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Gbagbo-Ouattara : le bras-de-fer a déjà commencé

Il n’a pas fallu longtemps attendre pour que l’hostilité soit déclenchée. Pour l’heure, la confrontation se fait de façon détournée, de façon plus ou moins voilée, mais c’est tout de même le bras de fer qui a démarré.

La confrontation au long cours entre Gbagbo (à gauche) et Ouattara n'a pas faibli d'un iota (Photos Web)

Le premier à porter le coup, c’est Alassane Ouattara. Bien qu’il ait donné son accord pour le retour d’exil de son rival politique, il a laissé faire. Quand Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (Cvci) battait le pavé avec son groupuscule pour s’opposer, en réalité, à l’arrivée de l’ancien prisonnier de la Cour pénale internationale (Cpi), le Chef d’Etat n’a rien eu à dire. Et c’est un euphémisme ! Il a également laissé faire quand les dignitaires du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ont tenté d’imposé un « format » restreint à l’accueil de l’ex-Chef d’État.

Le président du Rhdp a ensuite fait monter la pression d’un cran, le jour même de l’arrivée de Laurent Gbagbo. Alors qu’aucune mesure administrative d’interdiction de l’accueil n’avait été prise, les militants accourus nombreux de toutes les villes de Côte d’Ivoire vont subir une répression brutale par les forces de l’ordre équipées comme sur un champ de guerre. De nombreux partisans de Laurent Gbagbo seront grièvement blessés. L’on déplore des cas graves. Près de 150 d’entre ces partisans seront interpelés et conduit dans des camps de la gendarmerie où ils subiront des traitements dégradants.

Les forces de l'ordre comme sur cette image, ont réprimé férocement les partisans du Fpi (Photo d'archives)

L’avion de l’ancien Chef d’État a atterri dans une atmosphère électrique. Des bombes de gaz lacrymogène et même quelques rafales sporadiques d'armes automatiques tonnaient jusqu’à l’aéroport. Les partisans du leader politique étaient pourchassés comme des malfaiteurs. Son porte-parole, le ministre Koné Katina avait improvisé un point-presse, alors que l’appareil faisait son approche d’atterrissage pour s’inquiéter de la sécurité de son patron.

La phase deux du défi a commencé, le 17 juin 2021, au soir de l’arrivée de l’acquitté de la Cpi. Cette fois-ci, c’est sa garde rapprochée qui est visée. Quatre de ces gros bras seront interpelés au niveau de la Riviera 2 et conduits à Sebroko, au siège de l’unité spéciale de lutte contre le terrorisme. Il s’agit des nommés Zambi Léger, Diédo Israël Marius et d’Ayo Atcho Sosthène. Ils seront présentés à l’heure de grande écoute de 20 heures, à la télévision nationale. Ces quatre éléments ont été présentés comme étant des « individus encagoulés qui tentaient de semer le trouble à l’arrivée de Laurent Gbagbo » pour en faire porter le chapeau du régime au pouvoir !

Les éléments de la garde rapprochées interpelés (Photo web)

Cette dernière phase connaît un nouveau développement, depuis hier jeudi 24 juin 2021. Le Secrétaire général adjoint du Fpi, Billaud Daniel et le commissaire à la retraite, Boli Nestor ont à leur tour été interpelés. Les 6 mis en cause ont ensuite été conduits à la sinistre Maison d’Arrêt et correctionnelle d’Abidjan (Maca). Ils répondront devant le juge des chefs d’accusation suivants : « troubles à l’ordre public, association de malfaiteurs et outrage à agents dans l’exercice de ses fonctions ». Rien moins que ça !

Pour l’heure, Laurent Gbagbo présente une main bien mole dans ce bras de fer. Il procède par l’esquive. Il a d’abord refusé le pavillon présidentiel qui lui a été concédé, en rentrant directement chez lui, à sa descente d’avion. Les partisans du régime ont crié à l’affront ! Le parcours jusqu’à son domicile sera semé d’obstacles. Par exemple, au niveau de l’échangeur qui mène sur le pont Henri Konan Bédié, la police a barré la voie inverse pour obliger son cortège à emprunter ce pont qui enjambe le bras de lagune. Son cortège qui n’entendait pas les choses de cette oreille a forcé le dispositif policier. A ce jour, Laurent Gbagbo n’a fait aucune déclaration, ni posé d’acte en rapport avec toutes ces bâtons mis dans ses roues . Mais pour combien de temps encore ?

Théodore Sinzé

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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