Sign in
Download Opera News App

 

 

Cancer du sein : on peut préserver la vie de la femme et la santé du sein

Parle-t-on suffisamment aujourd’hui dans les débats publics du cancer du sein, pour mettre en alerte les femmes qui en sont les principales victimes ? Ou alors, parce qu’elles sont les seules concernées, les hommes ne devraient-ils pas être mis à contribution pour en parler, afin d’étendre ainsi les limites du champ de diffusion des informations sur cette maladie ? 

La persistance de toutes ces questions montre que, sur le sujet du cancer du sein, nous sommes tous presque des auditeurs oublieux : le sujet nous intéresse au moment où l’on en parle : nous avons alors la pleine conscience de sa gravité, mais après il s’installe progressivement en nous une subtile indifférence qui finit par faire paraître cette maladie comme n’existant plus.

Malheureusement, le péril est là, permanent avec ses conséquences graves et souvent fatales. Et les statistiques qu’affichent les tableaux de Globocan laissent voir, au fil des années, que cette maladie occupe le premier rang des cancers chez de la femme !

Nous pouvons pourtant inverser la courbe d’évolution sur ces sombres tableaux, en nous appropriant ce sujet, sachant que la pratique de gestes simples pourrait permettre de préserver la vie de la femme et la santé du sein.

Pour en parler, nous avons rencontré le Docteur KPOULEDE Christophe, gynécologue obstétricien au CHR de Gagnoa. Il est le point focal de la SOGOCI (Société de Gynécologie- Obstétrique de Côte d’Ivoire) pour les régions du Gôh et Loh-Djiboua. 

« Ce sujet est très important et doit être abordé avec les spécialistes. Ce que je voudrais cependant dire est qu’il n’y a pas de mesure préventive efficace contre cette maladie constitutionnelle étant donné que plusieurs facteurs qui pourraient favoriser la survenue du cancer du sein entrent en ligne de compte. 

Ce sont certaines prédispositions familiales, des facteurs hormonaux, la présence d’autres cancers déjà dans l’organisme etc… Mais, plus le cancer du sein qui est une maladie mortelle est découvert tôt, plus le pronostic de survie est meilleur. Ne l’oublions pas, le cancer du sein peut atteindre aussi bien la femme en âge de procréer que la femme ménopausée » indique le Docteur KPOULEDE Christophe. 

Il est donc nécessaire pour les femmes de consolider ce « pronostic de survie » par l’observation de leur sein et la pratique de gestes simples comme l’autopalpation et la palpation des seins.

Il est vrai que des examens paramédicaux permettent de détecter le cancer du sein : l’échographie, la mammographie surtout, ou des examens de laboratoire.  

Si ces examens paramédicaux ont des coûts qui pourraient freiner les femmes dans le souhait de dépister le cancer du sein, nous convenons avec le Docteur KPOULEDE Christophe que plusieurs signes doivent déjà les interpeller. 

Ce sont, ajoute-t-il « les écoulements mammaires le plus souvent sanglants, les douleurs dans le sein, l’ulcération au niveau du sein, une tuméfaction (une partie du sein gonflée) ou la présence de petits points rougeâtres qu’on appelle « la peau d’orange ». La femme peut elle-même palper sous ses aisselles (adénopathies axillaires) ou ses seins pour détecter la présence de nodules, ces boules dures irrégulières et le plus souvent fixées. »

Le cancer du sein serait-il alors « un piège » dans lequel tombent les femmes après avoir été toutefois averties de sa présence ?

Il faut donc briser le mur de l’ignorance, de la négligence en enseignant la femme à reconnaître ces signes élémentaires indiqués plus haut.

C’est à ce premier niveau que nous est apparu un facteur inhibant durant notre enquête : le profond encrage dans les croyances traditionnelles.

Plusieurs femmes interrogées estiment en effet que « l'autopalpation ou la palpation, ou même se rendre dans un centre de santé pour le dépistage (comme cela est souhaitable), alors qu’elles ne sont pas malades, pourrait justement faire venir à elles le cancer du sein ! »

L’entourage de la femme doit alors comprendre que ces croyances et ces peurs ataviques ne se justifient pas et doit l’exhorter à faire ce premier pas important.

Il y va de la responsabilité de tous de rendre donc le débat sur le cancer du sein permanent en créant des tribunes à cet effet, pour montrer surtout à la femme ce que pourrait être le prix d’une négligence ou l’ingérence des croyances traditionnelles dans la prise en compte de cette maladie. 

« La SOGOCI se tient à la disposition des femmes pour un dépistage permanent car le cancer du sein est silencieux et peut être découvert entre 1 et 20 ans après son installation, d’où l’intérêt du dépistage précoce, seul gage pour une survie meilleure.

Mais il y a une lueur d’espoir avec l’ouverture du CNRAO (Centre National de Radiothérapie ALLASSANE OUATTARA) situé au CHU de Cocody qui prend en charge désormais tous les cancers » nous informe le Docteur KPOULEDE Christophe.

Si les femmes sont donc sensibilisées à prendre ces voies manifestement simples, elles peuvent préserver leur vie et l’intégrité de leurs seins.

Les hommes peuvent leur tenir par moments les bras et les y accompagner. Pourquoi pas ? L’amour vient aussi de ce geste !


#OctobreRose


  

Content created and supplied by: OuragaDConstant (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires