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Le père Jean-Claude Djereké : "Je comprends que Laurent Gbagbo n’ait pas dit merci à Ouattara"

Auteur du livre "Les hommes d'Eglise et le pouvoir politique en Afrique noire - L'exemple de Mgr Bernard Yago (Côte d'Ivoire)", le père Jean-Claude Djereké, prêtre du diocèse de Gagnao, a livré une contribution, dans le journal Le Nouveau Réveil, de ce vendredi 16 juillet 2021, relative au retour de l'ex-président Laurent Gbagbo.

"Je comprends que Laurent Gbagbo n’ait pas dit merci à Ouattara pour le pavillon présidentiel, pavillon qu’il refusa du reste, ce que l’on peut interpréter comme une prise de distance avec ceux qui ont jugé bon de remercier Ouattara", a-t-il déclaré.

Alors que la polémique sur le refus de remerciements de l'ex-acquitté de la CPI, revenu au pays, le jeudi 17 juin, Jean-Claude Djereké estime que "Le merci de Laurent Gbagbo à Konan Bédié et celui de Simone/Assoa Adou à Dramane Ouattara n’ont pas la même valeur pour une raison simple : Gbagbo a lui-même dit merci à Bédié et à son épouse parce que le couple est venu le voir à Bruxelles tandis que les autres ont remercié Ouattara au nom de Gbagbo (et peut-être contre son gré)".



"Pour justifier le merci de Simone et d’Assoa Adou à Ouattara, certains soutiennent qu’un patron qui nous a payés pour une tâche accomplie mérite quand même qu’on le remercie. Je ne partage pas cette vision des choses car, à cette allure, il faudrait remercier le président de la République si des écoles, routes, ponts et dispensaires sont construits ici et là dans le pays", souligne le prêtre catholique qui s'invite très souvent dans le débat politique ivoirien.

"Or non seulement ledit président est élu pour fournir aux populations ces commodités mais il ne travaille pas gratuitement. Je ne suis pas contre les remerciements. Je plaide uniquement pour que les remerciements soient adressés aux personnes qui les méritent. Dire merci à un individu qui, en plus d’avoir quitté le pays, a interdit au ministre de la Réconciliation d’accueillir Laurent Gbagbo me semble à la fois indécent et indigne", a-t-il argumenté.

En définitive, Jean-Claude Djereké estime que "La réconciliation n’exige pas que l’on se ridiculise et se déculotte à ce point. Elle n’exige pas non plus que l’on se montre incohérent en appelant “chef de l’État” ou “président” une personne dont le 3e mandat est jugé illégal".

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