Sign in
Download Opera News App

 

 

Une prostituée de luxe de Ouaga :"Il arrive que des hommes me donnent 50.000 frs sans me toucher"

OUAGADOUGOU, TAXI BROUSSE : RENCONTRE AVEC UNE FILLE DE JOIE



Ouagadougou. Samedi 3 Juillet 2021. Vingt deux heures. Un petit creux m'oblige à mettre une pause sur le texte que je suis en train d'écrire depuis le matin. J'éteins mon clavier et fais part à mon grand frère de mon envie de manger quelque chose, de préférence un plat ivoirien. Je prendrais bien de l'aloko, attiéké au poulet.

- César, tu es très compliqué en nourriture. Alors je t'envoie au Taxi brousse, sur Kwamé N'krumah, tu vas t'y régaler !


Il est 23 heures quand nous arrivons au maquis restau. On commande la boisson, et à manger. Le DJ distille de la musique attrayante dans une sono de qualité. L'ambiance, dans un bel air libre, avec des tables noires de proximité, est superbe ! Je remarque que quelques très belles filles sont esseulées, quelques-unes avec une cigarette au bec, sirotant une bouteille. Mon grand frère me fait remarquer ce que j'ai deviné :

« Petit frère, les gos que tu vois se tchounh. Ce sont des prostituées de luxe. »


    

        À Abidjan, je suis très casanier, le temps consacré entièrement à mes articles et à mes chroniques. Il a fallu donc que je vienne à Ouaga pour découvrir un univers aussi particulier.  


        Bientôt, mon grand frère et moi sommes servis. Pas mal, leur recette. Une jeune fille, dans une robe royale mettant en valeur ses jambes scintillantes, est assise sur une table près de la mienne. Depuis quelques minutes, nous nous regardons furtivement. Puis, au bout d'un moment, elle s'emmène à nous, s'asseyant sur la troisième chaise vide après nous avoir demandé poliment la permission, à mon frère et à moi. C'est l'une des filles de joie dont mon grando m'a parlé. Elle est souriante. Et quand elle se met à parler, je n'en reviens pas qu'elle me demande si je suis LCB. 


- Oui, c'est bien moi, lui confirmé-je calmement alors que je suis intérieurement surpris. 


        Elle me parle de son amour pour la lecture, et de mes textes qu'elle lit sur les réseaux sociaux. Il y a longtemps que j'écris sur Facebook, mais Opéra News a participé à corcer ma petite notoriété. Quand ce genre de scène m'arrive tout de même, je me demande comment est-ce possible alors que je suis très loin d'avoir l'influence d'un Zack Mwekassa qui lui, dépasse la barre des 2 millions d'abonnés. Je me suis toujours considéré comme un activiste littéraire minuscule. Ma chance, c'est que mes textes soient peut-être, massivement partagés dans les groupes facebook et WhatsApp...


     Je fais servir à la fille de joie ses choix pour la consommation. Nous bavardons. Elle est souriante, et plus belle que toutes les faiseuses de coupé décalé de Babi, que certaines Miss nationales Burkina, je vous assure. Comme je ne manque jamais de le demander à mes lecteurs quand je les rencontre, j'en fais autant pour elle, et elle réfléchit un instant et répond m'avoir découvert pour la première fois grâce à mon histoire intitulée "Prostituée de luxe". Et ce qui est surprenant, c'est qu'elle évoque également ma dernière publication...


''Prostituée de luxe'', l'histoire par laquelle la fille m'a connu, publiée dans un numéro de Go magazine, année 2017-2018

******


       En quittant Taxi brousse, ma nouvelle amie et moi avons pris une photo ensemble, que je ne peux pas publier à cause de son métier. Je lui ai dit être intéressé par écrire sur les réalités qui sont les siennes, ainsi que celles de ses collègues. Elle s'est ouverte à moi. Pour ne pas être long, je publierai dans un prochain article un reportage entier avec des noms d'emprunt, sur la vie des prostituées de luxe de Ouaga : À Taxi brousse particulièrement, elles s'asseyent seules sur une table, silencieusement, l'air ailleurs, et attendent d'être sollicitées. Elles prennent au moins 30.000 francs pour une partie de plaisir... 


       Mon amie m'a confié ceci : « Mais avant d'aller avec quelqu'un, il faut qu'il me plaise d'abord. Parfois je tombe sur des clients avec qui je ne pourrais jamais coucher malgré leurs propositions exhorbitantes... Souvent, j'ai de la chance, je croise des gens vraiment gentils, qui dès la première rencontre, me font don de beaucoup d'argent, sans même demander à me toucher. Ils peuvent me donner 50.000 francs, cadeau, et c'est plus tard qu'on se voit, où j'en reçois plus après une partie... »


      Bientôt le reportage. Après l'épisode du commissaire de Police qui m'a ému en me disant être un lecteur et qui m'a sorti d'affaire à la frontière, j'avoue avoir été autant émerveillé en découvrant qu'une fille de joie est l'une de mes lectrices. Merci à tous mes lecteurs, qui qu'ils soient, dont l'intérêt surprenant pour mes écrits me fournit en kérosène pour voler plus haut !


Louis-César BANCÉ

Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires