Moi, ils m'ont caché aussi. Au lieu de me dire, ils ne m'ont pas dit pendant un an de 2017 à 2018. J'ai dépensé un million. Or, si mon petit était là et que je lui donnais un million dans le commerce, il allait s'en sortir », a révélé l’homme de métier.

Regrettant que cette pratique prenne autant d’ampleur, Ouattara Sékou a indiqué que c’est à son insu que l’enfant d’à peine 17 ans a décidé de rejoindre l’Europe à partir de la méditerranée. « Si tu es au courant, tu vas dire il va pas (…) Quand il n y a pas d'argent, on les frappe. Or, quand on frappe ton enfant et que toi-même, tu entends les pleurs, vraiment, même si tu n'as pas l'argent, tu vas prendre crédit. », poursuit-il. Malgré son engagement aujourd’hui, le ferronnier note que le cadet de son défunt fils a déjà aussi essayé l’expérience du voyage clandestin. Par deux fois, ce dernier a été intercepté ; une fois à Katiola et la deuxième fois au Burkina Faso.

Si les jeunes s’adonnent à ce voyage périlleux, les artisans pensent que cela est dû a manque d’opportunités au niveau local. Pour eux, les efforts de l’État restent insuffisants. Le REALIC a promis faire le plaidoyer auprès de l’État. « Parvenir à quitter le secteur informel pour le secteur formel, je pense que ça peut aussi réduire la précarité des artisans, renforcer les compétences des artisans et leur permettre de se réaliser sur place », a indiqué Florentine Djiro.


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

daloa libye

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