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Procès du bombardement de Bouaké en 2004 La France face à son miroir

Le procès ne serait jamais ouvert si parmi les victimes, il n’y avait pas de citoyens français. Or, malheureusement c’est le cas. La France, selon la version officielle, a donné l’ordre de relâcher les pilotes Biélorusses aux commandes des Soukoi qui ont bombardé le cantonnement français du lycée Descartes, eux qui sont censés détenir la vérité sur le bombardement. Mais pourquoi et qui a donné cet ordre ?

Feu Jacques Chirac alors président de la république française, Jean-Pierre Raffarin ancien premier ministre, Michel Barnier ministre des affaires étrangères, Dominique Galouzeau de Villepin ministre de l’intérieur et Michèle Alliot-Marie ministre de la défense. Voilà les principaux acteurs de l’affaire ‘’le bombardement de Bouaké’’. Décédé voilà un an, le 26 septembre 2019, Jacques Chirac n’est plus là pour éclairer l’opinion sur sa participation à ce que Me Jean Balan, l’avocat de la famille des victimes françaises a qualifié de « manipulation française ». « Les autorités françaises du gouvernement de l'époque ont absolument tout fait, de manière concertée, organisée, et c'est pas moi qui le dis, c'est la juge d'instruction, pour que l'enquête judiciaire ne puisse pas prospérer depuis 2004, et ça a continué par la suite. Ce que je démontre c'est qu'ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil. » Analyse l’avocat de la majorité des parties civiles. Tout le monde attend que Jean-Pierre Raffarin, Michel Barnier, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie passent à la barre pour lui porter la contradiction. Mais quoiqu’on dise, ce procès ouvert à Paris le lundi 29 mars pour trois semaines, sans les principaux témoins que sont les trois pilotes Biélorusses, est celui de la France. C'est la France qui se retrouve face à son miroir, obligée de se regarder. Le fait que les anciennes autorités, aient trainés les pieds avant de l’ouvrir et le fait qu’elles aient empêché que la vérité éclate, font de ce procès, celui de la France colonialiste et impérialiste. C’est la France qui est en jugement contre elle-même pour ses crimes commis dans son ex-colonie, la Côte d’Ivoire. Pour comprendre les faits, faisons un retour en arrière.

Profitant du stratagème de la ruse et de la perfidie, la France avait profité du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 qui se muera en rébellion du nord, pour officiellement prendre pieds militairement en Côte d’Ivoire. Pays avec lequel elle un Accord militaire qui met en lumière l’intervention française aux côtés des institutions ivoiriennes face à une agression étrangère. La preuve que les assaillants venaient du Burkina Faso était fortement établie, mais la France refusa d’actionner l’Accord de coopération militaire. Mien au contraire, au prétexte d’une zone tampon qui séparait les forces gouvernementales au sud et les factions rebelles au centre, nord et ouest dite zone CNO, la France alors dirigée par Jacques Chirac s’impatientait de prendre le pouvoir incarné par le souverainiste Laurent Gbagbo moins conciliant et peu coopératif aux intérêts français, pour le rendre aux forces rebelles qui soutiennent l’opposant Alassane Ouattara mais dirigées officiellement par Guillaume Soro alors Secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) qui deviendra les Forces nouvelles. Deux ans après le coup manqué, la France décide de jeter le masque pour entrer violemment en guerre contre la Côte d’Ivoire. Sans aucune déclaration de guerre officielle. Les faits.

Le 6 novembre 2004 à 13 h 15, deux aéronefs de guerre de marque Soukhoï Su-25 de l'armée de l'air ivoirienne détruisent les positions rebelles. C’est la débandade et la panique dans le camp rebelle. Si jamais la rébellion est défaite par l’armée régulière sous le commandement du président Laurent Gbagbo ce serait le début de la grande désillusion, mais aussi la fin du chantage de la France contre son ancienne colonie qui lutte pour sa souveraineté. La victoire ivoirienne est synonyme d’indépendance totale et servirait d’exemple à suivre par les autres pays ex-colonies de l’Afrique de l’ouest et du centre. Jacques Chirac prend prétexte le bombardement du camp militaire français de Bouaké en Côte d’Ivoire, qui avait fait dix morts (neuf soldats français et un civil américain), pour entrer officiellement en guerre contre la Côte d’Ivoire. De ‘’forces impartiales’’ sous le couvert de l’Onu, l’opération Licorne de l’armée française devient forces protagonistes.

La France avait réussi à embobiner la diplomatie internationale pour s’inféoder l’Organisation des Nations Unies (ONU). Sous le couvert des Nations Unies donc la France détruit tue environs 85 civils ivoiriens qui manifestaient les mains nues devant l’hôtel Ivoire. Pendant ce temps une colonne de chars et blindés de l’armée française se dirigent vers la résidence officielle du président Laurent Gbagbo. Visiblement, la Côte d’Ivoire cour le risque d’un coup d’Etat, cette fois-ci à l’initiative ouverte de la France. Les acteurs clé de cette mascarade impérialiste qui a tourné au vinaigre sont feu Jacques Chirac alors président de la république française, Michel Barnier, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie. Ces personnages et principaux acteurs de la tragédie étaient au moment des faits, respectivement ministre des affaires étrangères, ministre de l’intérieur et ministre de la défense. Le premier est décédé mais les trois derniers sont encore en vie. Dix-sept ans après le procès du bombardement de Bouaké s’ouvre. La grande question est : pourquoi n’ont-ils pas accepté l’arrestation des pilotes Biélorusses Soukhoï Su-25 de l'armée de l'air ivoirienne ? Etant donné que lesdits pilotes ont été arrêtés au Togo par les autorités de ce pays qui ont demandé à la France ce qu’il fallait faire d’eux.

Outre Me Jean Balan, l’avocat de la famille des militaires française tués dans le bombardement du lycée Descartes de Bouaké, d’autres considèrent qu’il y a eu de gros mensonges et ils exigent « la vérité » aux ministres de l’époque. La juge d'instruction Sabine Khéris n’est pas loin de cette assertion. Pour elle s’il n’existe pas « d'éléments permettant de mettre en cause les hautes autorités de l’État […] tout a été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement ». Raconte-telle dans son ordonnance de février 2016. Les autres avocats restent sur la version d’une responsabilité ivoirienne, mais sur cet épisode togolais, ils demandent la « vérité » aux ministres. Quoi qu’il en soit, dans son ordonnance de février 2016, la juge d'instruction Sabine Khéris a estimé que s’il n’existe pas « d'éléments permettant de mettre en cause les hautes autorités de l’État […] tout a été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement ». Autre témoignage accablant, celui fait fin mars par l’ancien ministre de l’intérieur du Togo. Il a déclaré qu’à l’issue des enquêtes des audiences préliminaires, que ses interlocuteurs de l’époque, lui ont confié « avoir reçu l’ordre de ne rien faire », et que « Paris n’était pas intéressé par ces Biélorusses ». L’ancien ministre togolais va plus loin pour dire l’ambassadeur, les attachés Défense et Sécurité intérieure, tout comme l'agent des renseignements français ont effectivement dit avoir reçu pour consigne de « ne pas se mêler » de cette affaire, ou pas de consigne du tout. Comme on le voit, que ce soit Jean-Pierre Raffarin ancien premier ministre, Michel Barnier ministre des affaires étrangères, Dominique Galouzeau de Villepin ministre de l’intérieur et Michèle Alliot-Marie ex-ministre de la défense, personne ne veut assumer la responsabilité des tueries consécutives au bombardement de Bouaké.

Haity

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