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Nounous et Aide-ménagères, des femmes nous parlent

Les ménages de nos jours, constituent une préoccupation majeure pour les citoyens. Certains les confient entièrement à leur épouses quand d'autres préfèrent les services d'aide-ménagères et/ou de nounous. Dans nos sociétés, ce phénomène est de plus en plus grandissant.

Les conjoints très portés sur le bien-être du foyer vont la journée, pour certains, à la recherche des moyens financiers en vue de pourvoir au bien commun, à la pitance. Dans ce manque de disponibilité pour les travaux domestiques, la gestion du ménage qui est laissée aux soins d'une aide-ménagère constitue le levier de la qualité du foyer. Dans des foyers, il arrive souvent que des femmes ne participent pratiquement plus aux travaux de la maison. Elles chargent la ménagère de toutes les taches domestiques. C'est ici que le terme de servante prend tout son sens.

La fille ou la femme de ménage au risque de perdre sa rémunération, son emploi s'investit intégralement dans les nouvelles exigences de ces employeurs. Et pis, quand tout cela se déporte dans la chambre conjugale, des époux sont tentés de voir en celle-ci une femme très disponible au détriment de leur épouse très absente des petits soins essentiels. Au lieu d'être un abri contre des maux qui minent la société, le travail de fille de ménage devient à ce stade un fardeau, une menace pour l'intégrité et la dignité de la femme.

Combien sont-elles qui fuient leur responsabilité vis-à-vis de la prise en main des travaux du couple ? Combien sont-elles qui perdent leurs époux parce que l'employée aurait pris le pas sur la conjointe ? Combien sont-elles qui sont abusées ces filles qui ne cherchent qu'une indépendance financière à travers ces emplois auprès des couples ? Elles sont nombreuses. Dans notre enquête, Certaines femmes se sont prêtées à notre micro. Parmi elles, une nous informe de ce qu'elle aurait perdu son foyer pour avoir permis que l'aide-ménagère gère tous les travaux de sa maison conjugale d'alors. Elle affirme qu'aujourd'hui, elle préfère faire ses travaux elle-même pour ne plus vivre la même expérience. Elle dit même qu'elle ne veut plus entendre parler de celles-ci. Cela a été pour elle une école de la vie.

Contrairement à elle, une autre déclare qu'une fille de ménage est un mal nécessaire. "Mais, dit-elle, il faut savoir faire la part des choses entre ce qui fémininement faisable, admissible et ce qui ne l'est pas. par exemple, mon employée ne peut jamais entrer dans ma chambre conjugale. Y entrer, serait comme si elle découvrait notre intimité mon mari et moi." Elle est fière de se faire aider par l'aide-ménagère.

Nous avons ensuite rencontré une ex-aide ménagère et nounou à la fois qui nous relate brièvement ses expériences en la matière. "J'ai été travaillé chez des gens à Abidjan et à Grand-Bassam, nous confie-t-elle. L'un des couples chez qui j'ai travaillé à N'Dotré m'a fait vivre une situation très amère que je ne suis pas prête d'oublier de si tôt.Quand je suis arrivée chez eux, il était convenu que je sois la nounou qui s'occupe de leur enfant d'à peine un an et demi. Malheureusement, les choses se sont passées autrement sans mon consentement. De nounou, je suis passée à la ménagère, à la vendeuse d'eau et de jus. Je nettoyais toute la trois pièces, je faisais la vaisselle, la lessive, le marché, la cuisine. Je m'occupais entièrement de l'enfant ; Je préparais sa nourriture, je lui donnais à manger, je le lavais, l'habillais, le mettait au dos, le calmais quand il pleurait, le câlinais, le berçais et le faisais dormir. Quand le patron demandait qu'elle le prenne avec moi pour le faire dormir, elle s'en plaignait. Elle ne touchait à aucun ustensile de cuisine."

Poursuivant, elle nous informe que la dame était sans emploi. Elle donnait les ordres qu'elle, la nounou-ménagère, devait exécuter. La moindre erreur ne lui était pas permise. A la question de savoir ce qu'elle percevait comme rémunération, nous apprenons qu'il était convenu la somme de 20.000Frs pour les services de nounou. Mais dame Coulibaly Kory déclare avec la peine au cœur qu'elle ne recevait que 15.000Frs CFA à la fin de chaque mois avec pour justification que le patron disait ne pas pouvoir payer une telle somme d'argent.De mal en pire, elle a préféré les quitter et trouver un emploi ailleurs. Dans cette quête, Dame Coulibaly a été embauché par une femme à Bassam qui, elle, contrairement à la précédente, la payait nettement mieux. "Là-bas, nous dit-elle, je percevais 40.000 par mois. Je n'y étais pas stressé, pas humilié. Je m'occupais uniquement de l'entretien de la maison. Depuis le début de l'année 2021, j'ai préféré me consacrer au commerce et préparer mieux l'avenir de mes enfants. "

Petanlan

Content created and supplied by: Petanlan (via Opera News )

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