Sign in
Download Opera News App

 

 

Yopougon: un enseignant refuse de payer de l’alcool à une élève, il échappe de peu à un chantage

 

       Ce qui suit est le récit qu’un un enseignant, sous le couvert de l’anonymat, a accepté qu’on publie. Nous l’appellerons K L. De fait, selon K L, dans le petit établissement privé de Yopougon Toits Rouges où il enseigne, s’y trouve également une adolescente qui habite, avec ses parents, le même immeuble que lui. Il ne se passe de jour sans que la jeune adolescente, lorsqu’elle aperçoit le prof, en tout lieu, ne le salue poliment ; Et K L ne s’est jamais privé de lui répondre gentiment, avec de petits mots sympathiques mais désintéressés, considérant la gamine non seulement comme telle mais surtout comme une élève.

     Ce mercredi 20 octobre 2021, au moment où, dans la soirée, il se trouve autour d’un pot avec quelques amis, l’adolescente arrive à passer et fait une halte à leur niveau et exige du magister une bière. Confus et mal à l’aide, il lui rappelle devant tous ses amis qu’elle n’est qu’une gamine (15-16ans) et au qu’au surplus, il était interdit à un enseignant de s’afficher avec ses élèves. La jeune fille s’en est allée, boudant et menaçant de ne plus jamais adresser un traître mot à l’enseignant.

     Depuis ce jour, elle ne lui adresse effectivement plus la parole, se comportant comme une demoiselle capricieuse le ferait avec un petit copain. K L a donc dû, avec responsabilité, rencontrer les parents, par ailleurs ses voisins pour recadrer, devant eux, la petite fille. C'était ce vendredi 22 octobre 2021. J’ai salué la promptitude du geste de mon interlocuteur car la question qu’on est en droit de se poser est de savoir ce qui se serait passé si cette gamine, sous le coup de la ‘’frustration’’, avait sorti la première à ses parents, un son de cloche déplacé ? Je pense que sa promptitude lui a évité ce qui pouvait se transformer en un odieux chantage du genre ‘’il m’a draguée et comme j’ai refusé…’’. Effectivement, m’a-t-il avoué, quelques adolescentes de l’établissement ont dénoncé ce que leur jeune camarade s’apprêtait à faire, accuser le pauvre prof de tentative de…viol, le gros et vilain mot.

         Il y a ce grand film que j’ai eu l’honneur de voir : ‘’Les Risques du métier’’ ; c’est un film français datant de 1967 dans lequel un instituteur d’une région parisienne est accusé par l’une de ses élèves d'avoir tenté de la violer. Au cours de l'enquête, une autre jeune fille ‘’avoue’’ qu'elle a eu des relations sexuelles avec M. Doucet, puis une troisième prétend à son tour qu'il se montrait entreprenant avec elle. Ce dernier se retrouve accusé de pédophilie et subit l'opprobre des villageois.

      Bien entendu, tout cela n’était qu’un complot ourdi par ces filles pour noyer le pauvre instituteur. Sans la moindre vérification des faits, l’homme qui va subir l'épreuve du petit village où il vit et dont les habitants le jugent coupable des faits, y compris de sa propre épouse, troublée par les témoignages précis des différentes jeunes filles. C’est en cela que le titre du film est si pertinent. Il interpelle plus d’un enseignant à la retenue, à la sagesse, à la vigilance dans ses rapports avec ses élèves. On en voit qui s’inscrivent dans des groupes whatsapp pour élèves, d’autres se retrouvent dans des bistrots en compagnie de ces mêmes enfants. Le risque n’est jamais loin, qui pourrait déboucher sur un chantage honteux.

       Frederic GNEZE

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

yopougon

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires