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Les Ivoiriens peuvent-t-ils continuer d’ignorer les avertissements malgré la poussée djihadiste?

Contrairement aux pays Sahéliens où le fléau djihadiste hante le quotidien des populations, les Ivoiriens semblent encore peu conscients de l’ampleur de la menace terroriste qui se consolide à l’intérieur de leurs murs.

 

Pourtant, les informations qui parviennent régulièrement en provenance du front en rajoutent aux raisons qui devraient créer un sentiment de résistance justifié parmi les populations. Longtemps épargnés par la furia de ces groupes intégristes, en dehors de quelques attaques sporadiques menées entre 2016 à Bassam et Juin 2020 à Kafolo, les Ivoiriens ont eu le temps de s’imprégner des effets pervers et impitoyables du déchaînement des groupes terroristes dans les pays voisins du Sahel avec leur corollaire de morts, de blessés et de déplacés internes.

 

L’enchaînement des incidents sécuritaires ces derniers mois, après la mise en garde des renseignements extérieurs Français le 1er Février, dénote de la gravité de la situation dans les zones septentrionales du pays. Touba, Ouaninou, Kong, Ferkéssédougou, Kafolo, Téhini, Séguéla ou encore certaines parties du Bounkani…dans toutes ces zones, la présence d’individus armés aux allures rappelant les combattants islamistes qui endeuillent le Sahel, est signalée. Le 07 Septembre dernier, Afriksoir.net rapportait même des prises d’otages de paysans dans des zones reculées de Touba.

 

Pendant ce temps, à Abidjan, on se passionne des Vendettas politiques et des buzz de tous genres…Ce Mardi 21 Septembre encore, Jeune Afrique révélait que ‘’Des mouvements suspects avaient notamment été détectés près de la forêt de Diéfoula, dans le sud-est du Burkina. Des armes (munitions, roquettes, matériel pour fabriquer des engins explosifs) avaient aussi été acheminées sur place’’ avant le crash de l’hélicoptère MI-24 dans la nuit du 10 au 11 Septembre.

 

Plusieurs départements dans le nord du pays sont en état d’alerte à l’instar de Séguéla ou de Kong où les préfets de région ont commencé à prendre les choses en main. Dans un entretien qu’il nous accordait ce Mardi 21 Septembre, Eugène Kouadio Djué, ex leader influent de la galaxie patriotique, aujourd’hui en fonction au ministère de la réconciliation nationale, ne cachait pas son étonnement devant le fait que ses compatriotes soient plus préoccupés par les joutes politiciennes que par les enjeux sécuritaires cruciaux du moment.

 

‘’Mais pourquoi les gens ne voient pas le djihadisme, mais pourquoi ?’’, s’indignait-t-il, ahuri, écœuré. La réalité est pourtant pathétique. Ce qui fait l’actualité en Côte d’Ivoire, c’est le retour aux affaires ou la consolidation du pouvoir de certains acteurs politiques. Là où, il aurait été plus judicieux de s’entourer des précautions nécessaires pour anticiper sur un danger imminent qui se rapproche fatalement.

Raoul Mobio 

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

Ivoiriens Kafolo Sahel

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