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Max Henri Diai : "Tant qu'il y aura des coups d'Etat constitutionnels il y aura des coups d'État"

Lors d’un entretien qu’il nous a accordé ce mardi 07 septembre 2021, Max Henri Diai, secrétaire général adjoint de l’Union Républicaine pour la Démocratie (URD) dresse le bilan de sa participation aux législatives 2021. Membre de la Direction et du Bureau Politique, Max Henri Diai évoque un large éventail de sujets, du futur parti politique de Gbagbo, au coup d’Etat en Guinée, en passant par la réconciliation nationale et la nomination des ministres gouverneurs.

1. Quel bilan faites-vous de votre candidature aux législatives 2021 ?

D'abord il faut dire que les élections législatives de mars 2021 en Côte d'Ivoire ont été organisées dans la précipitation. L'opposition n'a même pas eu le temps de panser les plaies des victimes et d'enterrer ses morts de la crise du refus du troisième mandat présidentiel que Ouattara nous met en face d'une autre compétition électorale. Nous n'avons pas eu assez de temps pour accorder nos violons afin de présenter des candidatures uniques de l'opposition dans plusieurs départements, et cette impréparation a donné des victoires par défaut à certains candidats du RHDP. Notre bilan des législatives à Toulépleu est positif à mon avis. N'étant pas très connu dans tout le département à l'époque, nous avons pu gagner dans plusieurs bureaux de vote et dans deux villages, notamment à Diaibly, mon village natal et à Bohibly. Pour une première candidature dans le département, nous avons été 4ème sur 6 candidats. Il faut aussi reconnaître que l'opposition a été divisée. Ce qui a dispersé les voix de nos électeurs entre 3 candidats. Le cumul des voix des candidats de l'opposition est supérieur aux voix du candidat qui a gagné.

C'est dommage! Nous aurions pu accorder nos violons que l'on ne parlerait plus du RHDP à Toulépleu. Nous avons perdu, face à un parti politique au pouvoir prépotent, envahissant et menaçant qui distribue énormément l'argent des contribuables aux populations. Nous avons malheureusement constaté que la politique à Toulépleu est devenue dorénavant une affaire d'argent et de corruption à tous les niveaux, c'est triste. Notre combat est de changer cette mentalité instaurée de force à nos parents et de revenir aux valeurs d'engagement politique, de vision de développement, d'appartenance, d'adhésion et de rattachement.

2. Laurent Gbagbo appelle certains partis politiques à intégrer sa nouvelle formation politique ? Quelle est la position précise de l'URD ?

Cette question a été plusieurs fois posée à Madame Danièle BONI-CLAVERIE Présidente de mon parti politique, qui a été claire dans sa réponse. L'URD a organisé une réunion de Direction pour statuer sur la question d'intégrer le nouveau parti politique du Président Laurent Gbagbo, la direction s'est prononcée et a convoqué un Bureau Politique pour arrêter une décision. Étant membre de la Direction du Parti et membre du Bureau Politique de l'URD je peux vous avouer que je connais déjà la tendance qui prévaut mais je laisse à ma Présidente la primeur de vous donner l'information une fois que le Bureau Politique aura pris sa décision.

3. Un coup d'Etat a été perpétré par l'armée Guinéenne contre le troisième mandat d'Alpha Condé ? Faut-il soutenir cette forme de prise de pouvoir ou soutenir des coups d'Etat constitutionnels ?

Moi je suis un démocrate, je suis contre toute forme de coup d'État. Mais il faut reconnaître que certains Chefs d'État suscitent eux-mêmes des coups d'État militaires à leur endroit. Le Président Alpha Condé était un bon opposant très démocrate qui prônait le panafricanisme, il donnait l'espoir à certaines populations Guinéennes. Mal élu en 2010, car il arrive en 2e position du premier tour de l'élection présidentielle en Guinée avec seulement 18% des voix, loin derrière l'ancien premier ministre Cellou Dalein DIALLO qui avait 43% des voix, cette 2e place a même été contestée par Sidya TOURÉ le candidat déclaré 3e par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) qui avait obtenu 13% des voix, et qui affirme que la junte militaire au pouvoir, dirigée à l'époque par Sekouba KONATE, avait permuté les résultats...

Un 2e tour qui devait avoir lieu 2 semaines après le premier tour a finalement eu lieu 4 mois plus tard, je dis bien 4 mois plus tard. Le 15 novembre 2010 le candidat qui n'avait que 18% des voix au 1er tour c'est à dire Alpha Condé, est déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par la CENI avec 52.52% des voix face à Cellou Dalein DIALLO 33.5% ce candidat qui avait 43% des voix et qui était en tête au premier tour. Il est réélu au 1er tour pour un second mandat lors de l'élection présidentielle en 2015. En tant que démocrate, le Président Alpha Condé devrait se retirer au terme de ce second et dernier mandat constitutionnel, mais hélas en septembre 2019 à New York, l'homme suggère l'organisation d'un référendum pour modifier la constitution Guinéenne et lui permettre ainsi de briguer un 3e mandat.

En réaction un vaste mouvement de contestation du peuple Guinéen guidé par le mouvement FNDC, fédérant les principaux partis de l'opposition ainsi que les plus importantes organisations de la société civile, se dressent contre cette initiative présidentielle. Contre vents et marées il se fait réélire le 18 octobre 2020 au premier tour avec 59.5% des voix. Nouvelle réaction de l'opposition et du peuple Guinéen dans les rues, Alpha Condé réprimande et fait arrêter les leaders. Colères et rancunes contre ce troisième mandat controversé.

Aujourd'hui, on connaît la suite...Comme je le disais tout à l'heure, je suis un démocrate et je suis contre toute forme de coups d'état mais je partage cette pensée de Mouhamadou Mounirou SY, docteur en droit public, lauréat de l'académie internationale de droit constitutionnel qui disait ceci : "Tant qu'il y aura des coups d'état constitutionnels il y aura des coups d'état militaires ".

4. Vous avez participé au dialogue direct avec le défunt ministre Hamed Bakayoko. La réconciliation en Côte d'Ivoire se réduit-elle au retour de Laurent Gbagbo ?

Il faut noter que le Premier Ministre Hamed Bakayoko était un patriote, un amoureux de la Côte d'Ivoire qui voulait à tout prix réussir par le dialogue Politique, la réconciliation nationale. Il était sur le bon chemin mais hélas DIEU en a décidé autrement.

Le Président GBAGBO est une pièce essentielle pour la réconciliation dans notre pays. Ils étaient 3 grands leaders avec 3 grandes formations politiques au début de cette crise qui divise les ivoiriens, il faut qu'ils soient les 3 réunis pour mettre un terme à cette division par la réconciliation nationale. C'est un devoir pour eux.

5. Partagez-vous la décision du Président Ouattara relative à la nomination des ministres gouverneurs ? N'est-ce pas une décision politique pour le RHDP en vue de quadriller le pays ?

La nomination des ministres gouverneurs de Districts autonomes vient à mon avis compléter la politique de développement local du gouvernement. Le travail du député et du président du conseil régional devront être supervisés, contrôlés et même complétés par celui du Ministre Gouverneur de district autonome. Le travail de cette nouvelle autorité vise à renforcer l'efficacité de l'action du gouvernement, il permettra de mettre en œuvre les projets de l'État dans les localités du pays avec une surveillance et une supervision plus accrues, n'est-ce pas ce que veulent les populations ?

 

Propos recueillis par Cyrille NAHIN

 

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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