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Menaces terroristes : Et si la Côte d’ivoire demandait des comptes à la France ?

Longtemps cantonné au Moyen-Orient et dans le Maghreb, le terrorisme intégriste a changé de foyer, en migrant vers l'Afrique subsaharienne, dans ses régions Ouest, Est et Australe, où le fléau est désormais au centre des politiques sécuritaires des états. 

Les groupes djihadistes ont-t-ils essaimé spontanément ? L’évolution de la configuration militaro-politique de la dernière décennie, et notamment les crises insurrectionnelles au Maghreb et en Egypte en donnent des indices probants. 

Point d'orgue de ce vent de déstabilisation des régimes forts du monde Arabe, qualifiée en Occident de ‘’Printemps Arabe’’, la guerre en Libye. C’est de ce conflit attisé par l’immixtion de la France et de ses alliés Occidentaux, qu'a déferlé la vague terroriste dans le Sahel et depuis quelques années, dans le Golfe de Guinée. 

Durant 4 décennies, du début des années 1970 à 2011, les groupes salafistes en Libye, partisans de la monarchie déchue du Roi Idriss Ier, ont constamment été étouffés par Mouammar Kadhafi. Pour l'ex dirigeant Libyen, l’intégrisme religieux représentait une menace pour la stabilité de son pays. Tous les groupes affiliés à l’organisation des Frères Musulmans, ont été traqués, neutralisés jusqu’au bout. 

Les tentatives d’émergence de groupes tels que le Groupe Islamique Combattant Libyen (GICL), auteur d’une tentative manquée d’assassinat contre le Guide Libyen en 1996, n'aura servi à rien. La Jamahriyah, prônée par Mouammar Kadhafi sur la base de ses convictions idéologiques panarabes, se dressait en rempart contre l’expansion du terrorisme. 

Il a fallu le soulèvement civil, rapidement mué en insurrection armé, et 2011, pour que la situation se dégrade. Grâce à l'appui décisif de la France de Nicolas Sarkozy, pourvoyeuse d'armes aux insurgés, soutien inaltérable du CNT, le régime Kadhafi s'effondra. Pour ce faire, cela a nécessité la coalition de toutes les forces intégristes en latence, pour constituer une force militaire hétéroclite contre Kadhafi et son régime. 

Devenu le théâtre d’opérations privilégié des mouvements djihadistes dans le Maghreb, la Libye désormais écartelée entre un foisonnement de milices, maîtresses de diverses portions de son territoire, représentait une menace pour ses voisins et au-delà. Cela s’est vite démontré dès 2012 avec la crise armée, née de l’irruption de bandes lourdement armés, gracieusement équipés pendant les 7 mois de combat qu'aura duré le conflit Libyen. Le Mali, puis le Nigéria…Le Nigéria, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso, et maintenant, la Côte d’ivoire… 

4 ans après l’attentat de Grand-Bassam le 16 Mars 2016, la Côte d’ivoire vit désormais dans la psychose du spectre djihadiste. Au moins 4 attaques contre des positions de l’armée en moins d’un an, dans le Nord du pays. Des avertissements clairs et fermes des renseignements extérieurs Français… 

La Côte d’ivoire est bel et bien dans le viseur. Et si elle l'est, ceci est subséquent à l’implication de Paris dans la déstabilisation du régime de la Jamahriya en Libye. Dans cette guerre contre le terrorisme, la France déjà active aux côtés de l’état Ivoirien, doit impérativement redoubler d’ardeur dans son engagement sur le front. Cette guerre, c’est d’abord la sienne. 

La dissémination des groupes terroristes dans la sous-région Ouest Africaine et ailleurs, en Centrafrique, au Tchad, au Mozambique, au Kenya, en Tanzanie et en Somalie, c’est la conséquence ingérable de ses visées hégémoniques, ainsi que de celles de ses alliés. La facture est tombée, il faut la payer.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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