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Jacqueville : plusieurs fous dont un ancien chanteur écument la cité

Presque tout le monde connaît "Chiki" à Jacqueville. Notamment dans le village de Taboth d'où il est originaire. Le jeune homme rêvait de faire carrière dans le showbiz. Il voulait devenir chanteur comme son frère aîné, David. Pour cause. Ce dernier est l'ex-lead vocal de Taboth Cadence, ce célèbre groupe Mapouka avec ses danseuses qui ont remué l'univers musical à la fin des années 90. La formation artistique était sous la coupe du producteur Firmin Nanga qui a choisi les membres à Taboth, village dont il est également natif. Aujourd'hui, David le lead vocal est devenu pêcheur à Taboth, depuis le déclin du groupe. Et son frère Chiki n'est plus que l'ombre de lui-même. Car il n'a plus tous ses sens, quand bien même il parvient à s'exprimer plus ou moins correctement.

Au début, Chiki animait les soirées au village avec ses amis ainsi que d'autres danseuses, en espérant son heure de gloire. Selon les témoignages, il avait une bonne inspiration et des chants plaisants. Mais tout ceci semble desormais un lointain souvenir. 

Certains disent que les causes de la folie de Chiki seraient mystiques. Tandis que d'autres affirment que son indigence serait dûe à la consommation de stupéfiants. En tous les cas, l'homme sillonne en haillons les rues de Jacqueville (à quelques km de Taboth) sans le sou. Il quémande ici et là, de quoi se mettre sous la dent. Parfois, il chante et danse devant les maquis et buvettes pour amuser des clients qui lui donnent en retour quelques piécettes. Généralement, Chiki achète de la cigarette avec ce qui reste de ses jetons. 

Il n'est pas rare d'apercevoir des personnes comme lui dans les rues de Jacqueville, déambuler sans destination précise. Certains empruntent la rue parfois dans le plus simple appareil. Ils monologuent, trimballent avec eux quelquefois des objets hétéroclites. Ils dorment généralement là où la nuit les trouve. Certains d'entre eux ont élu domicile au marché, près de la gare routière où ils dorment sous les tables. C'est d'ailleurs là qu'ils commettent quelques larcins, quand ils sont tenaillés par la faim. Une indigente est d'ailleurs connue des commerçantes, pour sa tendance à rafller des morceaux de "poisson fumé" sur les étals sans crier gare. Parfois, ce sont les restauratrices qu'ils ciblent en venant quémander de la nourriture. 

Par exemple, au V2 (un quartier de Jacqueville extension) un fou a pris l'habitude de se pointer chaque matin, devant le hangar d'une vendeuse de "placali" au grand désarroi de cette dernière. Il vient se faire servir, le regard fixé sur les marmites. Impossible de le faire quitter les lieux, tant qu'il n'obtient pas gain de cause. Des hommes en profitent pour rigoler entre eux ou le taquiner sur ses attributs à l'air libre. La nature a été bien généreuse avec lui de ce côté-là visiblement... Lorsqu'on lui tend enfin l'emballage plastique contenant la nourriture, il repart en courrant, avec de grands éclats de rire satisfaits à son tour. Ce qui amuse des clients.

À en croire des témoignages, ce jeune homme à la forte corpulence et qui se promène nu comme un ver, aurait perdu la raison après avoir battu sa grand-mère. L'on raconte qu'il était lucide, il y a encore quelques années. Mais il aurait porté main à l'aïeule. Et celle-ci l'aurait maudit, en se déshabillant pour lui montrer sa nudité. Après cette scène surréaliste (vrai ou faux ?), le jeune homme aurait perdu ses esprits en se dépouillant de ses vêtements. Livré à la rue, il erre sans but précis à la gare, au marché et fait de longues distances parfois jusqu'à certains villages avant d'en revenir. Tel est son quotidien.

Une femme âgée, les cheveux grisonnants, a élu domicile quant à elle au carrefour de la sous-préfecture, en face de la direction départementale du ministère de l'Agriculture. Elle cuisine de temps à autre, on ne sait trop quoi, dans des boîtes de conserves. On peut la voir s'activer autour d'un petit foyer de pierres qu'elle a installé, en soufflant pour allumer le feu de bois d'où s'élève des volutes de fumée. Elle passe généralement ses nuits là, sous un abri de fortune. 

La population semble indifférente à ce spectacle qui fait désormais presque partie du quotidien. Plusieurs personnes indigentes ou victimes de troubles psychiatriques sont visibles ainsi dans la ville. Il est peut-être temps que les autorités locales, en particulier les services de la mairie se penchent sur cet aspect de la gestion des personnes physiques dans cette cité balnéaire.  

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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