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Si Yves de M'Bella a été sanctionné, il n'y a plus de raison d'être clément avec les autres !

Les sanctions (pénales et professionnelles) à l'encontre de l'animateur Yves de M'Bella sont peut-être méritées. Et il l'assume. D'ailleurs, en avait-il le choix ? Évidemment que non. Il sait qu'il est allé un peu loin ce coup-ci, pour une émission qui aurait dû se passer autrement si elle avait été plus réfléchie, plus mûrie. Hélas pour lui ! La Côte d'Ivoire entière lui est tombée dessus et même que certains n'ont pas hésité à lui rappeler ses origines camerounaises.

Yves de M'Bella, il est vrai qu'il est comme ça ! Un mec à part, à la recherche constante de visibilité. Comme avec sa trouvaille des "N'importe quoi Award" en 2008. En témoignent surtout les scènes de bagarres vite maîtrisées qu'il y a eu à Radio Nostalgie au Plateau, lorsque des personnalités publiques sont venues en découdre avec lui, suite à des émissions qu'ils n'ont pas appréciées à l'époque. Mais la sécurité renforcée à l'entrée de la radio (dirigée alors par Hervé Cornuel), a toujours réussi à calmer les ardeurs des uns et des autres. 

Yves de M'Bella n'a pas su qu'il fallait adapter ses émissions à son environnement. Parce que nous sommes en Afrique. Et en Afrique nous avons malgré tout des valeurs, des mœurs qui font partie de notre ADN. En voulant faire comme en Europe (Nostalgie Abidjan étant la filiale d'une chaîne de radio française) il s'est mis à dos tout un pays. Cela se comprend. En pareille circonstance, il n'y a pas d'autre choix que de reconnaître son erreur, faire acte de contrition tout en faisant profil bas. Ce qui a été son cas. Maintenant que voulons-nous ? Qu'il se suicide ? 

(Yves de M'Bella aux commandes de son émission "Rien à cacher" sur Radio Nostalgie)

Dans ce pays, il y a eu pire sans qu'il y ait autant de vacarme ou de volée de bois vert. Il a fallu que se soit Yves de M'Bella, pour que les pseudos moralisateurs sortent les muscles. Autant que Yves de M'Bella, nous sommes tous coupables en réalité de la déliquescence de notre société. Elle est à notre image, que nous le voulions ou pas.

Si elle est ainsi devenue, c'est parce que nous y avons tous contribué avec complaisance. Elle aurait eu l'image claire d'une communauté solidaire, rigoureuse, respectueuse des valeurs morales, d'intégrité, d'union, de discipline et de travail honnête (j'insiste sur le qualificatif "honnête"), qu'il y aurait eu sans doute moins de dérapages. Chaque peuple mérite...ce qui lui est servi par ses médias, pourrait-on dire. Notre société est ce que nous avons voulu qu'elle soit.

Comment s'étonner de ce qui se passe dans ce pays, si nous avons aujourd'hui érigé des parfaits analphabètes et illettrés en "influenceurs" sur les réseaux sociaux ? Le règne de la marmaille amuse la galerie, même dans la maison de Dieu, l'Église. Le comble du sacrilège ! Alors pourquoi ne pas y aller à fond ? Et nous pouvons parier que si Dieu prenait une forme humaine, devant le monde entier en descendant du ciel pour s'établir parmi nous, il s'en trouverait des individus pour tenter un jour de lui ravir son trône ou à l'insulter publiquement sur les réseaux sociaux. Juste pour recolter des Likes. Oui, en Côte d'Ivoire, des énergumènes en seraient bien capables ! Vouloir inquiéter Dieu, sérieusement.

À qui la faute, si certaines chansons vulgaires sont devenues des hymnes pour la jeunesse ivoirienne, alors même que leurs modèles disparaissent comme ils ont vécu sous leurs yeux, dans des mises en scènes tragiques sans que cela interpelle leur conscience. Qui accuser, lorsque notre système éducatif, la base, s'apparente à un nid de cosommation de drogue, d'alcool et un laboratoire de grossesses. On a touché le fond depuis longtemps.

Nos médias, en réalité, ne font que refléter ce que nous avons cultivé patiemment, d'une manière ou d'une autre. On ne récolte que ce qu'on sème. Lorsque par exemple, des artistes s'embrassent en plein plateau d'émission, on en rigole. Personne ne se plaint, alors que dans certains pays d'Europe de l'est ou d'Asie très puritains, ce genre de scènes sont carrément censurées. Alors, tant qu'à faire chez nous, il faut proposer des choses qui excitent les gens, comme ils aiment, quitte à y aller un peu fort. Si pour une fois on a eu un éclair de lucidité en sanctionnant Yves de M'Bella (encore qu'il n'est pas le seul fautif dans cette entreprise), il n'y a aucune raison désormais d'être laxiste avec les autres !

Bien sûr, nous voulons tous des médias responsables. De même, il nous faut une société responsable à travers l'utilisation des réseaux sociaux. Et il est bon de saluer dans ce sens la sanction à l'encontre de la nommée Love Gugu. C'est aussi de la même manière qu'il faudrait rappeler à l'ordre les plus jeunes qui manquent clairement de respect aux aînés, comme ce fut le cas d'un jeune homme étourdi avec le "doyen" et vénérable Barthélémy Inabo. Il y a plein d'autres exemples. Parce que si nous ne faisons rien, personne n'agira à notre place pour sauver nos valeurs d'Africains (ou du moins ce qu'il en reste). Sans toutefois refuser aux autres leur liberté d'expression ni nos rapports avec eux, notamment l'Occident. En la matière, le Rwanda est un bel exemple. Et c'est ça la vérité !

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

yves de m'bella

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