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Massacre des gendarmes d’Inata : Roch Kaboré très remonté, rejette le rapport et fixe un autre délai

Depuis le début de l’invasion des cellules djihadistes dans le nord du Burkina Faso en 2016, jamais les forces de défense et de sécurité n’avaient été aussi meurtries et éprouvées en une seule attaque. L’émotion et la colère étaient vives aussi bien au sein des populations que dans les casernes après l’attaque du poste de gendarmerie d’Inata, survenue le dimanche 14 novembre.

Cette attaque aurait été menée selon des sources sécuritaires burkinabè par des terroristes se réclamant d’Ansaroul Islam, un groupe terroriste affilié au Groupe de Soutien de l’Islam et des Musulmans qui est lui aussi lié à Al-Qaida. L’attaque s’était soldée par un lourd bilan : 53 morts dont 49 gendarmes et 4 civils, un bilan revu à la hausse plus tard par le gouvernement burkinabé.

Aux lendemains de cette attaque, la colère était montée d’un cran quand les langues ont commencé à se délier. Ces hommes en armes auraient été massacrés par les terroristes alors qu’ils avaient le ventre vide car manquant cruellement d’approvisionnement et ce depuis deux semaines. A l’origine de cette situation des dysfonctionnements dans la chaine de commandement militaire.

Il n’en fallait pas plus pour soulever l’ire générale dans le pays. Par milliers, les manifestants descendront dans les rues à travers le pays pour protester et exiger  la démission d’un « gouvernement jugé incapable d’enrayer le terrorisme ». Les plus irréductibles iront jusqu’à exiger le départ du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, pourtant réélu seulement fin 2020. En quelques heures, la République va tanguer. Après ces heures chaudes, la réaction de Roch Kaboré ne se fait pas attendre. Il renouvellera quelques responsables à la tête de certaines unités d’élite faisant la part belle aux jeunes pour certainement calmer la colère qui montait dans les casernes contre la hiérarchie militaire. Ces mesures conservatoires ont été prises en attendant un rapport complet de l’Inspection Générale des Armées.

C’est justement ce rapport qui lui a été remis récemment et qu’il va rejeter en bloc. Pour Roch Kaboré, ce rapport présente beaucoup de zones d’ombres car il ne « présente pas assez d'éléments pour situer les responsabilités des uns et des autres, dans la chaîne de commandement »  a précisé le quotidien burkinabé Sidwaya dans sa parution d’hier lundi 6 décembre 2021. En rejetant le contenu de ce rapport, le Président du Faso désavoue publiquement la hiérarchie militaire qui du coup pourrait profondément se discréditer sur cette affaire. Les hauts gradés de l’armée cherchent-ils à se protéger entre eux en occultant sciemment le vrai déroulé des faits ? Le rejet de ce rapport par le Président Kaboré n’est-il pas le signe que son contenu est loin de la vérité ? Le commandement militaire refuse t-il de se faire hara kiri ?

Le Président du Faso a donc renvoyé l’Inspection Générale des Armées à sa copie et l’a sommée de présenter un rapport cette fois-ci plus réaliste et ce, au plus tard le 13 décembre 2021 précise Sidwaya. Saura-t-on au terme de ce second rapport la vérité sur les dysfonctionnements dans la chaine de commandement ayant entrainé le massacre de plusieurs dizaines de gendarmes ? Espérons-le pour le respect de la mémoire de ces hommes morts pour leur pays et surtout pour les membres de leurs familles respectives.

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

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