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Parents malades, maison inachevée, mausolée en ruine : la vérité sur la vie de François Lougah

Bien que réhabilité, le mausolée de l’illustre chanteur ivoirien François Lougah ou le Papa national est couvert de touffe d’herbes et délaissé par faute d’entretien. Pour certaines langues, la vie de Lougah décédé en décembre 1996 et inhumé en mars 1997 à l’entrée de la ville de Lakota, a rimé avec le triptyque : gaspillage d’argent, luxe et femme. D’où l’expression courante : ‘’mener la vie de Lougah’’.

Que de commentaires sur la vie de ce chanteur qui a porté la musique ivoirienne au-delà des frontières dans les années 80 et 90. Au point où les plus critiques disaient, avec ironie, que cette voix de rossignol est entrée dans le ventre de la nuit sans réalisation. Que non. Au quartier résidentiel de la ville chère au maire de Lakota Samy Merhy, une maison inachevée, sans toit, garnie d’herbes sauvages avec pour occupants de nombreux reptiles, est la propriété de l’illustre Papa national.

Le mausolée situé en bordure de route, à proximité de la gare routière de la cité des éléphants, ne reflète plus le parcours honorifique de l’artiste. Klaxons de véhicules de transport en commun ralliant Lakota à des villages voisins agacent la sépulture. Une stèle présentant la légende avec un micro en main est fixée sur une pyramide de Chéopo sous laquelle figurent des clés de sol indique la présence de la dépouille de Lougah. Envahi par la broussaille, Lougah dort dans des conditions peu ordinaires. Inauguré en 2009, ce monument a été offert par Désiré Dallo ex-Dg du Port Autonome de San Pedro en guise de reconnaissance à la générosité à l’artiste. Hélas, la tombe a perdu son éclat d’antan, après son inauguration le mercredi 18 mars 2009 en présence de Augustin Kouadio Komoé , ministre de la culture d’alors et de plusieurs autorités.

Soit 25 ans après, la famille de l’artiste est toujours inconsolable. « Certaines personnes nous invitaient à des cérémonies sous prétexte que notre frère sera honoré. Quand ils reçoivent de l’argent, nous ne percevons rien », avaient confié les sœurs de l’artiste à la presse. Le décès de leur seul espoir, reste jusque-là un vide à combler.

Sous le poids de l’âge, Christine Dago, l’une des sœurs du défunt, paralysée par un accident vasculaire cérébral, ne peut plus faire l’entretien de la tombe. Seule au quartier Dabéco d’Akabréboua, le village natal de Lougah, Christine attend de l’aide pour une meilleure santé. Quant à Bernadette Dago, elle repose désormais en paix auprès des ancêtres.

A Abidjan, le frère cadet du Papa national, Paul Lougah surnommé le ‘’jumeau’’ est aussi paralysé par une hémiplégie qui date d’environ 10 ans. Au quartier BC d’Abobo où vit l’artiste et sa famille, tristesse et désolation font bon ménage. « J’ai besoin de 2 millions fcfa pour mes soins et mes arrières de loyers. J’aurais voulu achever la maison de mon frère si j’avais les moyens », implore-t-il au téléphone.

Malgré la générosité et l’ouverture de François Lougah, certaines langues du village ne sont pas tendres envers l’auteur des albums Pécoussa, Kouglizia, Caroline. Maçon de formation et père de 5 enfants, Lougah était adulé par les Présidents Félix Houphouët Boigny et Henri Konan Bédié. Il a bénéficié des largesses de ces derniers. A la mort de sa mère, Lougah devait recevoir une forte somme d’argent en guise de compassion du Président Bédié.

L’enveloppe devait servir à construire une maison digne de son nom. Passée par personne interposée, cette somme ponctionnée n'a malheureusement pas servi à terminer la maison. Au grand désarroi de l’artiste qui rendit l’âme après cette affaire. « C’est à cause de la méchanceté des gens que Lougah n’a pas pu achever sa propre maison », dit-on à Lakota. Le regard tourné vers le Président Alassane Ouattara, les parents de Lougah fondent également leurs espoirs sur leur petite fille, Caroline. Fille aînée du défunt, Caroline dont l’une des chansons de son père lui est dédiée est également très attendue par ses parents paternels.

Aimé Dinguy's N.

Content created and supplied by: AiméDinguy's (via Opera News )

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