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Procès Amadé Ourémi, procès du bombardement de Bouaké- Kabran Appiah : ''c’est de la comédie''

Les procès de l’ex-seigneur de guerre Burkinabé, Ouédraogo Rémi dit Amadé Ourémi en Côte d’Ivoire et celui du bombardement d’une base française à Bouaké n’ont pas permis l’éclatement de la vérité selon Kabran Appiah. L’ex-ministre des transports sous Gbagbo, par ailleurs président du parti, La Ligue des Mouvements pour le Progrès (LMP) donne son avis au cours d’un entretien exclusif qu’il nous a accordé mercredi 21 avril 2021.

L' ex-chef rebelle burkinabé Ouédraogo Rémi dit Amadé Ourémi a été condamné à l’emprisonnement à vie pour les massacres de Duékoué alors qu’il n’a cessé de citer des commandants de zone rebelle proches d’Alassane Ouattara. La comparution de ces commandants n’aurait-elle pas permis l’éclatement de la vérité ?

C’est de la comédie. C’est comme les condamnations qui ont été faites en France dans le procès du bombardement de Bouaké. On a condamné des fantômes. On les a d’autant mieux condamnés qu’on espère que cette condamnation va empêcher d’aller chercher les vrais commanditaires, les donneurs d’ordre. Amadé Ourémi n’est pas venu en Côte d’Ivoire pour faire la guerre. Il était là.

On est allé le chercher, on l’a payé pour faire la guerre et on l’a commandé au front. Qui a fait cela ? Quelle est la chaîne de commandement de laquelle dépendait cet homme qui a commis tant de crimes ? Est-il le seul à avoir commis ces crimes ? Les crimes existent bel et bien. Mais Amadé Ourémi ne peut pas avoir été partout à la fois. Le condamner oui, mais tant qu’on n’a pas mis les vrais commanditaires devant la justice, pour moi, c’est une parodie.

Est-il normal que pour un tel procès, des personnes impliquées et citées par le prévenu comme commanditaire ne comparaissent pas ?

Ce n’est pas normal du tout. Je vous le dis en tant qu’avocat. Mes confrères ont demandé la comparution de certaines personnes, ils n’ont pas eu l’accès. C’est comme tous ces procès qui ont eu lieu. Les gens ne se rendent pas compte du ridicule. Il y a un minimum d’habillage même si on veut obtenir certains résultats. Ce que les anglophones appellent le ‘‘due process of law’’. On soulève les exceptions, ils disent non. On ne peut pas à la fin se prémunir contre la critique juste que c’est une parodie de justice.

N’est-ce pas là la promotion de l’impunité qui se poursuit ?

Bien sûr. Maintenant on voit que l’impunité va jusqu’en Europe. Nous espérons que les vrais commanditaires des évènements de novembre 2004 qui ont occasionné tant de morts en Côte d’Ivoire seront traduits un jour en Justice. C’est un dossier sur lequel j’ai eu à travailler personnellement. Les jeunes qui sont morts sur le pont, l’hôtel Ivoire, on ne va pas laisser cela impuni. Il faut bien que les gens soient responsables de leurs actes à moins de décréter une amnistie mondiale. Condamner des fantômes en France, Amadé Ourémi en Côte d’Ivoire, c’est la même chose et ce sont les mêmes acteurs d’ailleurs. Il y a une synchronisation parfaite comme si on voulait empêcher les gens de chercher la vérité. Mais on ne peut pas empêcher la vérité de l’histoire.

Propos recueillis par Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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