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Élection présidentielle en Lybie/ Vers le retour d'un Kadhafi ?

Le 24 décembre prochain, se tiendra le premier tour de l'élection présidentielle en Lybie, dix ans après la chute du colonel Kadhafi. Une élection qui doit mettre fin à la spirale de violence dans laquelle la Libye s'est installée en 2011, à la suite de l'assassinat du guide libyen qui régnait alors sur le pays depuis 1969. Et ce, en application des accords d'Abou Dhabi signés en février 2019 entre le gouvernement d'union nationale et le Maréchal Khalifa Haftar qui a échoué dans ses différentes tentatives de renverser ce gouvernement.

Cette élection est donc cruciale pour la Libye qui doit correctement négocier ce dangereux virage pour remplacer Mohammed El-Menfi, l'actuel président du conseil présidentiel installé à Tripoli. Et de tous les candidats en lice, le nom le plus évocateur reste Seif Al-Islam Kadhafi du Front populaire de libération de la Libye. Le fils cadet de l'autre. Le plus médiatisé, du reste. Devant un Khalifa Haftar dont l'entêtement et les soutiens ont fini par exaspérer les occidentaux et, une kyrielle d'indépendant dont les différents profils peuvent faire penser à des liens avec certains acteurs envahissants de la deuxième guerre libyenne tels que la Russie et la Turquie. Seif Kadhafi ne pourrait il pas être le moindre mal pour les faiseurs de roi occidentaux ? En tout cas les mots dans la presse occidentale le concernant ont évolué. Ils sont de moins en moins accablants voire admiratifs. Reuters et AFP qualifient, en effet, "d'expéditif" le procès de sa condamnation à mort, après sa capture en 2011 par un groupe armé alors qu'il fuyait vers le Tchad. Pourtant, il y a quelques années il était encore sur la longue liste du procureur de la CPI pour crime contre l'humanité.

C'est d'ailleurs Le New York Times qui l'interroge pour la première fois depuis sa cachette, en juillet 2021. Interview au cours de laquelle il fait cas, en exclusivité de ses ambitions politiques. "L'heure est venue d'un retour du passé. Le pays est à genoux, il n'y a pas d'argent, pas de sécurité, pas de vie." Une déclaration qui motivait déjà le dépôt effectif de sa candidature le 14 novembre dernier annoncé en boucle par les chaines d'informations continues et les dépêches.

Dans tous les cas, Seif Kadhafi a le profil que les États Unis et l'Europe occidentale affectionnent. Il a fait les études à Vienne et à Londres, de grande capitales de formatage. Il a également la réputation d'avoir proposé un projet de modernisation de la Libye sous le règne de son père alors que les organisations des droits de l'homme se montraient de plus en plus acerbes à l'égard du guide de la Jamahiriya. Ils aiment aussi ce genre de "fils de chef". Peut-être le retour d'un Kadhafi ?

Emmanuel Fofana

Content created and supplied by: Emmanuelfofana (via Opera News )

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