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"Zambéléman", le Mapouka de Josey ne passe pas

Elle sait pousser la note comme peu d'artistes féminines de sa génération savent le faire. C'est clair, Josey parvient à faire vivre à son public toute une gamme d'émotions et de frissons. Il n'est pas exagéré d'écrire qu'elle est l'une (sinon la vraie) relève de la musique ivoirienne moderne, d'inspiration urbaine. À l'image d'Aïcha Koné, Chantal Taïba, Nayanka Bell, Tiane, Antoinette Konan... pour ne citer qu'elles.

Josey n'a pas que la maîtrise vocale et un registre musical qui la distinguent. La chanteuse, auteure et compositrice sait aussi occuper la scène lors d'une prestation live. Et son concert au palais de la Culture d'Abidjan, moins d'un mois après la sortie de son tout premier album "Cocktail" (paru le 1er mai 2021) est le couronnement de sept années d'une carrière solo. Un voyage musical démarré sur les chapeaux de roues, en janvier 2014. C'était avec son single "On fait rien avec ça", dans le pur courant de langage ivoirien.

Sept ans, que c'est long ! Mais l'attente en valait le coup. On n'a pratiquement pas vu passer le temps, puisqu'à force d'enchaîner des jolis singles comblant les attentes, la chanteuse fait oublier cet aspect. De "Diplôme" à "Ma moitié" en passant par "Vendeur d'illusions", "Mise au point", "Nagnouma", "Espoir", "Sorry", "Rebelote", "Zambéléman", etc., Josey a caramélisé les oreilles avec des morceaux succulents. Avant d'offrir enfin son album "Cocktail" de 17 titres.

(Josey, une voix fraîche, légère et cristalline qui séduit ses fans)

À propos, le disque compte pour moitié certaines de ses titres à succès. Un album cocktail effectivement, avec des chansons qui se laissent découvrir les unes après les autres, dans différents styles musicaux. Des chansons qui passent en revue le RnB, l'afro-beat, la rumba ou le Coupé-décalé.

Une prouesse artistique et vocale qui dénotent le talent multiforme de la jeune Josée Priscille Gnakrou découverte, pour la première fois, à l'émission concours Castel Live Opéra, en 2012.

(Ici, un look. Un air de Maryline Monroe)

Savoureux, mélodieux voire langoureux (sur "Ma Moitié" par exemple), c'est un cocktail pétillant qu'on a plaisir à déguster, seul, en famille, avec des amis, dans la voiture ou dans un espace sonore.

Pour la plupart, les chorégraphies des clips illustrant les chansons sont réussies. Avec des images épurées, de belles mises en scène et un décor superbe. C'est le cas par exempe de "Nagnouma", "Ma Moitié" et bien d'autres. Cependant, le tout dernier, le clip de "Zambéléman" s'écarte de cet univers onirique. Il est loin d'être une réussite stylistique et chorégraphique. L'enchaînement des séquences fini par saturer la vue, sans doute en raison des multiples effets visuels.

(Certains admirateurs qualifient déjà l'étoile montante de "diva")

Il est vrai que l'esprit y est, avec la danse "mapouka" des villages côtiers de la Côte d'Ivoire. Une danse que la chanteuse a voulu dépoussiérer et remettre au goût du jour, à travers un featuring avec Boningo. Pour le plaisir des mélomanes nostalgiques. Si ça reste une bonne idée artistique, on est quand même loin du compte et à la limite de l'excès de démonstration.

Trop de plans serrés, par exemple, sur cette partie du corps des danseuses (on se comprend bien). De même, pour les tenues trop moulantes.

Ce que l'on sait, au village, les danseuses de Mapouka s'éclatent sur la piste, au clair de lune, avec des pagnes noués à la taille. Ce n'est pas Boningo, ex-membre des Youlé (et lui-même originaire de Grand-Lahou) qui dira le contraire.

(Des fans rivalisent de talent au son de "Zambéléman" sur les réseaux sociaux)

Les images du clip sont d'autant plus schématiques et stéréotypées que le Mapouka n'offre pas plus de pas de danse qu'un "roulement" de reins. La chanteuse elle-même ne se prive pas d'y aller de son savoir-faire en la matière. Dès lors, si l'on veut en mettre plein la vue, évidemment on tombe dans l'excès. Comme avec ces "mâles" survoltés dans le clip à la vue des filles. Quel message transmet-on ?

Dans une société africaine où la dépravation des mœurs et la perte des valeurs morales inquiètent, il faut y aller avec mesure. Surtout qu'on ne nous brandisse pas d'excuses fantaisistes à travers des comparaisons hors contexte, avec les stars européennes ou occidentales. Mais une fois n'est pas coutume et qui aime bien châtie bien. Parce qu'on l'aime, l'on voudrait préserver notre Josey nationale de toutes mauvaises images. L'éducation sociale des plus jeunes passe aussi par leurs idoles, leurs modèles. L'avenir de nos filles n'est pas "derrière" elles. Il est surtout dans une tête bien faite.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

josey

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