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Histoire du garba à Abidjan

Lorsque l’on a vécu ou séjourné en Côte d’ivoire, le garba fait partie des traditions connues et éprouvées. Pour les néophytes, cette tradition culinaire mérite que l’on s’y attarde.

Au garbadrome de Cocody à Abidjan, Amza, jeune Nigérien arrivé en Côte d’ivoire en 1994, raconte comment il est "devenu patron" lorsque son père lui a cédé les commandes de la petite entreprise familiale : "J’ai pris la place de mon papa. Il m’a montré comment faire et j’ai préparé le garba jusqu’au jour où je suis devenu patron".

Il n’est que 8h du matin et des dizaines de clients affluent déjà vers la petite échoppe de bord de route pour venir consommer ce qui, pour certain, sera l’unique repas quotidien.

Composé d’attiéké (semoule de manioc), de friture de thon et d’un mélange de piment, d’oignons et de tomates, le garba s’achète et se consomme généralement dans la rue. Rassasiant et très bon marché (moins d’un euro le plat), il est consommé dès le petit-déjeuner par les classes modestes. Le thon est frais et frit sur place. Il est ensuite découpé de façon à proposer une variété de morceaux à des prix divers, en fonction du pouvoir d’achat du client. Depuis la crise économique des années 90, le garba est devenu le plat fétiche des étudiants qui ne peuvent pas se payer trois repas par jour. Il resterait à vérifier si cette consommation impacte les résultats scolaires parce qu’il se dit que le garba fait dormir, surtout lorsqu’on y ajoute un cube Maggie écrasé et un peu de l’huile de friture dont les clients raffolent

La légende populaire voudrait que ce soit un Nigérien dénommé Garba qui ait introduit ce plat en Côte d’ivoire. On comprend alors mieux pourquoi Amza est devenu une référence en la matière. Bien qu’il ne soit pas toujours préparé dans des conditions d’hygiène strictes, le garba est progressivement parvenu aux papilles de toutes les classes sociales… même ceux qui ont réussi dans la vie, aiment en manger pour "se rappeler les premiers moments où la vie était plus compliquée", commente Patrick. L’ironie est que, de plat réservé aux classes populaires, il est en passe de devenir un luxe tant le prix du thon augmente (en raison des difficultés d’approvisionnement dues à la surpêche) et à la rareté du manioc qui en est l’élément de base. C’est donc maintenant l’occasion où jamais de vérifier si, selon la formule ivoirienne consacrée, "Garba c’est doux dèh !" (le garba, c’est bon !)

Content created and supplied by: benito15 (via Opera News )

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