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Affaire Deversailles : voici pourquoi la jeunesse ivoirienne est accro au buzz

Faire des faits divers une généralité devient de plus en plus récurent en Côte d’Ivoire. Jeunes, internautes, célébrités et politiques accordent par moment un grand intérêt à des épiphénomènes en lieu et place des sujets d’intérêt social. La Côte d’Ivoire est-elle un pays de buzz ?

Le premier buzz de l’année 2021 est connu sous le nom Deversailles, un présumé voleur prêt à défendre son innocence jusqu’à la mort peut-être la sentence. Visiblement coupable selon la Justice traditionnelle à laquelle il se soumet, le prévenu est devenu ce mardi 05 janvier 2020 la star des réseaux sociaux. Les plateaux de télévision et de radio lui ouvrent grandement leurs portes. Des artistes se bousculent pour lui faire des dons en numéraire quelle que soit sa culpabilité.

Qu’est ce qui n’a pas marché selon une expression typiquement ivoirienne ? Pourquoi tant d’euphorie pour des faits anodins ? Faut-il s’offrir en spectacle pour jouir d’une renommée fut-elle éphémère ?

Pourtant, le pays est à deux mois des législatives 2021. 25 ans, c’est l’âge minimum pour être député en Côte d’Ivoire et participer à la vie politique de son pays. Pour rappel, 77 % de la population ivoirienne a moins de 35 ans. Cependant, comme le reconnaissait Sidi Tiémoko Touré, alors ministre de de la Promotion de la jeunesse et de l’Emploi des jeunes, la jeunesse ivoirienne est confrontée à d’énormes défis tels que la privation d'éducation et de soins de santé, la difficulté à trouver un emploi, la violence…

Au niveau politique, Mamadou Koné, président du Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire, reprochait à ‘‘ceux qui ne possèdent comme seul diplôme, que leur acte de naissance’’ d’interpréter la Constitution de leurs pays.

Pulchérie Gbalet, actrice de la société civile, en fait les frais, jetée sous les verrous pour avoir contesté le troisième mandat de l’actuel chef de l’Etat, Alassane Ouattara.

Il est clair, participer à la vie sociopolitique de son pays, se prononcer sur des sujets d’intérêt social peut conduire à la prison. Le cas des artistes Yodé et Siro en est une illustration parfaite encore fraîche dans les esprits. L’on pourrait écrire tout un chapitre sur le non-respect de la parole donnée au plus haut sommet de l’Etat ou encore la Justice à double vitesse.

Ainsi, la méritocratie semble faire place aux futilités. Les jeunes entrepreneurs peuvent se décarcasser à remporter des prix et autres innovations, il n’auront point les mêmes avantages que Miss Côte d’Ivoire, Deversailles ou le chien A qui la faute. Faut-il à nouveau s’étonner de l’inclination des Ivoiriens pour des buzz ? Ceci n’explique-t-il pas cela ?


Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: S_carmone (via Opera News )

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