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Dix ans après la mort de Kadhafi : Sarkozy, Obama et Cameron face à leurs responsabilités

Dans leur sempiternel rôle de gendarme du monde, les Etats-Unis de Barack Obama, le Royaume Uni de David Cameron et la France de Nicolas Sarkozy avaient réussi à arracher la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU pour répondre, disent-ils, à l’aide de l’opposition libyenne, oppressée par le dirigeant Mouammar Kadhafi. Des opérations militaires pour des temps meilleurs au peuple libyen.

La suite est connue. Mouammar Kadhafi sera tué d’une balle dans la tête au cours d’un lynchage après un bombardement de la coalition occidentale. Dix années plus tard, un calme précaire règne en Lybie après des années noires marquées par les guerres fratricides et le terrorisme.

Instabilité au Sahel

Les conséquences géostratégiques restent majeures pour le pays l’Afrique du Nord, le Sahel voire le monde arabe. Cette mise à mort du Colonel Kadhafi en 2011 a précipité le Sahel dans une crise sécuritaire sans précédent. L’Etat libyen est en faillite et en quête de stabilité. « La Libye de Kadhafi était un des pays les plus armés du continent. Toutes ces armes ont été dispersées au sud du Sahara, dans les pays du Sahel. Aujourd’hui, c’est à partir de la Libye que les terroristes de Boko Haram reçoivent leur formation. C’est à partir de ce pays meurtri que ce groupe terroriste reçoit des renforts en armes », rappelait Idriss Deby le 14 novembre 2019 sur le plateau du débat africain de RFI. 

Impunité

Pendant ce temps, personne n’évoque la responsabilité des chefs de file de la coalition de l’OTAN qui a bombardé la Libye. Obama, Sarkozy et Cameron se sont pourtant arrogé le droit d'agir violemment dans ce pays en violation de sa souveraineté et ont effondré les bases de l’Etat. 

CPI

Que dire de la Cour pénale internationale (CPI) jusque-là muette sur le dossier. Si les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas signé le statut de Rome créant la CPI et la combattent, la France et le Royaume Uni sont bel et bien membres de cette juridiction internationale. Quelle sanction à leurs égards ? Au contraire, Washington s’est farouchement opposé aux enquêtes sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Afghanistan et les enquêtes contre Israël pour crimes de guerre en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Donald Trump, alors président des Etats-Unis, n’avait pas hésité à prendre des sanctions contre Fatou Bensouda, la procureure de la CPI et Phakiso Mochochoko, directeur de la division de la compétence, de la complémentarité et de la coopération de cette institution. Des sanctions économiques inédites allant de leur inscription sur la liste noire des Etats-Unis aux gels de leurs avoirs ainsi qu’à une suspension de leur accès au système financier américain.

Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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