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La polygamie en Côte d'Ivoire : un enjeu problematisé

La validité et la réception de l'union

polygamique par l'ordre juridique

ivoirienne : une question théorique

controversée.Le phénomène social de la polygamie soulève un ensemble d'interrogations sur la capacité d'un État de droit à gérer, tout en respectant les principes démocratiques, la présence d'institutions étrangères. Dans l'expérience juridique ivoirienne, les situations de polygamie ne sont pas nouvelles. La politique coloniale préservant « les statuts locaux »,« les coutumes », reconnaissait (sans doute pour des raisons d'opportunité politique) le mariage polygamique. Les pays anciennement colonisés ou sous protectorat, devenus États indépendants.

La polygamie, un phénomène difficile à appréhender.

Le droit ivoirienne ne permet pas de se marier avec plusieurs partenaires. Que connaît-on de cette pratique ? Combien de familles sont concernées ? Que dit la loi ? Le point sur la situation.

La polygamie est un délit constitué s'il est prouvé qu'une personne s'est mariée civilement alors qu'un premier mariage, enregistré par un officier d'état-civil, était toujours en cours. Les éventuels mariages religieux ne peuvent pas être pris en compte pour accréditer l'accusation de polygamie. En ivoirienne, le mariage religieux n'est pas reconnu. De la même manière, le fait de vivre avec plusieurs femmes sans être marié avec elles n'est pas répréhensible par la loi.


Une justice au service de l'adultère.

La réforme annoncée sur la filiation : L’homme pourra en effet reconnaître son enfant né de l’adultère non plus après le consentement de son épouse légitime, mais après une simple notification de celle-ci par un acte d’un commissaire de justice.

L’on est tenté de se demander à quoi répond la notification de l’épouse par un huissier avant que l’époux ne reconnaisse son enfant adultérin, puisque l’avis de cette femme ne compte pas. Pour son dédommagement ? Ou pour toutes autres compensations ? Ou encore pour tout autre règlement par rapport aux enfants légitimes ? Rien ne le dit. Une chose est sûre, on a l’impression que des services de la justice sont mis à la disposition d’un acte immoral, l’adultère. Le pire, on dénue à l’épouse légitime le droit de protester contre l’immoralité de son époux.

On lui offre sournoisement le choix entre le divorce et une certaine vie conjugale. Elle peut en effet demander la séparation en raison de l’infidélité de son époux. Cependant en dehors de la vie maritale une femme est non seulement mal vue dans la société ivoirienne, mais elle paraît non plus n’avoir aucune existence. Endurer les infidélités de l’homme ou accepter d’être marginalisée. Telle est la position de l’épouse qui finalement semble se trouver entre le marteau et l’enclume.


Une réforme qui fait une part belle à la polygamie.

La réforme annoncée sur la filiation donne ainsi implicitement un statut légal aux multiples mariages contractés soit de façon traditionnelle soit suivant certaines religions. On donne ainsi en Côte d’Ivoire l’impression de faire de l’adultère une vertue, sinon d’en être indifférent, alors que la loi la considère comme un motif de divorce.

Finalement l’intérêt de l’enfant né hors mariage qui paraît la raison pour laquelle ces reformes de la loi sur la filiation sont annoncées n’en serait pas la cause réelle. La situation de ce rejeton paraît simplement manipulée en vue d’accorder plus de crédit à la polygamie. Ce dessein inavoué met en danger l’institution familiale et constitue à long terme un facteur de désordre social et public.Ce que dit pourtant vouloir éviter le gouvernement en engageant ces reformes...


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Content created and supplied by: DembeleJoshua (via Opera News )

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