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Autonomisation de la femme/Le sel marin produit par des femmes à Grand Béréby: un sel aux bienfaits

Le sel est non seulement utilisé comme exhausteur de goût, mais également comme substance destinée à améliorer la structure et la conservation de différentes denrées alimentaires. Le sel alimentaire évoque d’emblée le sel de cuisine classique (sel vacuum). Pourtant, le sel de mer ou sel marin est une alternative écologique à part entière qui présente quelques avantages supplémentaires. Ce que nous allons découvrir en nous rendant à Grand Béréby. Dans cette ville balnéaire et touristique, des femmes ont décidé de faire de la production du sel marin leur principale activité. Une activité qu'elles sont les seules à exercer dans le Bas-Sassandra et même en Côte d'Ivoire.

LE SEL MARIN, UNE ALTERNATIVE ÉCOLOGIQUE

Ce matin du jeudi 25 Mars 2021, nous sommes à Grand Béréby. La ville grouille de monde. C'est le jour du marché! Loin des cris des commerçants, du tintamarre des klaxons des motos et des véhicules essayant de se frayer un chemin dans la mêlée, c'est plutôt en bordure de mer que nous retrouvons les femmes de l'association IFDD-GB, Initiative Féminine pour le Développement Durable de Grand Béréby.

Bercées par la brise de mer et sous un soleil d'aplomb, les femmes de l'association IFDD-GB sont à la tâche. Nous leur expliquons l'objet de notre visite. Elles en sont heureuses!

Avant de nous expliquer le processus de production du sel de mer, Douhouly Clémentine, Secrétaire Générale de IFDD-GB rappelle la création de leur association et l'origine de ce projet.

L'association IFDD-GB, indique Douhouly Clémentine, est une initiative de l'ONG CEM, Conservation des Espèces Maritimes qui, à travers celle-ci a permis à des femmes de Grand Béréby de bénéficier depuis 2018 d'une formation pour la production du sel de mer.

Une quinzaine, celles-ci ont pris à bras le corps cette initiative et de la transformer en une véritable activité génératrice de revenus, souligne la SG de IFDD-GB.

"Le processus de production de ce sel est 100% bio et écologique", martele Douhouly Clémentine.

Le travail est fait à la main!

Le sel de mer est extrait d’une manière naturelle, écologique et durable par l’évaporation de l’eau de mer pure dans des bassins de sel. Sous l’action combinée du vent et du soleil, une croûte de sel se forme, qui est ensuite récoltée mécaniquement après un certain temps. Dix jours!

Le sel de mer est exploité à partir d’une source inépuisable et renouvelable. La structure granuleuse, brute et naturelle est caractéristique. Au terme d’un rinçage, d’un séchage et d’un tamisage du sel marin, l’on obtient un sel de haute qualité qui n’a rien à envier au sel de cuisine, tout en présentant d’autres avantages.

"Contrairement à Jacqueville où le sel de mer est obtenu après cuisson, ici à Grand Béréby, tout le processus se fait de façon manuelle et naturellement. C'est un sel marin bio et écologique. Nous n'utilisons que l'eau de mer,le soleil et le vent", a souligné Alassane Pafo, coordinateur des activités de l'association IFDD-GB.

LE CRI DE CŒUR DES FEMMES DE IFDD-GB

Le "sel marin de Grand Béréby", est obtenu à la suite d'un long et laborieux processus.

Produit grâce à l'évaporation de l'eau de mer sous l'action combinée du soleil et du vent, les femmes de l'association Initiative Féminine pour le Développement Durable de Grand Béréby n'ont que quatre mois d'activités dans l'annéee. En saison sèche particulièrement. Au cours de l'année, elles ne produisent qu'entre 70 et 80g de sel de mer.

Elles disposent de quinze bassins pour l'exposition au soleil de l'eau de mer recueillie.

Cela est insuffisant pour l'objectif que ces femmes se sont fixé, martèle Alassane Pafo, coordinateur des activités de l'association IFDD-GB.

"Nous voulons atteindre les 500g par an. Les quinze bassins que nous avons ne suffisent pas pour ce faire. Il nous faut des bâches pour construire d'autres bassins. Nous avons besoin de beaucoup de bassins ! Nous manquons de cuvette pour transporter l'eau de mer et de barille pour la stocker avant de la trans-vaser dans les bassins", déplore la secrétaire générale de l'association Initiative Féminine pour le Développement Durable de Grand Béréby.

A ces difficultés d'ordre matériels s'ajoute une autre: celle de l'évacuation de la production de sel.

Les femmes de IFDD-GB éprouvent en effet des difficultés à vendre le sel marin produit, fait remarquer Douhouly Clémentine.

Sur le marché de Grand Béréby, celui-ci est en effet vendu à 1.000 Frs CFA le bol.

Un prix exorbitant pour certains consommateurs qui préfèrent se tourner vers le sel de cuisine classique.

"Nous mettons beaucoup d'espoir en ce projet. Toutes les femmes que vous voyez ici sont des volontaires. Elle travaillent de façon bénévole et ne sont pas rémunérées. Tout le travail se fait à la main. Nous avons besoin d'aides pour agrandir nos activités", a lancé la secrétaire générale de l'association Initiative Féminine pour le Développement Durable de Grand Béréby.

Un appel sur lequel a insisté Alassane Pafo, coordinateur des activités de l'association Initiative Féminine pour le Développement Durable de Grand Béréby.

"Nous demandons aux personnes de bonne volonté, aux autorités politiques et administratives de la région de San Pedro de nous venir en aide. Ces femmes ont embrassé cette activité et veulent en faire une véritable activité qui pourra les sortir de la pauvreté", a t-il réitéré.

Yeck

Content created and supplied by: LeRafiki (via Opera News )

Grand Béréby

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