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Abidjan: les conducteurs de tricycles se frottent les mains, les chauffeurs de taxis pleurent

Photos Archives/ Les conducteurs des tricycles ne font pas l'affaire des chauffeurs de woro woro

Ils sont des centaines, ces conducteurs de tricycles à avoir envahi les communes d'Abidjan et sa périphérie pour un commerce qui s'apparente à une concurrence déloyale aux chauffeurs de taxis communaux appelés communément woro woro. 

Sur le terrain, les conducteurs se disputent le marché de services avec les chauffeurs de voitures. Là où les usagers des voitures devraient payer cher, ils payent moins chez ces engins à trois roues qui n'offrent pas très souvent la sécurité à leurs utilisateurs ou emprunteurs. 

Dans les communes de Yopougon, Abobo, Attecoube, Anyama, Port Bouet et bien d'autres communes, c'est vraiment " la guerre" entre ces deux familles de transporteurs. Leurs premiers utilisateurs sont surtout les commerçants qui ne demandent pratiquement plus les services des chauffeurs de woro woro pour convoyer leurs marchandises. Ils préfèrent plutôt les tricycles qui transportent beaucoup de bagages à moindre coût. Ce qui irrite par moments les chauffeurs des véhicules qui, pourtant payent des taxes élevées que ces derniers, dans l'exercice de leurs activités.

Issouf, chauffeur de taxi communal dans la commune de Yopougon ne cache pas sa colère. Il s'en prend aux autorités communales qu'il accuse de complicité :

" Ce qu'on paie à la mairie comme taxe est trop élevée et on laisse ces tricycles nous faire de la concurrence sur le terrain. Ce n'est pas normal. Pourquoi on ne les empêche pas pour que nous puissions gagner? Nous, on sait que certains agents municipaux sont derrière cette affaire. Beaucoup d'entre eux investissent dans ce business de tricycles qui ont envahi nos communes" s'est-il plaint.

Pour ce qu'on sait, depuis quelques temps, ces conducteurs des tricycles sont constamment l'objet de contrôle sur nos routes. Il leur est aussi exigés des pièces et payent des taxes. Mais pour les conducteurs de taxis, cela ne suffit pas parce qu'ils sont les grands perdants depuis qu'est né ce phénomène de tricycles qui exposent leurs usagers à beaucoup de réels risques. 

En effet, sans casques protecteurs ni chez les conducteurs, ni chez les commerçants qui les empruntent, ils roulent à vive allure sur des voies dégradées, et les conséquences sont parfois désastreuses. Ce sont souvent des accidents qui sont signalés . Selon Oumar, chauffeur de tricycle à Attecoube, l'on devait les considérer au même titre que les chauffeurs de woro woro: 

" Il ne faut pas que les gens nous confondent avec les motocyclistes même si notre engin à l'allure d'une moto. D'abord, on paye nos taxes à la mairie, et puis on rend service à la population. Nous sommes moins chers, on fait du social. La seule chose qu'on peut peut-être nous exiger c'est de se protéger avec un casque et protéger le commerçant qu'on transporte. On y pense, mais laissez-nous faire notre travail d'abord. C'est dedans qu'on gagne notre pain" a plaidé ce jeune chauffeur.

Retenons qu'entre chauffeurs de woro woro et de tricycles, c'est une vraie bataille qui est engagée sur le terrain. Seuls les plus durs gagnent.

José TETI

Content created and supplied by: Jose_Teti (via Opera News )

Abidjan

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