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Séry Simplice : ‘’J’ai été le premier chanteur ivoirien à avoir des danseurs’’

 

Séry Simplice est sans contexte l’un des meilleurs artistes tradi-modernes de Côte d’Ivoire. Précurseur du rythme musical "Gbégbé", il est depuis plusieurs années en retrait de la scène. Basé désormais aux Etats-Unis où il vit avec son épouse, il revient sur ses années de gloire. Entretien !

Expliquez-nous comment vous vous êtes retrouvé au pays de l’oncle Sam ?

On m’avait invité en France et de là-bas, j’ai été invité aux Etats-Unis et j’y suis resté. De là, j’ai été chanté au Canada, au Québec et à New York où j’ai chanté avec Meiway. Dieu m’a fait grâce d’avoir le passeport et aujourd’hui je suis Américain.

Maintenant que vous vivez aux Etats-Unis, quel regard portez-vous sur la musique ivoirienne qui vous a permis de vous affirmer ?

Chez nous on dit "l’œuf de la poule ne change pas sa couleur". J’ai toujours été dans la musique mais maintenant je chante Dieu pour lui dire merci. Donc je vais amener mes fans à me suivre dans cette voie. Bientôt je vais célébrer mes 50 ans de musique. Ce sera la première fois que je célèbre ma carrière. Pour le moment, je suis à la recherche du parrain.


Racontez-nous votre histoire avec la musique. Comment cela s’est opéré ?

Je suis arrivé dans la musique en 1968. Je suis né à Oumé et j’ai perdu ma mère à la naissance. J’ai été élevé par les siens. Je suis passé entre plusieurs mains jusqu’à ce que je retrouve mon père à l’âge de 14 ans. Ensuite, quelqu’un m’a envoyé quelque part et je pensais qu’il me faisait du mal. Là-bas, j’ai eu la chance d’assister à la prestation d’un groupe de musiciens qui avaient une guitare à trois cordes. Je les admirais beaucoup et cela m’a inspiré à faire de même. A cette époque, le groupe musical congolais "Les Rico Jacques" régnait. Etant là-bas, deux ans après, mon père m’a retrouvé à nouveau. Sinon, lui, il avait déjà fait mes funérailles croyant que j’étais mort. Ensuite, je taille ma propre guitare et je monte mon groupe avec des frères. En 1972, nous passons à la télévision pour la première fois. L’animatrice d’alors Clémentine Kikida qui nous recevait, baptise notre groupe "Séry Simplice et les frères Djatis". Le groupe n’ayant pas résisté dans le temps, je suis allé en apprentissage en 1974 chez Amédée Pierre. En ce moment, Ernesto Djédjé avait quitté le groupe d’Amédée. En 1978, j’ai reconstitué mon groupe "Séry Simplice et les frères Djatis".


"Sery Simplice et les frères Djatis" ont combien d’albums à leur actif ?

J’ai réalisé 16 albums avec mon groupe. En 1981, j’ai été surpris quand j’ai chanté "Gballou". Dans la chanson, je dis : "devant Bailly Spinto, Amédée Pierre…, devant ces grands faiseurs de musique je peux dire quoi ?" Après j’ai chanté "Attrikakou" qui veut dire "je chante encore" et ensuite la chanson hommage à Houphouët, c’était l’extase. En réalité, le titre "Boigny" était une chanson en hommage à mon père mais quelqu’un m’a dit : "il faut mettre le nom d’Houphouët". En tout cas, ce sont des chansons qui m’ont marqué.

Vous êtes l’un des pionniers qui a fait rayonner la musique ivoirienne au-delà des frontières, est-ce que vos mérites sont reconnus?

Pas véritablement, à part la seule médaille que j’ai reçue au siège du PDCI à Cocody pour le titre "Boigny" en hommage au premier président de ce parti. Néanmoins, je bénéficie des 350 000 F CFA par trimestre comme prime de retraite en plus des 300 000 F CFA par mois octroyés par le Président de la République.

Tout ce temps aux Etats-Unis, est-ce que Séry Simplice a pu enregistrer des albums?

J’ai essayé, deux albums sont passés inaperçus parce que là-bas tout est électronique.


Avec les nouvelles tendances comme le coupé-décalé, n’avez-vous pas peur pour votre retour sur la scène musicale?

Je n’ai pas peur, parce que cette nouvelle génération a repris certaines de nos chansons. Donc, je ne suis pas contre ce qu’ils font. Mon ambition, c’est de les amener à l’ordre véritablement, à les initier au live. Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas de repère; finalement on ne les comprend pas. J’ai été le premier à venir sur scène avec le pagne traditionnel pour symboliser nos valeurs culturelles. J’ai toujours suivi les femmes qui pleurent dans les funérailles pour m’abreuver de la tradition. J’ai été aussi le premier à mettre autour de moi des danseurs. Cela m’a été inspiré par Rochereau qui avait des danseurs autour de lui sur scène. Nous sommes un peuple fort. Il est bon que nos valeurs culturelles et traditionnelles soient pérennisées à travers nos langues.

Un mot à l’endroit des jeunes qui veulent suivre votre exemple ?

Je leur demande de s’approprier la musique traditionnelle. Je suis d’accord avec les nouvelles tendances, mais il faut que les jeunes s’intéressent à la musique tradi-moderne.

Réalisée par Patrick Méka

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Content created and supplied by: PatrickMéka (via Opera News )

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