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‘’Les microbes’’ : a-t-on déjà entendu l’un de ces enfants exprimer leurs maux ?

      

Des ‘’microbes’’ pris par la police

Le fléau des ‘’microbes’’ et l’appellation ‘’d’enfants en conflits avec la loi’’, subtile euphémisme qui vient saupoudrer une grave réalité est, à mon sens, une fuite en avant. Il est peut-être temps que l’Etat de Côte d’Ivoire prenne ses responsabilités et sorte de ce cache-cache honteux avec la vérité. Depuis plus de 10 ans que ces enfants (qui n’en sont plus pour beaucoup depuis lors) endeuillent les bas-quartiers où ils sévissent, il arrive que les forces de l’ordre en prennent quelques-uns. Un seul de ces enfants a-t-il déjà exprimé le mal dont il souffre ?

     Les traditionnels enfants de la rue (qui existent toujours dans nos rues) expliquent leur infortune par le manque d’affection paternel ou maternel et recherchaient ce confort perdu dans la rue ; de jeunes voleurs à la tire ont expliqué avoir commis des actes délictueux par la faim pour certains mais alors, depuis plus de 10 ans que ces ‘’enfants sont en conflits avec la loi (sic !) existent, n’y a-t-il pas un seul qui ait expliqué les raisons qui le conduisent à charcuter une pauvre population ?

Une campagne de résocialisation des ‘’microbes’’

     Dans une chronique d’il y a 4 ans, nous avions humblement établi un parallèle entre ces enfants et le personnage de Gavroche dans le roman de Victor Hugo, les misérables. Nous sommes dans la ferveur de la révolution du 18-ème siècle à Paris ; et Gavroche, comme bien de jeunes désœuvrés, s’est retrouvé à écouter tous les philosophes des Lumières qui lui ont fait gober, à lui comme à tous les autres jeunes désœuvrés des rues françaises, l’idée selon laquelle après la chute de Louis XVI, ils auraient le paradis sans désormais souffrir. Bien entendu, la suite on la connait. Gavroche s’est retrouvé sur les barricades aux côtés des soldats révolutionnaires appelés alors les ‘’sans culotte’’. Après la prise de la Bastille, Gavroche a été laissé pour compte. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, ils comprendront bien la comparaison.

     Maintenant, sans être juriste, on peut tout de même analyser la piste du droit. Si ces enfants sont des mineurs, la loi ne règle-t-elle pas le problème ? Surtout qu’en matière de minorité, le code civil définit clairement la responsabilité des parents en tant qu'ils exercent l'autorité parentale, sont solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs habitant avec eux. Or, ces enfants habitent bien chez leurs parents car nous sommes tous témoins qu’à chacune de leur présence dans un commissariat, ils s’y sont toujours rejoints par des parents.

La population révoltée lynche des ‘’microbes’’ à Abidjan

     Envisageons la perspective que ces enfants puissent être adultes (et c’est bien malheureusement le cas, ils ont bien pris de l’âge maintenant pour beaucoup en tout cas), la question est encore plus simple : qu’ils répondent de leurs actes devant la loi comme tout le monde. Nous apprenons qu’il y a des programmes de réinsertion sociale. Initiative généreuse à encourager mais dans ce cas, qu’on élargisse cette générosité aux autres enfants, en conflit avec la richesse, avec l’éducation ; autrement, il faudra qu’on nous explique un jour cette insolite sympathie pour cette classe de citoyens sortis de nulle part.

           Frederic GNEZE 

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

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