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Sous la pression des djihadistes, "l’école n’existe plus" à Téhini, Abidjan est déconnecté

Les faits expliqués du 16 au 17 Septembre dernier, lors du colloque organisé par les autorités locales de la région Bounkani, ne datent d’il y’a plusieurs mois, mais ils sont actuels, vécus au quotidien par les populations. Selon le confrère de lebanco.net qui rapporte l’information dans un article datant du Mardi 05 Octobre, le colloque a réuni pendant ces deux jours, les autorités préfectorales et coutumières, les élus locaux, les leaders communautaires, les guides religieux et les forces de défense et de sécurité.

 

L’objectif de ces échanges, informe-t-il, était de ‘’réfléchir sur les stratégies à définir à partir d’un plan d’actions dans la perspective de contrer l’avancée du terrorisme dans la région du Bounkani’’. Le point d’orgue de ce colloque a sans doute été, les témoignages livrés par les participants. On retiendra par exemple celui du chef Noufé Honoré de Téhini, qui s’alarmait : ‘’Sincèrement, nous risquons une crise alimentaire. Aujourd’hui, on a peur d’aller dans les champs. Si on n’arrive pas à cultiver, où allons-nous trouver des provisions pour nourrir nos enfants, nos épouses, nos familles ?’’.

 

 

Au centre de la gestion administrative de la région, le président du conseil régional du Bounkani, Hien Philippe Mohamed, tout en confirmant les propos du chef Noufé, y rajoutait : ‘’L’école du village de Togolokaye s’est vidé depuis de ses élèves. Les deux enseignants chargés de dispenser le savoir aux apprenants ont pris la poudre d’escampette quand les armes se sont tues momentanément, suite au combat intense entre terroristes et éléments des forces républicaines ivoiriennes. Les élèves sont aujourd’hui sacrifiés sur l’autel des djihadistes. L’école n’existe donc plus là-bas’’.

 

D’ailleurs, indiquait-t-il, à en croire le confrère, ‘’les travaux de construction de salles de classe dans un autre village, ont été arrêtés, car la zone est devenue dangereuse… Aucun ouvrier n’accepte de se rendre dans cette zone chaude quel que soit ce que vous lui proposez’’.

 

Une situation qui a même empêché la tenue des examens du CEPE et de l’entrée en sixième à Téhini. Pour rappel, cette tragédie sécuritaire se déroule en Côte d’Ivoire. Pourtant, à y faire un tour dans la capitale économique, Abidjan, on aurait même du mal à croire que la menace terroriste est aussi vivace dans ce pays.

 

Le Bounkani l’expérimente déjà. En partie certes, mais avec tout de même des raisons légitimes de s’inquiéter vu ce qui se passe à Téhini et dans ses environs, où les assaillants semblent avoir établi leur repaire.

 

Dans le même pays, les populations en fonction de leur situation de vie, sont astreintes à des préoccupations différentes. A Abidjan, on se préoccupe plutôt des mutations politiques en cours en se passionnant autour des coups d’éclats des grands leaders politiques.

 

L’impression de quiétude absolue permet même de songer à la présidentielle de 2025, bien que l’on soit chronologiquement à 4 ans de l’organisation de ce scrutin. Au même moment, dans le Bounkani, on cherche plutôt à fuir le cauchemar que vivent déjà des millions de civils au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

 

Les réalités changent de façon saisissante d’un endroit à un autre. Et pour se rendre compte que la menace est réelle, il suffit de parcourir plus de 500 Kms vers le nord-est pour prendre le pouls de l’inquiétude des populations locales.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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