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Émouvante adresse d'un fils à son père : "Papa, je ne veux plus aller à l'école..."

Un.enfant se confie à son père

Papa, je suis fatigué. Ce matin, je n'irai pas à l'école. Je n'irai plus à l'école. Cette école est un amas de malheurs qui s'abat sur nos têtes. Je vois, papa, tu diras que je perds la tête. Tu m'obligeras encore à y aller. Tu me battras peut-être. Mais mon cœur n'a plus sa place face au tableau noir. Noir d'horreurs et de faussetés.

Je ne puis supporter de te voir souffrir plus longtemps sous l'immonde coût de l'école. Cinq enfants seulement et le prix de l'école en rajoute à ta calvitie! Et dire que l'école est gratuite. En ligne, tu donnes. Physiquement, le coges t'en arrache. À la librairie, on t'écorche. Les professeurs sont aussi au marché. Gare à toi, si tu paies tout ailleurs. Et te voilà malmené à tous les carrefours de l'école. Même à l'EPS, courir a un coût. Bandeaux et tricots de sport vont plus vite qu'Hussein Bolt: 5000 francs au moins pour être en forme.

 Affronter et vaincre les soucis est une véritable gageure. Papa, je ne veux pas que tu t'essoufles et que tu tombes très tôt pour moi. Tu es un héros. Tu cours tous les matins dans l'enfer métallique des villes pour nourrir nos bouches jamais lassées de mâcher et d'avaler. Je ne te parlerai pas du marché. Cher et lourd. Manger est un luxe. 

Papa, moi, j'ai décidé. Je n'irai plus à l'école. Tu n'imagines pas ce que je vis. 13 heures 15 minutes. Soleil rebelle. 90 élèves mal nourris suffoquent dans une salle minuscule. Plafonds éventrés. Chaleur infernale. Que peut le pauvre professeur qui se démène comme un beau diable devant un tableau noir craquelé? Lui-même a des problèmes. C'est un inspecteur craie en main. Toujours amer et prompt à débrayer pour Je ne sais quoi. Il veut l'argent. Tout le monde veut l'argent. Des tabourets. Tout le monde veut s'asseoir dans ce pays. 

Et moi? Et nous, encore sur les bancs? Quelles places aurons-nous? Les examens sont de plus en plus faux. WhatsApp, internet, réseaux et autres espèces sonnantes et trébuchantes se mêlent de l'évaluation. Hum, les résultats sont faux. L'emploi est rare. Les aînés ont les doigts endurcis à manier LE TRUELLE. Hum, LE TRUELLE ou la truelle, je ne sais plus ce qu'on dit. Ce sont les livres d'aujourdhui qui nous perdent. Papa, je n'irai plus à l'école. Ah, justement, écoute là-bas ! Des coups de sifflets retentissent et des pierres s'abattent sur les toits de l'école. Ce sont des élèves qui crient leur colère. Souvent, ils gâtent tout pour rien, oubliant le sacrifice de leurs parents. Le système est lourd, pataud, gangrené... Papa, l'école et moi, c'est fini ! Je ne veux plus te voir souffrir. Une bonne pêche de grenouilles agrémentera notre sauce de foutou manioc. Et c'est mieux, j'irai à la pêche. Pas à l'école! 


PAPA: Mon petit, c'est vrai. Mais il faut que tu ailles à l'école. L'école est malade. C'est vrai. Mais ce temps malade passera. L'école reverdira et nourrira ta conscience. C'EST UN TEMPS PARMI LES TEMPS QUI PASSENT !

Dan Singault de Blagouin

Content created and supplied by: DanSingault (via Opera News )

Papa

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