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Angré : à peine un an après notre divorce, cet acte de mon ex-épouse me pousse à la reconquérir

SGB78
2020-09-05 08:00:24

Suzanne venait de déposer sur la table de la chambre d’hospitalisation, les derniers médicaments prescrits par le médecin. Plus d’un mois que je suis admis dans cette clinique des suites d’un accident de la circulation survenu au niveau du ‘’carrefour Duncan’’ à Cocody et Suzanne mon ex épouse est restée tout ce temps à mes côtés. Ce matin-là, je me rendais au service. Je m’en souviens comme si c’était hier. Alors que le passage était libre pour moi, je m’engageai, j’eu juste le temps de voir débouler sur le côté à vive allure un autre véhicule qui avait grillé le feu de signalisation, des crissements de pneus de l’autre conducteur qui tentait désespérément de freiner, en vain. Il s’en est suivi un terrible bruit sourd dans un froissement de tôle et plus rien. Je me réveillai deux jours plus tard dans cette chambre d’hôpital que je n’ai plus quittée depuis plus d’un mois maintenant. L’autre véhicule était occupé par cinq jeunes gens qui rentraient chez eux autour de 6 h après une soirée bien arrosée.

        On me disait qu’un malheur ne vient jamais seul et je ne venais d’en faire l’amère expérience. Mon accident était survenu un an jour pour jour après un long et difficile divorce d’avec Suzanne. Je l’avais rencontrée dans une agence immobilière où je m’étais rendu pour signer le contrat de location d’un appartement à Angré. Elle m’avait réservé un accueil si chaleureux que je n’ai pas résisté à l’envie de l’inviter à dîner. Quand j’eus cet appartement, auquel je tenais tant, je l’y invitai plus d’une fois. J’appréciais la compagnie de Suzanne ce sentiment semblait partagé. Je rentrais de l’étranger et Suzanne était l’une des premières personnes avec qui je m’étais lié d’amitié. Jeune, dynamique, très instruite, j’étais tombé sous le charme de Suzanne. Elle me parlait de son travail avec une telle passion que je passais des heures à l’écouter.  

        Après quelques mois où j’avais appris à la connaitre, je l’avais demandée en mariage sur un coup de tête. Je ne sais pourquoi, la phrase était sortie après un copieux repas qu’elle avait concocté pour moi à mon appartement. D’abord surprise par cette proposition, Suzanne parut un moment, confuse avant de me faire une contre-proposition après quelques secondes de réflexion. Pendant ce temps de réflexion qu’elle s’accorda j’étais demeuré suspendu à ses lèvres. Elle voulait que nous nous accordions encore du temps mais pour moi c’était elle qu’il me fallait. A quoi bon attendre, je paraissais sûr de mon choix.

Le mariage fut célébré sobrement comme le voulait Suzanne. Seuls quelques invités triés sur le volet au nombre desquels des amis communs et des membres de la famille de Suzanne assistèrent à notre union. Mais après deux ans de vie commune, des divergences apparurent tout de suite. J’avais quitté le pays alors que je n’étais qu’un adolescent, exactement à l’âge de 12 ans et j’y revenais 20 ans plus tard. C’est donc dire que mon mode de vie était tout calqué sur celui des habitants de ce pays européen où j’avais vécu avec ma tante. Je tenais de ce fait à ma liberté. Je faisais ce que bon me semblait sans tenir compte de mon épouse Suzanne. Le mariage m’était tout de suite apparu comme une forme de violation de cette totale liberté à laquelle je tenais tant. Suzanne voulait que je l’informe de la moindre de mes initiatives et cela était tout le contraire de ma personnalité. J’avais le sentiment que j’étais désormais dans une cage ou encore que je retombais dans l’adolescence où je devais justifier mes entrées et sorties.

        Au fil du temps, je m’étais fait beaucoup d’amis tant au niveau de mon nouveau service que dans les bars et boîtes de nuit que je fréquentais assidûment. Je voulais rattraper tout ce temps où j’étais resté loin du pays. Il y avait tellement d’endroits chauds où faire la fête à Abidjan et je voulais les découvrir tous. Petit à petit, la nuit abidjanaise m’absorba. Mes disputes avec mon épouse devinrent fréquentes et violentes quand je commençai à découcher. Suzanne avait perdu cette joie de vivre qui rayonnait sur son visage et qui m’avait séduit. Ses yeux ne laissaient plus briller cette petite lumière qui illuminait mon cœur au départ.  

        Toutes les tentatives de conciliation initiées par des amis proches se soldaient par des échecs. Je restais sage le temps d’un weekend et je reprenais mes vieilles habitudes. Je voulais juste que Suzanne me laisse m’amuser comme je le voulais mais elle n’entendait pas les choses de cette oreille. Je tenais avant tout à ma liberté et je voyais que le mariage était comme une grave menace à cette indépendance à laquelle je tenais tant. Je me mis à voir d’autres filles. Suzanne tomba à plusieurs reprises sur les preuves de mon infidélité et demanda le divorce.

        Le juge chargé de notre dossier fit tarder les choses. Il espérait ainsi une possible réconciliation mais c’était peine perdue. Suzanne ne voulait rien entendre. Elle en avait assez de mes frasques. Pour moi tout m’était égal pourvu que je sois libre de faire ce que je voulais sans que Suzanne se mette au travers de mon chemin. On m’avait expliqué que la vie de couple était synonyme de sacrifices de part et d’autre pour tenir la barque à flot mais tout cela était juste de belles paroles pour moi.

C’est Suzanne qui avait raison. On aurait dû prendre plus de temps avant de nous précipiter vers le mariage. Je me rendis compte que ce que je voulais n’était vraiment pas une union. Je n’y étais pas préparé et je ne savais pas non plus qu’un mariage impliquait tant de sacrifices. De là où je venais et où j’avais grandi, c’étaient les unions libres qui avaient la côte. Je m’étais donc fortement mépris de cadre et de personne. Suzanne me voulait à la maison à des heures régulières. Elle me demandait de me comporter comme un homme marié et ces remontrances finirent par m’agacer.

        Après notre divorce, j’avais retrouvé le type de vie que je voulais véritablement. Sortir, faire la fête et rentrer quand je voulais sans avoir à supporter la colère de quelqu’un qui vous attendais dans le divan. Contrairement à moi, Suzanne avait été beaucoup éprouvée. Avec un peu de recul, je me rendis compte combien de fois elle avait souffert parce qu’elle m’aimait profondément.

        Suzanne était la première personne que j’avais songé à appeler à mon chevet quand j’avais recouvré mes esprits. Je n’avais pas de parents proches dans la capitale. J’avais de la famille à Oumé d’où je suis originaire mais je n’avais pas jugé nécessaire de renouer le contact avec celle-ci. Je prévoyais un voyage au village pour renouer avec mes racines mais je le remettais chaque fois n’y voyant aucun intérêt dans l’immédiat. Mes géniteurs y reposaient à jamais et on m’avait aussi laissé entendre que j’y avais des demi frères et sœurs.

        Suzanne resta donc à mon chevet dans cette clinique tout le temps qu’avait nécessité les différentes interventions chirurgicales pour me redonner l’usage de mes jambes. Je recevais quotidiennement des collègues mais aussi des amis mais c’était juste après l’accident. Au fur et à mesure que mon séjour à l’hôpital s’allongeait, les visites se faisaient rares. Celles-ci étaient remplacées maintenant par des coups de fils qui à leur tour commencèrent à s’espacer avant de disparaître. Je me rendis compte que je m’étais mépris fortement sur la sincérité de l’amitié de toutes ces personnes avec qui je faisais la fête sans arrêt. Aujourd’hui dans ce lit, je n’étais désormais d’aucune utilité pour eux. La réalité était là devant moi.

        Seule Suzanne conciliait ses heures de travail et les visites à mon chevet. Elle m’assistait sans broncher et je n’osais plus la regarder droit dans les yeux après ce que je lui avais fait endurer. Un an que le juge avait prononcé notre divorce et j’étais resté sans nouvelles d’elle. Je ne l’avais plus appelée depuis. Mais quand elle avait reçu cet appel de la fille de salle l’informant de ce qui m’était arrivé, elle était accourue aussitôt. Elle me trouva totalement amoché, les jambes suspendues au plafond par du lest, elle avait pleuré. Je ne pouvais me tourner sur le côté pour la voir mais elle s’était effondrée à même le sol. Et depuis, elle ne m’avait plus quitté.

        Je suis aujourd’hui à la maison. Le pire est désormais derrière moi et très bientôt je pourrais reprendre le service. Je n’attends que quelques derniers examens et les dernières séances avec le kiné et je pourrais reprendre le travail. Suzanne venait à la maison chaque jour s’assurer que je ne manquais de rien et retournais chez elle.

Mon accident m’a ouvert les yeux surtout sur la duplicité du cœur de l’homme. Cette épreuve m’a montré qui tenait vraiment à moi et c’était de loin Suzanne. Toutes ces filles à qui je distribuais mon argent sans compter avaient disparu soudainement. Je ne souhaite qu’une seule chose désormais vivre avec Suzanne. Je suis prêt à prendre de nouveau l’engagement de ne plus la faire souffrir, cette fois-ci j’en suis convaincu et je ne souhaite qu’une chose, qu’elle me donne une autre chance.

Mais comment aborder ce sujet si délicat avec elle ? Nous avons divorcé il y a de cela plus d’un an maintenant a-t-elle refait sa vie ? Je ne voyais aucune alliance à son doigt mais cela ne voulait absolument rien dire. Avec ce qu’elle avait enduré avec moi, elle réfléchirait par deux fois avant de dire oui à un autre homme. Mais je tiens à elle, la seule chose aujourd’hui qui compte pour moi, c’est ramener Suzanne à la maison. Même si elle ne veut plus entendre parler de mariage, sa seule présence à mes côtés ferait mon bonheur. Je veux lui rendre tout cet amour qu’elle m’a donné et surtout me faire pardonner mais me croira t’elle cette fois-ci ?.

Source: SGB78 (via Opera News )

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