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Des groupes de la société civile demandent une action urgente de l'ONU contre l'impunité pour les crimes de guerre

Depuis près de sept ans, le peuple du Yémen est victime d'innombrables crimes de guerre et de violations des droits de l'homme.

Jusqu'au mois dernier, le fait que le Groupe d'experts éminents (GEE) du Conseil des droits de l'homme des Nations unies documente les crimes commis par toutes les parties au conflit et les signale au monde entier témoignait d'un engagement à lutter contre l'impunité généralisée de ces crimes.

Il signalait aux civils du Yémen que les États membres des Nations unies ne fermaient pas les yeux sur leurs souffrances.

Mais ce n'est plus le cas. L'Arabie saoudite, soutenue par les Émirats arabes unis, chefs de file d'une coalition militaire dans le conflit au Yémen, a fait pression sur les membres du Conseil des droits de l'homme pour mettre fin à la surveillance et aux rapports impartiaux du GEE.

En conséquence, les membres du Conseil ont rejeté de justesse une résolution dont l'adoption aurait permis de renouveler le mandat du GEE, portant ainsi un coup sérieux aux efforts de responsabilisation.

Comme l'a très justement résumé l'ambassadeur des Pays-Bas auprès des Nations unies à Genève, en mettant fin à la GEE, le Conseil a "laissé tomber le peuple du Yémen".

La communauté internationale ne peut pas rester sans rien faire et permettre que ce vote soit le dernier mot sur les efforts de responsabilisation pour les abus et les crimes de guerre au Yémen.

Les organisations soussignées appellent l'Assemblée générale des Nations Unies à agir rapidement et à établir un nouveau mécanisme international de responsabilité pour le Yémen.

Les souffrances déjà infligées aux civils dans le pays exigent cette mesure pour lutter contre l'impunité dans le conflit en cours et envoyer un avertissement clair aux auteurs de toutes les parties qu'ils seront tenus responsables des crimes de guerre et autres violations graves du droit international humanitaire et des droits de l'homme.

Toutes les parties au conflit au Yémen ont perpétré des abus généralisés et systématiques, notamment en tuant et blessant des dizaines de milliers de civils.

Depuis 2015, la coalition dirigée par les Saoudiens et les Émirats arabes unis a mené des dizaines de frappes aériennes illégales qui ont tué et blessé des civils et détruit ou endommagé des maisons, des hôpitaux, des écoles, des marchés et d'autres infrastructures civiles, et aurait armé et soutenu des groupes armés et des milices locales.

Les forces houthies ont tiré sans discernement des mortiers, des roquettes et d'autres missiles sur des zones fortement peuplées, y compris des villes, au Yémen, et ont lancé sans discernement des missiles balistiques sur des zones peuplées en Arabie saoudite.

Les parties belligérantes ont empêché l'aide humanitaire vitale d'atteindre ceux qui en ont besoin. La conduite criminelle de toutes les parties au conflit a coûté la vie à plusieurs milliers de civils et provoqué la pire crise humanitaire au monde au Yémen.

Les organisations soussignées appellent l'Assemblée générale des Nations unies à créer un organe indépendant et impartial qui enquêterait et rendrait public les violations et abus les plus graves du droit international commis au Yémen, tout en collectant et préservant les preuves et en préparant les dossiers en vue d'éventuelles poursuites pénales.

Un mandat aussi fort est nécessaire pour garantir non seulement que les graves crimes de droit international commis au Yémen soient exposés au monde entier, mais aussi que les voies potentielles de la responsabilité pénale puissent être effectivement exploitées à l'avenir pour lutter contre l'impunité et offrir une réparation effective aux victimes.

Il s'agit d'un objectif ambitieux, mais l'Assemblée générale a déjà relevé le défi auparavant, lorsque des abus graves, généralisés et persistants l'exigeaient.

Par exemple, en 2016, l'Assemblée générale a créé le Mécanisme international, impartial et indépendant pour recueillir, préserver et analyser les preuves des crimes les plus graves au regard du droit international commis en Syrie.

En 2018, le Conseil des droits de l'homme a créé un mécanisme similaire pour le Myanmar à la suite des crimes contre l'humanité et du possible génocide commis en 2017 contre les musulmans rohingyas.

Reconnaissant le besoin urgent de responsabilisation au Yémen, des dizaines d'États membres de l'ONU ont déjà exhorté la communauté internationale à "explorer activement d'autres mécanismes alternatifs" pour surveiller la situation des droits de l'homme.

Les États membres de l'Assemblée générale des Nations unies peuvent et doivent créer un tel mécanisme de responsabilisation pour le Yémen et veiller à ce qu'il soit doté de ressources suffisantes pour mener à bien sa tâche.

C'est le moins qu'ils puissent faire pour ceux qui endurent des souffrances incommensurables depuis près de sept ans.

Le peuple du Yémen a besoin de justice. Et la justice commence par des enquêtes et l'obligation de rendre des comptes.

Il est temps d'agir.

The full list of signatories follows (64 as of December 2, 2021):

1. Action on Armed Violence (AOAV)

2. ACAT-France

3. Africa Center for Security,Governance & Research

4. Alkarama for Human Rights

5. ALQST for Human Rights

6. Allard K. Lowenstein International Human Rights Clinic, Yale Law School

7. Americans for Democracy & Human Rights in Bahrain

8. Amnesty International

9. Avaaz

10. Bridges for Yemen

11. Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)

12. Campaign Against Arms Trade (CAAT)

13. Centre for Social Impact Studies

14. Changemaker Norway

15. CIVICUS

16. Columbia Law School Human Rights Clinic

17. Conflict and Environment Observatory

18. DefendDefenders (East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project)

19. Defense Foundation for Rights and Freedoms

20. Democracy School

21. Development House

22. European Center for Democracy and Human Rights (ECDHR)

23. Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR)

24. Femmes des medias pour la justice au Congo

25. FOMICRES

26. Global Action to Prevent War and Armed Conflict

27. FundiPau (Fundacio per la Pau)

28. Global Centre for the Responsibility to Protect

29. Global Legal Action Network

30. Gulf Centre for Human Rights

31. Human Life Foundation for Development and Relief

32. Human Rights Information & Training Centre- HRITC

33. Human Rights Watch (HRW)

34. International Commission of Jurists (ICJ)

35. Human Rights Monitor Organization

36. International Federation for Human Rights (FIDH)

37. International Service for Human Rights (ISHR)

38. Le Réseau d'action sur les armes légères en Afrique de l'Ouest, section Côte d'Ivoire (Le RASALAO-CI)

39. MENA Rights Group

40. Mwatana for Human Rights

41. Partners Foundation

42. PAX

43. Peace Track Initiative

44. People's Federation for National Peace and Development (PEFENAP)

45. Rete Italiana Pace e Disarmo

46. Project Ploughshares

47. Project on Middle East Democracy (POMED)

48. Salam For Yemen

49. SAM Organization Rights and liberty

50. Sisters' Arab Forum for Human Rights (SAF)

51. Swedish Peace and Arbitration Society

52. The Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD)

53. Truth Justice Memory Center

54. Vision GRAM-International

55. Vredesactie

56. Watch for Human Rights

57. WITNESS

58. Win Without War

59. Women for Peace and Democracy Nepal

60. World Organisation Against Torture

61. Women’s International League for Peace and Freedom

62. Yemen Relief and Reconstruction Foundation

63. Yemeni Archive

64. Yemen Policy Center- Germany

Content created and supplied by: RASALAO-CI (via Opera News )

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