Sign in
Download Opera News App

 

 

Conflit foncier à Jacqueville: un bain de sang évité lors d'un affrontement gendarmes - populations

Échange entre Gendarmes et populations avant l'affrontement

200 gendarmes sous les ordres d'un colonel de la Gendarmerie, ont pris d’assaut les villages de N’djem et Adoukro ce vendredi 03 septembre 2021, dès 4 heures du matin à l’insu des autorités administratives. Une farouche opposition des populations surprises dans leur sommeil, a viré à l’affrontement. N’eût été l’intervention du Premier ministre Patrick Achi, cette expédition punitive des gendarmes aurait viré au drame.

Résistance des populations de N'djem et d'Adoukro

Les villages de N’djem et d’Adoukro, porte d’entrée de la station balnéaire de Jacqueville étaient assiégés ce vendredi 03 septembre 2021 de 4 heures à 15 heures. C’est à 6 heures que les hommes dudit colonel qui agissait, de sources bien introduites, sous les ordres d'un procureur général, ont tenté d’engager le déguerpissement des deux villages afin de vider les populations pour qu’un opérateur économique du nom d’Edouard Oda, apprend-t-on, puisse prendre possession de 2400 hectares.

Les populations de N'djem et d'Adoukro

Les populations des villages de N’djem, Abrebry, Sassako Bégnini et Adoukro qui disent être victimes d’une spoliation à grande échelle, ont décidé de ne pas se laisser faire. Et la riposte s’organisa. Le déguerpissement tourne à l’affrontement, à la chasse à l’homme entre les 200 gendarmes qui protégeaient les bulldozers de type Caterpillar, venus démolir maisons et plantations, et les populations.

Patrick Achi Premier ministre de Côte d'Ivoire

L’atmosphère était à son comble lorsque le Premier ministre Patrick Achi a été saisi par les autorités coutumières et administratives de Jacqueville. Face à ces affrontements qui tournaient au drame, les hauts gradés de la police et de l’armée de Côte d’Ivoire ont été mis en mission pour stopper cette bataille rangée.

Edouard Oda, DG de SGIR, l'opérateur économique qui revendique 2400 hectares à Adoukro.

Pour rappel, le dossier Adoukro, bien connu du milieu foncier ivoirien, met aux prises les propriétaires terriens et un opérateur économique nommé Edouard Oda, directeur général de la Société générale d’investissement et réalisation (SGIR). A en croire les propriétaires terriens, cet opérateur économique apparaît à Jacqueville, disent-elles, en 2007 et se dit fils du campement d’Adoukro par le lien de son épouse qui, elle est originaire de la cité des 3A. Toujours selon les propriétaires terriens, Edouard Oda a réussi à faire ériger le campement d’Adoukro en village, s’auto-proclame chef de terre et décide de lotir 2400 hectares alors que le campement ne fait que 700 hectares. Ils restent persuadés que dans son projet, l’opérateur économique a conquis les terres des villages voisins que sont Abreby, Sassako Bégnini, N’djem et Avagou.

Le transport et l'activité économique étaient fortement perturbé ce vendredi 03 septembre 2021 à Jacqueville.

Malgré les alertes relatives aux risques d’affrontement, adressées par les autorités communales, le ministère de la Construction sous Mamadou Sanogo, fait approuver les 2400 hectares au profit d’Edouard Oda en 2014. Et ce que l’on craignait arriva : des affrontements réguliers, des destructions de plantations, des convocations multiples au Tribunal de Dabou.

Le ciel de Jacqueville était noir en raison des bombes à gaz lacrymogène

Pendant ce temps, l’opérateur Oda est taxé de vendre des terrains à des personnes à qui il présente le projet comme la construction d’une ville nouvelle. Seulement voilà, à chaque fois que les attributaires mettent les pieds à Adoukro, ils sont confrontés à l’hostilité des villageois qui les refoulent.

En août dernier, le Tribunal de Dabou, sur plaintes du collectif des propriétaires terriens, a condamné l’opérateur économique Edouard Oda pour faux et usage de faux. Alors que les villageois se réjouissent de cette condamnation et rêvent de le voir en prison, Edouard Oda réapparaît, plus fort, à la tête d’une armée de gendarmes pour les déguerpir.

Edouard Oda

Pour sa part, Edouard Oda a toujours clamé que sa société a obtenu des propriétaires terriens des communautés villageoises de Taboth et d’Adoukro, dans la sous-préfecture de Jacqueville, une procuration spéciale le 21 décembre 2009, par devant Me Tchriffo Olivier Fulgence, notaire à Abidjan, en vue de la gestion de leur parcelle de terrain sise à Adoukro d’une contenance global de 2483 hectares 37 ares 24 centiares. Ces parcelles, ajoute le conférencier, ont été approuvée par la suite, par arrêtés N° 14-1273/ Mclau/Dguf/ Du/Sdaf et 14-1274/Mclau/Dguf/Du/Sdaf , du ministre de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme le 12 novembre 2014 et publiés par la suite le jeudi 11 décembre 2015 au journal officiel de la République de Côte d’Ivoire, pour l’aménagement dénommé ‘’Adoukro tranche 1 et Adoukro tranche 2’’. « Je n’ai pas l’âme de vendeurs de terrains. Nous connaissons ceux qui vendent des terrains. Tous ceux qui s’adonnent à ces pratiques sont connus de tous en Côte d’Ivoire. Cette terre où se trouve Adoukro appartient au village de Taboth. C’est parce que nous voulons réaliser une ville nouvelle que certaines personnes essaient de nous empêcher. Je ne comprends pas pourquoi quelqu’un de qui l’Etat a fait ce qu’il est, refuse le développement d’un village qui veut aspirer au développement », réplique-t-il.

Patrick Achi

N’eût-été la promptitude du chef du gouvernement, Patrick Achi, l’on aurait assisté à un bain de sang ce vendredi 03 septembre 2021 à Jacqueville.

Cyrille NAHIN 

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

jacqueville

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires