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Bombardement de Bouaké : l'attitude bizarre de Macron avec les enfants d'un soldat français tué

L’actuel président français Emmanuel Macron aime bien se poser en diseur de vérités en ce qui concerne les dossiers noirs hérités du passé colonial et néocolonial de son pays. Sur la guerre d’Algérie, le Rwanda et même le renversement de Kadhafi en Libye, il affecte de prendre ses distances avec ses prédécesseurs.

Mais il y a un sujet sur lequel son attitude est plus que curieuse : c’est celle du bombardement de Bouaké de novembre 2004. On se souvient que des mercenaires travaillant pour un ancien gendarme français, Robert Montoya, et “loués” à l’armée ivoirienne, avaient bombardé une base-vie de l’armée française à Bouaké, lors d'une opération destinée à en finir avec une rébellion par ailleurs "appréciée" par la France. Ce qui avait causé la mort de neuf soldats hexagonaux et d’un civil américain, et entraîné de nombreuses conséquences dont une sorte de tentative de coup d’État contre Gbagbo et aussi le massacre de l’hôtel Ivoire au cours duquel les soldats de Jacques Chirac ont tué des dizaines de jeunes ivoiriens.

En ce moment, le procès des auteurs de ce bombardement se tient à la Cour d’assises de Paris, un peu moins de 17 ans après les faits, en l’absence des coupables présumés, que la France a laissé filer après les avoir arrêtés. Insulte aux morts : Michèle Alliot-Marie, qui fait partie des responsables politiques de cette tragédie, a refusé de témoigner. Sans conséquences.

Invités dans A l’air libre, l’émission de la webTV de Mediapart, journal en ligne d’investigation basé à Paris, Alexia et Maxence Capdeville, les enfants d’un des soldats morts à Bouaké, sont venus exprimer leur peine et leur incompréhension face à l’indifférence de l’État français. Et notamment face à l’attitude d’Emmanuel Macron.

Un Emmanuel Macron qu’ils avaient rencontré le 11 novembre 2019, à une cérémonie commémorant la fin de la première Guerre mondiale. “On a pu échanger quelques mots avec lui en lui disant qui on était. Il a eu forcément de l’empathie”, se souvient Alexia Capdeville. Et pourtant. Un peu plus d’un mois plus tard, il se rend à Bouaké poser une stèle en hommage aux militaires français qui y sont morts, donc à leur père. Sans eux, et sans les informer de son initiative. Vous avez dit bizarre ?

“Pourquoi il ne nous l’a pas dit ? Il devait le savoir”, s’écrie dans un sanglot Alexia Capdeville, à propos de l’endroit qui représente “le dernier souffle de mon père”. “Je trouve ça regrettable”.

Sur la manifestation de la vérité au sujet de cette affaire, Macron s’en tient à la même ligne de conduite que son prédécesseur François Hollande. En gros, “il ne m’appartient pas de me prononcer sur des faits qui relèvent d’une enquête judiciaire qui poursuit son travail”. “A croire qu’ils se passent tous les uns après les autres ce secret”, soupire Alexia Capdeville. Bouaké, le secret le plus inavouable de la Françafrique ? Peut-être bien.


Théophile Kouamouo

Content created and supplied by: ThéophileKouamouo (via Opera News )

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