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Voici comment DJ Arafat a révolutionné le coupé décalé

De son nom à l'état civil Houon Ange Didier, DJ Arafat, né en 1986 dans la commune de Yopougon, était un artiste multidimensionnel qui aura marqué d'une empreinte indélébile l'univers musical ivoirien. En effet, il était à la fois danseur, chorégraphe, arrangeur et même producteur.

Malheureusement, cet artiste hors pair va quitter ses nombreux fans appelés "les chinois" le 12 Août 2019 victime d'un accident de moto.

DJ Arafat a tellement imprimé sa marque sur la musique ivoirienne notamment le coupé décalé que nous ne pourrions passer sous silence l'immense influence qu'il avait auprès des amateurs de cette tendance musicale. Pourtant, à ses débuts, rien ne présageait une carrière aussi riche en émotions. On se rappelle sa toute première chanson sortie en 2003 qui était en fait un hommage à son ami DJ Jonathan qui venait de perdre la vie. On voyait dans le clip de ce tube un jeune garçon de petite forme avec des pas de danse peu ou mal assurés. Cette chanson fera son petit bonhomme de chemin avec le succès qu'on lui connaît. et déjà à partir de là, on sentait tout le talent qui sommeillait dans l'ex DJ du maquis "Shangai" avec sa voix atypique et ses attalaku endiablés.

Il va mettre tout son monde d'accord quelques années plus tard à savoir en 2008 lorsqu'il sort le titre "Kpangor" avec son ami d'antan Debordo Leekunfa. Il va alors enchaîner de nombreux tubes à succès dont "Djessimidjeka", "Zoropoto", "Frapper naboula", "Ketebo", "Maplorly", "C'est moi" ou encore "Dosabado" pour ne citer que ceux-là et il s'en sortira avec de nombreuses distinctions telles que le prix de l'artiste le plus influent à l'international pour Forbes Afrique et Trace Africa, deux Kora Awards et un Kundé d'or rien que ça.

Toutefois, il faut avouer que ce magnifique succès n'était pas un fruit du hasard, car on savait que cet artiste était un féru du travail bien fait et de l'improvisation dont raffolent la plupart des jeunes ivoiriens. Il innovait sans cesse avec les pas de danse dans chacune de ses productions musicales. On se rappelle encore de Kpangor qui a fait danser la nation toute entière. En outre, il s'est forgé un caractère de dur à cuir qui lui collait à la peau à telle enseigne qu'il n'hésitait pas à répondre à tous ceux qui osaient le critiquer. Il prenait parfois lui-même les devants en faisant des vidéos dans lesquelles il "clashait" sévèrement ses pairs du coupé décalé pour les amener à travailler pour atteindre son niveau parce ce qu'il se considérait comme le meilleur d'entre eux. De Ariel Sheney à Bebi Phlip en passant par Debordo, francky Dicaprio ou Serge Beynaud, personne ou presque n'a échappé aux envolées provocantes et parfois "incendiaires" du Daishi. C'était un peu sa marque de fabrique, car cette façon de faire extasiait ses fans qui se comptaient par milliers sur chacune de ses vidéos avec des commentaires qui en rajoutaient à la célébration de leur héros et à la lapidation des supposés rivaux de leur icône.

Ses différents clashs qu'on le veuille ou pas ont constitué un véritable stimulant pour tous ces artistes du coupé décalé en ce sens que cela les amenait à travailler davantage pour faire sortir des tubes de qualité au risque d'essuyer les moqueries et autres diatribes de celui qu'on surnommait le roi du coupé décalé.

Par ailleurs, comme mentionné plus haut, DJ Arafat faisait partie de ces artistes ivoiriens qui façonnaient leur talent à leur manière. En un mot, Arafat ne copiait personne. Bien au contraire, il était passé maître dans l'art de créer des concepts très dansants et beaucoup rythmés qui faisaient même bouger la tête ou les pieds du plus piètre danseur. C'est à croire qu'il avait cette magie d'hypnotiser son public juste avec quelques attalakus que ce dernier reprenait en chœur comme s'il était là lors de la composition des paroles. Celles-ci qu'elles soient sensées ou pas, l'essentiel est que les mélomanes prenaient leur pied. Que dire de ses chorégraphies qui nous coupaient le souffle par moments, mais qui était d'une justesse et d'une parfaite harmonie. C'est donc cette façon de faire qui poussait les autres chanteurs à passer beaucoup plus de temps au laboratoire afin de sortir des tubes de qualité.

La preuve quand il était encore en vie, il était rare de voir les artistes coupé décalé sortir des singles sans intérêt, mais depuis qu'il a été arraché à l'affection des siens, on remarque une certaine léthargie ou un certain mutisme de la part de ses concurrents. On eût dit qu'il était le catalyseur de cette tendance musicale.

DJ Arafat ou Yôrôbô, un autre de ces multiples surnoms, a tellement mis la barre haut que presque deux ans après sa mort, son dernier tube intitulé "Kong" continue de bercer les mélomanes avec ses attalakus monumentaux dont lui seul avait le secret.

Adieu l'artiste! Adieu Daishi! Adieu le père de "la chine". Tu n'auras pas vécu inutilement. Ton nom restera à jamais gravé dans le cœur des "chinois" et des ivoiriens qui t'adoraient tant.

Yves_Martial

Content created and supplied by: Yves_Martial (via Opera News )

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