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Côte d'Ivoire : vie chère, terrorisme, coronavirus, les autorités prises dans un étau infernal

Comment le gouvernement ivoirien compte-t-il se tirer d'affaire ? Avec la déferlante djihadiste (qui était pourtant prévisible sur le sol ivoirien comme l'attestent les nombreux attentats après celui de Grand-Bassam en mars 2016), si l'on craignait pour la sécurité territoriale, le coronavirus et son corollaire de cherté de la vie n'arrangent rien. De plus, le rationnement de l'électricité (qui ressemble furieusement à un délestage) a eu des conséquences "désastreuses" sur la croissance économique, comme l'avait expliqué Jean-Marie Ackah, Président de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI), en avril dernier. L'on est en droit de se demander, légitimement, quel plan proposent les autorités pour rémédier à la situation.

Lorsqu'il plaidait pour l'assouplissement des mesures de "rationnement" de l'électricité dans les industries ivoiriennes, le président de la CGECI avait prévenu que l'une des conséquences directes de cette situation serait de nature économique. Et que cela impacterait les ménages. Le coronavirus n'est donc pas la seule cause de la cherté de la vie dans notre pays. La situation de Covid-19 étant d'ordre général.

Pour ce qui concerne la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire, notamment avec les attaques djihadistes, elles se sont multipliées au nord, mettant en difficulté les eléments des forces de défense, avec plusieurs pertes en vie humaines. En début de semaine, des employés d'une société chargée du reprofilage des routes ont été kidnappés, entre Petit Nassian et Kafolo. Jeudi 15 juillet 2021, leur véhicule a été retrouvé en pleine brousse, piégé avec un engin explosif artisanal très ingénieux. Des bonbonnes de gaz étaient disposées à l'arrière du véhicule. Curieusement, lorsque les forces de l'ordre ont fait sauter le véhicule, c'est la devanture qui a sauté, alors que l'arrière, où se trouvait la bonbonne de gaz, est resté intact. Ce qui signifie que le dispositif à l'arrière n'était qu'un leurre. Le moins que l'on puisse, c'est que les terroristes ne manquent pas de technique et d'imagination. Ce que l'on minimise, c'est qu'ils ont en leur sein des intellectuels, des informaticiens, des instructeurs, des espions, etc. Ce ne sont pas que des pauvres hères enrôlés pour aller combattre. 

L'État a donc fort à faire, devant ces individus qui ne rêvent que d'une chose. La pauvreté aidant, que des jeunes Ivoiriens manipulables rejoignent leurs rangs, en échange d'une bouchée de pain et de quelques billets de banque. En effet, ventre affamé n'a point d'oreille. Et devant l'argent, la conscience de certaines personnes se tait, c'est bien connu. 

Nous savons tous que la plupart des combattants djihadistes sont enrôlés sur place, dans les pays que leurs chefs arrivent à infiltrer. Raison pour laquelle nul ne sait vraiment à quel moment ils se propagent sur le territoire. Gouverner, c'est aussi prévoir. Les renseignements fournis par les services secrets européens et américains aux autorités locales devraient être pris au sérieux. 

Cela dit, l'affrontement armé est-il l'unique solution dans cette guerre asymétrique ? Depuis que la Côte d'Ivoire s'est engagée contre le terrorisme aux côtés du pays ami, la France, il fallait s'attendre aux représailles.

En février 2020, le chef terroriste d'Al-Qaïda, Mockhtar Belmockhtar, avait déclaré au cours d'une rencontre des plus hauts chefs djihadistes qu'un projet d'expansion vers le golfe de Guinée se préparait. Notamment en Côte d'Ivoire et au Bénin. L'information avait été révélée par Bernard Emié, le patron de la DGSE française. Le terroriste surnommé "Ibrahim 10" capturé en 2020 par l'armée malienne avait dit au cours de son audition avoir mené des actions de repérage en Côte d'Ivoire en 2012 et en 2016, sur instructions de Mockhtar Belmockhtar. Ainsi que d'autres déplacements au Sénégal. 

Plus le temps passe et plus les terroristes étendent leur tentacules et marquent leur ancrage territorial. La construction de l'Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) à Jacqueville, au sud-ouest d'Abidjan, qui sert de base logistique aux opérations militaires au Sahel ne peut que davantage enrager ces bandes d'individus enturbannés. L'inauguration de l'AILCT a eu lieu le 10 juin 2021 en présence du Premier ministre Patrick Achi, son ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Au lendemain de cette inauguration, un attentat a eu lieu le 12 juin lors d'une embuscade sur l'axe Téhini-Togolokaye (frontière du Burkina Faso), faisant 3 soldats ivoiriens tués et 4 autres blessés. 

Si l'Europe n'est pas parvenue à éradiquer ce fléau sur son sol malgré leur important dispositif sécuritaire, est-ce un pays en voie d'émergence qui y parviendra ? La solution ne serait-elle pas de négocier ou tout simplement limiter notre intervention ? N'est-il pas mieux de nous préoccuper prioritairement du sort de nos concitoyens en terme d'emploi, de logement, de santé, d'éducation, de sécurité alimentaire, d'enfants "en conflits avec la loi", etc. Cette guerre contre les djihadistes, saurons-nous la mener jusqu'au bout et au prix de combien de vies perdues ? Il ne faut pas se tromper de combat.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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