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Entretien/ Decothey (humoriste): "J’ai produit 400 gags en 25 ans de carrière. Il est l'heure"

Artiste-comédien, humoriste bien connu Decothey ne laisse pas indifférent. Son style haut en couleur met du baume au cœur de ses milliers de fans.

Dans la première partie de l'entretien qu'il nous a accordée spontanément, Gahuidi Florian, son nom à l'état civil, parle de son actualité immédiate. Entre d'autres sujets d'intérêt, Decothey jette un regard inquisiteur sur la jeune génération d'humoristes Ivoiriens.

L'humoriste est actuellement en quête de diffuseur pour sa dernière production (crédit photos : Decothey).

Decothey, votre nom d'artiste a sûrement une explication. Pouvez-vous nous la partager ? D'où vous est venu ce pseudonyme ?

Decothey : Mon nom artistique signifie beaucoup de choses. Sachez d'abord qu'un homme a deux côtés, un père et une mère. Ensuite, quand tu regardes le physique d'un être humain, il a deux yeux, deux oreilles, deux lèvres, deux jambes, deux bras... 32 dents divisés par deux... Enfin, dans la nature, on a la nuit et le jour, tu pleures, tu ris, tu vis, tu meurt... La vie est donc deux côtés.

J'ai adopté ce pseudonyme en hommage au premier rôle que j'ai joué au théâtre à l'école.

Racontez-nous.

Decothey: C'était lors d'une pièce jouée à l'école, ce jour-là, j'ai mis deux amis en palabre. Et chaque fois que le maître voulait parler de moi, il disait celui qui a deux côtés là. Je n'aimais pas cela au début mais mes collègues ont continué de m'appeler comme ça. Et j'ai finis par l'accepter.

Parlant de votre actualité, quelque chose se prépare, comme vous l'avez annoncé sur votre page officielle Facebook. C'est quoi précisément ?

Decothey : Je prépare actuellement un film de 26 mn dont je n'en dirais pas plus (... ). Je m'essaye maintenant à la production. C'est comme au football, il faut préparer sa reconversion. Je n'abandonne pas les planches mais c'est une façon pour moi de préparer mes arrières en produisant et réalisant des films. Voilà ! Et donc, mon prochain One man show s'intitulera : "Il est l'heure !".

Et c'est pour quand ?

Decothey: C'est pour l'année prochaine, si Dieu le veut.

Pourquoi ce titre ? Et il est l'heure de quoi et pour quoi ?

Decothey : Pourquoi il est l'heure ? (Rires) En tout cas, il est l'heure ! C'est vrai, il y a longtemps que j'ai fait un One man show. Il est l'heure de quoi ? Quand vous viendrai au spectacle, vous le saurez. Il est l'heure de faire et de dire quoi ? (Rires) Il sera l'heure de tout dire, de conscientiser... En tout cas, il est l'heure ! (Rires).

En dehors de cette date, à quoi doit-on s'attendre de vous pour le second semestre 2021 ? Avez-vous des dates à l'étranger ?

Decothey : Je représente une structure du Burkina Faso appelée "Gogo Rires". Je suis en quelque sorte le directeur artistique de Gogo Rires pour tous ses événements. D'ici le 26 Juin prochain, on sera à Ouagadougou. Je prépare le spectacle à Abidjan et il se joue à Ouagadougou...

... C'est quoi le concept de Gogo Rires ?

Decothey : Gogo Rires c'est un concept d'un ivoirien qui est dans le show biz et qui vit au Burkina Faso depuis longtemps. Il ne veut pas de One man show, mais plutôt des humoristes au théâtre. L'équipe trouve donc un thème et je le met en scène. J'écris le scénario... Par exemple, le 26 Juin prochain on aura Boukary et Gbazé Thérèse sur le thème "Partir à Paris a tout pris". Ils seront sur scène avec des humoristes burkinabé.

Justement, en qualité de producteur et de réalisateur, qu'avez-vous déjà fait ?

Decothey: En tant que producteur, j'ai géré, durant mon exil au Mali, une émission d'humour baptisée Africa Comédie. Pendant 4 ans ça été diffusé sur la chaîne Africable. J'invitais tous les dimanches des humoristes à se produire sur scène. C'est moi qui produit tous mes gags. Je n'ai pas encore produit les 26 minutes.

En attendant de revenir sur votre exil, qui sont les acteurs avec lesquels vous travaillez ?

Pour les acteurs, il y en a partout. Comme je suis artiste-comédien, à première vue, tu peux me taper dans l'œil. Je peux détecter le bon et le moins bon acteur. Il faut dire aussi que j'ai été formateur à l'Actor Studio pendant 2-3 ans avec Sijiri Bakaba. La jeune génération d'acteurs Ivoiriens comme les Kané Mahoula, Danon, Baguiria Prisca... sont passés entre mes mains. J'étais assistant à ce moment là. Par ailleurs, j'ai encadré des groupes à Wozo vacances, à Variétoscope.

On vous a aussi vu sur la scène du Parlement du Rire avec Mamane, Michel Gohou, Digbeu Cravate et autres. Comment apprécez-vous cela?

Decothey : Je ne suis pas un permanent du Parlement du Rire. J'y ai fait deux ou trois apparitions. Mais vous savez, ce que fait Mamane c'est ce que bon nombre d’Ivoirens ou d'africains devraient faire. Chapeau donc à Mamane! Il n'y a rien à dire. J'ai essayé de faire pareil à Bamako sur la chaîne Africable dans Africa Comédie. Malheureusement, faute de moyens j'ai arrêté. Félicitations donc à Mamane et à Gohou Michel et Digbeu ! On a besoin de ce genre d'initiatives.

Si on devait résumer Decothey. C'est combien de scènes (les plus marquantes); en Côte d'Ivoire comme à l'étranger ?

Decothey : En 25 ans de carrière, j'ai roulé ma bosse un peu partout à l'étranger et dans quasiment toutes les villes du pays. Decothey, humoriste, comédien, présentateur, réalisateur, acteur...Je passe partout. J'ai environ 400 gags à mon actif. Je produit moi-même mes gags.

Quelle appréciation avez-vous de l'humour ivoirien ?

Decothey : L'humour ivoirien se vend bien. Nous Les Rigolos d'Abobo en son temps avec les Oméga David, Dolo Adama communément appelé Dahico ... sommes les vrais précurseurs de l'humour ivoirien après la génération des Wintin Wintin Pierre, Vieux Foulard. Nous avons initié les One man show. Aujourd'hui, la jeune génération d'humoristes a de longues dents. Nous sommes fiers d'avoir tracé quelque chose. Chapeau aux jeunes humoristes! Seulement, je leur demande d'apprendre encore. C'est vrai qu'il y a les smartphones aujourd'hui mais la formation est primordiale. C'est un métier comme tout autre.

Que deviennent justement Les Rigolos d'Abobo ? Le groupe existe-t-il toujours ?

Decothey: Oui le groupe existe bel et bien parce que les éléments qui le composent sont encore là par la grâce de Dieu. Dolo Adama dit Dahico, Oméga David, Dosso Tiécoumba et moi sommes toujours là. C'est comme le groupe Kassav'. Il est difficile de se rencontrer mais pour un projet, on pourra le faire. Dans le milieu, tout le monde sait qui nous sommes.

Le citoyen lambda a pris l'habitude de vous voir sur scène dans des tenues hyper extravagantes et hilarantes...

Decothey : Je suis d'abord un comédien de planche de formation. Ensuite, humoriste puis acteur. Lorsque tu es un comédien, tu as sept arts. Il y a la mise en scène, la danse, le chant, la musique, la peinture, la lumière et tout. Je suis un artiste complet. Je touche à tout. Chez nous, c'est le corps qui joue. Je peux prester avec des tenues d'enfants, de femmes, etc. L'accoutrement peut accompagner la voix.

Et pourquoi le choix de l'humour ? Est-ce parce que ça nourrit plus son homme ?

Decothey : Non, j'ai pas choisi l'humour. C'est plutôt l'humour qui m'a choisi. Parce que lorsque nous étions à Abobo avec Albert Camen Séry qui est mon premier formateur au théâtre, je suis passé avec Sijiri Bakaba. On avait un groupe d'humoristes appelé Les Rigolos d'Abobo avec les Adama Dahico, Oméga David... C'est comme ça que c'est venu. L'humour est collé à moi.

Pour le second volet de votre question, je pense que oui l'humour nourrit son homme. Parce que c'est grâce à cela que je suis ce que je suis aujourd'hui. Avoir un toit, c'est pas mauvais même si c'est pas ce dont je rêvais. Je ne vis que de l'humour, du théâtre, de mon métier d'acteur, de comédien. Si la culture n'existe plus demain sur cette terre, je suis prêt à retourner dans mon village à Ziplignan.

Entretien réalisé par

Patrick Russel

Content created and supplied by: Patrick_Russel (via Opera News )

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