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Gagnoa / RACH : les aveugles "voient" et les paralytiques "marchent"

Située au quartier Garahio, non loin de la PMI, RACH (Réhabilitation à Assise Communautaire) reçoit plus d’une centaine de patients par jour, tous services confondus. Sa renommée a dépassé aujourd’hui, les frontières de Gagnoa, puisque les patients viennent, outre d’autres villes de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Burkina Faso, du Mali, de la Guinée et de la Mauritanie. Et, c‘est peu dire. Ce centre socio sanitaire regroupe une unité d’orthopédie où sont fabriquées des chaussures spécialisées pour handicapés physiques, des prothèses et des orthèses, une unité d’éducation fonctionnelle pour personnes souffrant de douleurs de dos et d’autres pathologies connexes, l’école des sourds-muets, l’unité de prise en charge des maladies mentales dont l’épilepsie, une lunetterie et le service d’ophtalmologie où chaque mois, plus d’une cinquantaine de patients sont opérées de la cataracte.

Faisons un peu d’histoire. Selon des sources crédibles, jusqu’en 1990, les enfants nés avec des infirmités étaient considérés, du reste à tort, comme de « mauvais esprits », des « génies malfaisants » ou des « enfants serpents » dans bien de localités de la Côte d’Ivoire dont Gagnoa. Et du coup, étaient mis au ban de la société. C’est pour trouver une solution à cette catégorisation et exclusion que le BICE, le Bureau International Catholique de l’Enfance, l’ONG chrétienne CBM, Christoffel Blinden Mission, Handicap International France et la Fondation Liliane ont unis leurs cagnottes pour créer un centre de prise en charge de cette catégorie de personnes à Gagnoa. Ainsi donc est né RACH qui signifie « Réhabilitation à Assise Communautaire des Handicapés. » Dans ce centre, grâce à la science et au savoir-faire de quelques spécialistes (en grande partie des handicapés) formés à l’étranger ou sur place, les sourds muets parlent, les aveugles recouvrent la vue, les paralytiques marchent, les épileptiques guérissent. 

  M. Diplo Lakpa Léon Clément est l’actuel responsable de RACH. C’est un fonctionnaire du ministère de la Protection sociale. Il est arrivé en pompier à la tête de ce centre socio sanitaire en mars 2020. Ce changement est intervenu après une période de turbulences. En effet, après le départ des fondateurs de cette structure, c’est Felix Bassono, orthopédiste de la maison qui en a assuré la direction. Mais bien vite, il s’est trouvé devant une montagne de problèmes. Aussi, est-il parti s’installer à son propre compte, à Garahio, non loin du centre antituberculeux (CAT). Pour éviter que l’unité ne vole en éclats, le BICE, initiateur du projet RACH s’est donc tourné vers l’État de Côte d’Ivoire. Voilà pourquoi un fonctionnaire se trouve aujourd’hui à la tête de cette structure caritative. En un an, le nouveau directeur, M. Diplo a relevé les salaires du personnel, donné un aspect de beau à la cour avec des pavés. Il y a mieux. « Quand nous sommes arrivés, tout le plateau technique était vieillissant. L’unité d’ophtalmologie n’avait qu’un seul microscope opératoire fonctionnel. Avec les partenaires et le BICE, nous avons pu acquérir un microscope qui nous a coûté six millions de francs. Des laboratoires nous ont offert à leur tour, un casque binoculaire. Nous avons équipé le bloc opératoire de trois climatiseurs “split” neufs. Nous avons pourvu l’unité de rééducation fonctionnelle de cinq vélos neufs et d’une ampoule infrarouge, un élément très rare. » Parlant de l’opération de la cataracte, M. Diplo fait savoir : « aujourd’hui, RACH est la seule en Côte d’Ivoire à la pratiquer à cent vingt mille francs.» Il ajoute que les fondateurs de RACH sont partis depuis 2010 : « nous fonctionnons sur fonds propres, ce qui rend les choses difficiles parce qu’il faut payer les factures d’eau, d’électricité, entretenir les locaux, payer le personnel alors que nous faisons du social… » Le service d’ophtalmologie est l’un des plus fréquentés avec 300 patients par semaine. Et, chaque mois, une soixantaine de cas d’opérations de la cataracte. 

   Pour montrer à la population que RACH fait réellement du social, elle a réinséré une dizaine de personnes vivant avec handicap au nombre du personnel: des épileptiques totalement guéries répartis dans divers services, des sourds-muets à l’unité d’orthopédie et trois handicapés physiques. 

CASSIN.

Content created and supplied by: AbelCassin (via Opera News )

gagnoa / rach mauritanie

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