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Fin du procès de Bouaké: Que fait-t-on des 67 victimes Ivoiriennes ? La justice attendue !

A Paris, on en a fini avec ce dossier. Depuis ce 15 Avril, l'affaire du bombardement de Bouaké est close, du moins pour la France. Au terme d'un procès long de 3 semaines, la justice Française a rendu son verdict ce Jeudi, condamnant à la perpétuité, les trois auteurs présumés du raid du 06 Novembre 2004, sur un cantonnement de l'armée Française, dans la ville de Bouaké, fief de la rébellion, dans le centre de la Côte d'Ivoire.

16 ans après les faits, la France a soulagée sa conscience, mais pour les victimes Ivoiriennes, jamais l'intention d'un procès n'a été manifesté, ni à Abidjan, ni à Paris. Ce que les audiences de Paris ont omis, délibérément ou par la force des choses, c'est le sort des 67 victimes Ivoiriennes, officiellement recensées.

Le 06 Novembre, dès les premières heures de la destruction au sol par les soldats Français des aéronefs de l'aviation Ivoirienne, des milliers de civils s'étaient déportés vers la base militaire Française à Abidjan, au 43ème BIMA de Port-Boüet, pour protester contre l'action répressive de l'armée Française et exiger le départ de ses soldats du territoire Ivoirien.

S'en était suivie une première phase de répression avec des tirs à balles réelles et à coups de gaz lacrymogènes ou de bombes assourdissantes. Plus tard, dans la soirée de ce 06 Novembre, la mobilisation prit de l'ampleur dans les rues de la capitale économique Ivoirienne, à l'appel des leaders de la galaxie patriotique avec à leur tête, un certain, Charles Blé Goudé.

Cette fois, ce sont des centaines de milliers de personnes qui envahissent les rues et tentent de rallier le site du 43ème BIMA. L'armée Française riposte par des raids d'hélicoptères ou des tirs à balles réelles sur les manifestants qui tentent de franchir les deux ponts. Encore des victimes, tuées dans des conditions effroyables. Le 09 Novembre, nouvelle escalade dans ces heurts entre civils Ivoiriens aux mains nues et l'armée Française.

Sous les regards impuissants des soldats Ivoiriens comme depuis le début, les manifestants se font mitraillés en face de l'hôtel Ivoire, à Cocody, où s'étaient retranchés des escadrons de la Licorne. De nombreux civils perdirent encore la vie dans le massacre. Au final, l'état Ivoirien déclara 67 morts, sans que l'on ne puisse vraiment attester de la crédibilité de ces chiffres.

Pour les familles de ces victimes Ivoiriennes, beaucoup plus importantes numériquement que les 9 victimes Françaises, de surcroît des soldats sur le théâtre d'opérations, aucune justice rendue. Même pas une parodie de procès pour que la mémoire s'en souvienne. Depuis 16 ans, on n'en parle plus. On évite soigneusement de ramener ce dossier à la surface. Ni l'ancien régime de Laurent Gbagbo, ni celui d'Alassane Ouattara, n'ont pour l'heure, trouvés nécessaire de mettre les protagonistes de cette crise lapidaire devant leurs responsabilités.

Elles, ces victimes décédés, et leurs familles, n'ont pas droit à la justice. Les blessés qui portent à jamais dans leurs chairs, les stigmates de ces violences armées, en ont eu de la chance. Pourquoi ces familles de victimes n'ont-t-elles pas droit aux mêmes égards que celles qui réclament justice à 6000 Kms plus au nord?

Les conditions pour la tenue d'un procès limpide sont pourtant réunies. La plupart des témoins clés sont encore vivants. Et la vérité attend d'être manifestée, ne serait-ce que pour soulager les familles des victimes.

Pour la France, le dossier est clos. Mais, pour la Côte d'Ivoire, un déni conscient des faits serait sans un violent coup de poignard, porté à l'histoire.

Et, ni la France, encore moins l'état de Côte d'Ivoire ne devrait se permettre de priver les familles de ce droit légitime.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

france paris

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