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Cohésion sociale : enseigner les alliances inter-ethniques pour garantir la paix

En Côte d’Ivoire, il ya des alliances parmi les grands groupes comme les Akan, les Gour, les Krou etc. Ces alliances reposent sur l’histoire commune des peuples, sur des faits historiques rapportés toujours à l’avantage du peuple auquel appartient le conteur. Les peuples de Cote d’Ivoire s’entremêlent à travers les alliances. Par exemple, dans le cas des alliances, combattre son allié c’est se combattre soi-même. Les alliances sont de type patronymique et inter- ethnique.

En Côte d’Ivoire, il ya 60 ethnies pour 05 groupes ethniques (Dan, Krou, Mandé, Akan et Gour). Les alliances inter-ethniques et les parentés à plaisanterie se vivent tant au niveau local et/ou national qu’au niveau interafricain. Les alliances en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier ont une valeur culturelle prépondérante.

Les Dan et leurs subdivisions ethniques (Gouro, Wan, Gagou…) sont en alliance avec les Gour et leurs subdivisions ethniques (Sénoufo, Djimini, Tagounan…) ; les Wê sont en alliance avec les Dan et leurs subdivisions ethniques ; et les Mandé sont en alliance avec les Dan. Les alliances entre les différentes populations, les tribus ou les ethnies rétablissent la concorde des communautés.

La lecture de la carte des alliances inter-ethniques de Côte d’Ivoire produite par l’Université des Temps Libres d’Abidjan peut se faire à plusieurs niveaux :

- Niveau 1 : (l’alliance directe) : entre deux peuples alliés (pacte de sang, pacte d’assistance, accord de bon voisinage, pacte de non-agression…) : l’application de la règle se fait de façon systématique. Même en cas d’accident mortel (chasse, noyade…) nulle part n’intervient le tribunal moderne : l’arbitrage se fait sous l’autorité coutumière.

 - Niveau 2 : (alliance indirecte) : en cas de non-alliance directe entre deux peuples, la délégation chargée d’intervenir dans un conflit peut être composée de plusieurs personnes dont une ou deux issues d’un ou deux peuples alliés. Ainsi, si un Wê est en conflit avec un Sénoufo, l’un ou l’autre peut faire intervenir un Gouro, peuple à la fois allié aux Wê et aux Sénoufo. Ce deuxième niveau de lecture ne peut se faire de façon systématique : les Agni sont les alliés des Bron (Abron) et des Ano mais les Bron ne sont pas, pour les Ano, des parents à plaisanterie. Le salut des peuples d’Afrique en conflit depuis le début des indépendances (coups d’Etat, rébellions, guerres…) soit à l’intérieur des pays soit entre peuples de pays voisins, pourrait, entre autres, résider dans la connaissance et une pratique savante, voire intellectualisée et soignée des parentés à plaisanterie ou des alliances inter-ethniques.  

Les alliances sont nécessaires pour des pays qui ont aujourd'hui besoin de vecteur de consolidation de leurs patries fragilisées par plusieurs années de dérives de tous genres.

L'observation de ces valeurs culturelles évite la guerre fratricide. Car la dignité de la personne humaine, le respect des valeurs morales, le respect des assemblées gérontocratiques, le respect des autorités constituées et la discipline continuent d’influencer positivement les sociétés où la culture africaine est toujours vécue.

Les alliances inter-ethniques et les parentés à plaisanterie sont comme des bornes pour garantir la paix sociale entre les populations. Leurs fondements touchent quelquefois à l’histoire même des peuples.

Vu la pléthore de richesses que constituent les alliances inter-alliances, l’on est exhorté au respect de la dignité de la personne humaine, à l’égalité entre les groupes sociaux et les groupes ethniques. Le principe des alliances inter-ethniques préconise l’obligation de fraternisation et d’assistance mutuelle, l’obligation du respect mutuel.

Selon le Professeur Urbain Amoa de Université Charles-Louis de Montesquieu : « Les alliances inter-ethniques et les parentés à plaisanterie doivent, par le fait de leurs pratiques dans nombre de régions d’Afrique noire, être enseignées dès l’école primaire. Ainsi l’on permettra aux générations montantes et futures, de prévenir les conflits et entretenir d’excellents rapports de voisinage. Car que pourrait-on faire et réussir si chaque pas que l’on pose est un motif de conflit avec l’un ou l’autre voisin de la même ethnie, de la même zone géographique, de la même religion et de la même race que soi ou non ? » 

Cette valeur culturelle exige de tous l’observation de la paix sociale entre les différents peuples. Le principe des alliances inter-ethniques est un gage de développement durable et de confiance, et un véritable vecteur de sociabilité qui accompagne la paix perpétuelle.

Patrice Kouakou Wanset

Content created and supplied by: PatriceKouakou_Wanset (via Opera News )

Akan Côte d'Ivoire Dan Gour Krou

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