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Crise de la dictée : un directeur d’école défie l’inspecteur Yao Yao Paul dans un débat télévisé

L’écrivain et directeur d’école Akon Miessan Justin

Le débat sur la crise de la dictée dans le système d’évaluation dans l’école ivoirienne ne finira pas de connaitre maintenant son épilogue ; ils sont nombreux à être ahuris que l’orthographe, c’est-à-dire ‘’l’écriture juste des mots’’ soit incriminée autre mesure en contournant soigneusement les vrais problèmes. Monsieur Akon Justin, écrivain et directeur d’école primaire avec une expérience professionnelle de 32 ans vient de briser le silence.

      Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, l’homme veut un débat télévisé afin de donner sa position sur la dictée de façon spécifique ; mieux, il a souhaité avoir un débat télévisé avec l’inspecteur à la retraite Yao Yao Paul qui, on s’en souvient, avait soutenu récemment sur un plateau télé avait remis en cause le rôle de la dictée dans l’évaluation des élèves. Le solide magister a, dans son article, clairement montré l’importance de la dictée. Ci-dessous l’intégralité de son texte :

L’inspecteur à la retraite Yao Yao Paul

      ‘’À trente-deux ans d'ancienneté dans l'enseignement primaire, dont treize en qualité de directeur d'école, je pense bien que j'ai mon mot à dire relativement à l'importance de la dictée. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs, j'ai ce droit que me confère la liberté de parole. À vous qui, par circonlocution, voulez caresser dans le sens des poils monsieur Yao Yao qui a osé clamer que la dictée n'a rien d'intelligent vu qu'elle n'évalue pas l'élève selon ses acquis, sachez que:

1/ lors d'une dictée préparée, on rappelle puis on évalue les notions de grammaire, d'orthographe d'usage, d'orthographe grammaticale, de conjugaison, de vocabulaire.

2/lors de la dictée de contrôle, on contrôle (comme son nom l'indique) les acquis grammaticaux, orthographiques et les notions de conjugaison déjà dispensés à l'élève.

Il est entendu que l'apprenant doit faire appel à ses dispositions cognitives aux fins d'écrire les mots dictés. Cela participe à sa formation globale vu qu'il réfléchit, écrit et lit. Toute chose qui explique que tous les élèves, ayant affronté la dictée à l'âge de la pédagogie par objectif (PPO), sont d'excellents lecteurs et rédacteurs.

Par contre, avec l'approche par compétence (APC) qui propose des exercices à trous, des questions à choix multiples (QCM), des exercices d'appariement où l'élève ne fait que relier, écrire "vrai ou faux", "oui ou non", entourer, souligner et j'en oublie, l'apprenant ne réfléchit plus, n'écrit plus, ne lit plus. Résultat: la majorité des élèves ivoiriens ne savent ni lire ni écrire correctement. En sus, chose aberrante, lors d'un devoir, un élève qui écrit " une foto" au lieu de " une photo", on exige qu'on lui octroie la moitié des points.

Dites-moi, chers sachants, à quoi répond un tel système éducatif si ce n'est l'abêtissement de nos enfants ?! Dites-moi en quoi une telle manière d'évaluer est intelligente ? Au total, sachez que je demande un débat télévisé avec monsieur Yao Yao afin de livrer mon opinion…’’.  Sans pour autant remettre en cause de façon fondamentale les efforts du gouvernement dans la recherche des solutions pour une école de qualité, il nous semble impérieux que dans cette quête inlassable, l’avis d’autres sachants importe, et monsieur Akon Miessan Justin, du haut de ses 32 ans d’expérience, n’est point un liliputien intellectuel ; vivement cet autre débat car l'école est une affaire de tous.

       Frederic GNEZE

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

Yao Yao Paul

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