Sign in
Download Opera News App

 

 

Decothey (suite et fin) : "L'oncle à ma femme m'a doté à 5000 FCFA. J'ai fait 4 ans en exil"

Nous vous proposons la seconde et dernière partie de l'entretien avec l'artiste comédien, humoriste Decothey. Aujourd'hui, le promoteur du concept "Garba chaud" parle de son exil au Mali, d'Akissi Delta, de Magnifique, Agalawal et de sa petite famille.

Decothey n'abandonne pas l'idée de se faire doter par les femmes (crédit photos: Decothey).

Decothey, parlez-nous de votre structure de production Ziply's Prod. C'est le nom de votre village, il semble. 

Decothey : Ah oui! Ziplignan, mon village, est situé à 24 km de Ouragahio (département de Gagnoa, ndlr). C'est le regroupement de 4 villages. J'ai crée Ziply's Prod pour rendre hommage à mon village. Houphouët-Boigny a fait Yamoussoukro comme beaucoup d'autres (...) Le nom de mon village fait référence à des gens qui jadis ramassaient le fer pour cultiver.

Que devient votre collaboration avec Bogolan TV. Vos productions sont beaucoup diffusées un peu partout.

Decothey : Moi-même je cherche nos amis de Bogolan TV. Au début ça allait bien. Jusqu'à présent je ne sais plus où les trouver. Ils ont déménagé. Aidez-moi à les retrouver parce que le contrat qui nous lie est toujours en cours. Voici environ trois ans que nos productions sont diffusées sans qu'on ait fait le point.

J'ai aujourd'hui 400 gags à mon actif. Il y a eu "Oh Zoum zoum" série 1 et 2, "L'heure africaine" série 1et 2. Je suis en train de faire "Garba choco". Ma spécialité c'est les sketches courts, bim-bim du genre Louis de Funès. Je profite de l'occasion que vous m'offrez pour dire que je cherche toujours des partenaires pour diffuser mes productions. On continue de créer.

Une affaire de gros sous il semble ?

Decothey: Gros sous avec Bogolan, je dirais non. Auparavant, je ne connaissais pas cette histoire de vente en ligne. J'étais à ce moment là entre Ouagadougou et Bamako. C'est pendant mon exil au Mali qu'ils m'ont contacté. J'ai donné mon accord. Ce n'est pas facile. C'est Bogolan qui calcule et me donne ce qui me revient. C'est tout! Certains diffusent mes productions sans rien me payer. Bogolan au moins me versait quelque chose. Le hic, c'est qu'ils ont déménagé pour je ne sais où. Il y a longtemps que je ne les vois plus.

Quel est l'état de vos rapports avec Akissi Delta et vos amis et collègues de Ma Famille ?

Decothey : Chapeau à Akissi Delta ! Tu peux avoir ton talent mais si quelqu'un te met à la lumière ou te donne une torche pour marcher c'est encore bon. J'étais Decothey avant mais Akissi Delta m'a invité dans sa série. Ce qui m'a donné une dimension internationale. Je crois qu'il ne faut pas se mentir. Elle a apporté quelque chose de grand dans ma vie artistique. Et puis, c'est une grande productrice et réalisatrice que je respecte. Merci à toi maman Akissi Delta pour tout ce que tu as fait pour moi.

La série télé Ma Famille a rapproché Decothey et Amélie Wabehi qui est devenue sa confidente.

Et les autres ?

Decothey: Moi, je ne suis pas un homme à problèmes. Vous allez rarement me trouver mêler à des situations bizarres. Je m'entends bien avec tous mes collègues. J'ai pas de problèmes avec eux. À quoi ça sert de faire des histoires? Juste le travail et c'est tout. Un artiste, un humoriste, c'est quelqu'un qui partage. Pas celui qui divise. Je ne suis pas de ce genre!

Avec lequel de vos collègues humoristes ou comédiens vous attendez-vous le plus? Pourquoi ?

Decothey: Vous savez, dans un village chacun a son ami. J'ai rencontré une bonne dame qui est très bien. La série Ma Famille nous a réunis et nous a mariés même. Je parle d'Amélie Wabehi. On ne se connaissait pas avant. Depuis, elle est un peu ma confidente. Au niveau des hommes, je peux citer mon allié, mon "Toukpê" Séry Bakayoko.

Il y a des jeunes comme Agalawal qui me font confiance. Il m'appelle tonton. C'est mon voisin. Il vient souvent me demander mon avis sur ses idées. Tout le monde est mon ami parce que je met chacun à la place qu'il faut.

Qui selon vous parmi vos jeunes collègues paraît (ssent) le mieux armé (s) ?

Decothey: Il faut dire que ces jeunes ont les dents longues comme le disait le doyen Michel Gohou. Maintenant, chacun a son style. Agalawal par exemple fait plus dans le comique littéraire, l'actualité quoi! Quand vous prenez Ramatoulaye, c'est de petites blagues de 20 secondes, Magnifique, lui, allie l'humour et le Zouglou. Il y a aussi Joël et les autres. Chacun a son style. Je leur demande de toujours travailler. La majorité d'entre eux est polie. Personnellement, je suis fier d'eux. Avant, on se moquait de nous. On nous appelait les Adjé Daniel là.

Vous avez etez en exil au Mali. Qu'est-ce qui s'est passé ? Était-ce volontaire ?

Decothey : Oui, j'ai quitté la Côte d'Ivoire de façon volontaire le 8 Avril 2021, soit 3 jours avant l'arrestation du président Laurent Gbagbo. Il faut dire que je ne fais pas de politique. Mais, habitant Yopougon et compte tenu de tout ce qui se passait là-bas dans la période postélectorale, j'ai jugé bon de me mettre à l'abri...

... Mais pourquoi justement ? Étiez-vous menacé ?

Decothey: Non pas du tout! Vous savez, je n'aime pas la violence. J'ai juste décidé de partir pour question de sécurité. Je suis parti par la route jusqu'au Burkina Faso. Mais compte tenu des nombreuses tracasseries routières, j'ai du rejoindre le Mali voisin. Figurez-vous que certaines forces de l'ordre burkinabé ne comprenait pas qu'un artiste-comédien comme moi "fuit" son pays.

L'humoriste ici en compagnie de son collègue Joël.

Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?

Decothey : Après le Burkina Faso, je me suis rendu au Mali voisin. Là-bas, pendant 4 ans, j'ai présenté une émission d'humour sur la Radio Télévision nationale (ORTM). Les gens l'appreciait beaucoup. J'y suis resté pendant 4 ans avant de regagner mon pays. J'ai gardé de bons rapports avec le peuple malien qui me valent aujourd'hui d'être sollicité régulièrement pour des spectacles. Voilà !

Parlons de votre face cachée. Quel est votre plat, artiste chanteur et footballeur préféré ?

Decothey : En bon Bhété, j'aime le riz. Avec l'âge, je n'aime plus la sauce graine. Par contre, j'aime beaucoup les sauces feuilles, en particulier le kabato à la sauce dah. Mon chanteur préféré, malheureusement je ne l'ai pas connu. J'aime beaucoup la musique de feu Gnahoré Djimi dans le terroir Bhété, sachant que Ziplignan est rempli d'artistes-chanteurs (...)

Parmi les footballeurs, j'aime les génies. J'ai toujours aimé Aboulaye Traoré dit Ben Badi. C'est le seul qui a failli mettre deux pays en guerre. En marquant un but au Ghana, Ben Badi a failli créer la guerre entre nos deux pays (match Asec/Ashanti Kôtôkô, ndlr). Chapeau à toi Ben Badi ! On peut avoir le talent mais c'est Dieu qui donne la carrière qu'il veut à qui il souhaite. Je me rendais régulièrement au stade pour le voir jouer. C'est instantané chez lui. J'aime ceux qui savent bien faire leur boulot.

Et votre type de femme ?

Decothey : Mon type de femme est pareil à ce qui est chez moi à la maison. Mon épouse est ce que je désire comme type de femme. Et comme elle est seule en son genre, voilà. Nous avons 5 filles et 1 petit garçon. Ça me va tranquillement !

Ta femme actuelle t'a-t-elle dotée ?

Decothey; Oui, oui ma femme m'a doté. Elle est de Gnahio-Dogoué. Il paraît qu'à Gagnoa, les femmes du canton Gnèbré sont les plus belles. Ce qui n'est pas faux! Ma femme m'a doté parce que son oncle est venu me remettre 5000 FCFA. C'est ce qu'il a trouvé. (Rires). Et comme la dot ne finit jamais, lorsque je vais dans ma belle famille, il paie de la boisson ou de la nourriture pour moi au nom de leur fille. C'est la dot qui continue comme cela. Et puis, entre nous, le temps est venu pour que la femme dote l'homme hein! (Rires).

Entretien réalisé par

Patrick Russel

Content created and supplied by: Patrick_Russel (via Opera News )

bogolan tv mali

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires