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Loi sur l'homosexualité à l’Assemblée nationale: Elle n’était pas à l’ordre du jour

La suspicion plane, le peuple veille au grain

Une vue de l'hémicycle ivoirien où se joue le sort des homosexuels.

<< Depuis le 1er avril, jour d’ouverture de la session 2021 de l’Assemblée Nationale aucune loi n’a été adoptée jusqu’à aujourd’hui. Après l’élection du président, il faillait procéder à la mise en place des structures de l’Assemblée. C’est que nous venons de finir. C’est seulement le 15 juin dernier que nous avons adopté le premier calendrier de travail, qui part du 15 juin au 27 juillet 2021. Un certain nombre de lois seront examinées pendant cette période. Au nombre de ces lois, ne figure aucune loi qui porte directement sur l’homosexualité ou qui attrait à l’homosexualité >>. Avait tenté de rassurer au micro du confrère koaci.com, le mercredi 23 juin 2021, Konan Marius, Député Rhdp d’Attiégouakro et Lolobo, commune et Sous-préfecture de Yamoussoukro. Signe que la gronde ne fait que monter dans la pudique société ivoirienne, face à la suspicion croissante de la « légalisation de l’homosexualité en Côte d’Ivoire », par les Députés membres du Groupe parlementaire Rhdp majoritaire à l’Assemblée nationale. Hier mardi 30 novembre encore la rumeur était montée d’un cran faisant planer le doute sur la moralité des représentants du peuples. Rumeur selon laquelle, les députés du pouvoir Ouattara avaient « réintroduit en catimini » le groupe de mots « orientation sexuelle » dans l'article 226 de la loi n°2019-574 du 26 juin 2019, portant code pénal. Lequel article stipule : << Au sens de la présente section, est qualifié de : Discrimination, toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur l'origine nationale ou ethnique, la race, la couleur, l'ascendance, le sexe, la situation de famille, l'état de grossesse, l'apparence physique, la vulnérabilité résultant de la situation économique apparente ou connue, le patronyme, le lieu de résidence, l'état de santé, le handicap, es mœurs, l'orientation sexuelle, l'âge, les opinions politiques, religieuses ou philosophiques, les activités syndicales, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans les conditions d'égalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, sociale et culturel ou dans tout autre domaine de la vie... >> La violation de ce dispositif est censée rendre coupable de discrimination et donc de peine son auteur. Mais ce fut encore « une fausse alerte », puisque jusqu’à la fin d’après-midi les Ivoiriens continuaient de guetter le moindre « mouvement suspect » autour et dans la rotonde de l’hémicycle ivoirien à Abidjan-Plateau cœur des décisions politiques.

Les Députés du groupe parlementaire EDS.

Il faut rappeler que le jeudi 28 octobre, les députés de la commission des affaires générales et institutionnelles ont décidé à l’unanimité – opposition comme majorité – de retirer la mention « orientation sexuelle » du texte. Le vote de cette loi favorable aux homosexuels aurait été une <<abomination>> du point de vue religieux, infligée à la Côte d’Ivoire au moment où le Vatican refuse la bénédiction des unions homosexuelles, qualifiées de « péché ». En effet, le lundi 15 2021, le Vatican a réaffirmé la doctrine de l'Église catholique considérant l'homosexualité comme un « péché » et confirmé l'impossibilité pour les couples de même sexe de recevoir les sacrements du mariage, réservés à « l'union indissoluble entre un homme et une femme ». Sans vouloir lui prêter d’intention, il faut dire que la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara aurait été une exception en la matière. Car la plupart des pays africains protègent les bonnes mœurs et ont rejeté << ce péché >>, <<cet anathème>> contre l’ordre de la multiplication pour remplir la terre donné par le Créateur Lui-même. En Ouganda, le Parlement a adopté, au début de l'année une loi contre la «promotion» de l'homosexualité. Parallèlement, au Nigeria, le président a promulgué une loi du même type. Et il y a quelques semaines, un tribunal du nord de ce pays a condamné à 15 coups de fouet quatre hommes reconnus coupables d'homosexualité. Le parlement ghanéen s’est penché sur un texte qui criminalise l’homosexualité, déjà interdite, et pénalise le soutien aux personnes LGBT. Partout en Afrique, le rejet de l’homosexualité croît. Même dans les pays les plus tolérants.

Les Députés du groupe parlementaire du Pdci-Rda.

En Côte d’Ivoire il y a eu une levée de bouclier au sein de la classe politique et de la société civile. Pour le Groupe parlementaire EDS (opposition de gauche) << si cette loi est votée, elle entraînerait ipso facto la révision de celle relative au mariage dans un souci d'harmonisation. Dès lors, l'on assisterait désormais en Côte d'Ivoire à la célébration des mariages des homosexuels dans nos mairies et lieux dédiés à celà. >> C'est pourquoi, << le groupe parlementaire EDS, tout en réaffirmant son attachement aux valeurs de liberté et d'opinion et son engagement dans la lutte contre toute forme de discrimination, s'est opposé au vote de cette loi en commission et a demandé purement et simplement le retrait de l'expression "orientation sexuelle" >> Avait déclaré le Député de Hiré Dago Auguste le Porte-parole de ce groupe, sous les regards bienveillants de ses collègues Hubert Oulaye Député de Guiglo et président du groupe parlementaire EDS, Pr Georges Armand Ouégnin, Michel Gbagbo, Aké Akébié Marie, Zaya Berthe Eulalie tous députés de Yopougon, et Guéhi Lenas Député de Bangolo. Pareil pour le Groupe parlementaire Pdci-Rda. Dans une déclaration sur la loi portant l’homosexualité, lu le samedi 27 novembre dernier, << le Groupe parlementaire Pdci-Rda à l’Assemblée nationale invite la Nation ivoirienne dans toutes ses composantes, les Elus de tous les bords politiques, les Rois et Chefs coutumiers, les leaders de Communauté, les Chefs Religieux, la société civile et toutes les forces vives de la Côte d’Ivoire à s’unir pour faire barrage à cette énième tentative de légalisation de l’homosexualité dans notre pays ! >> Les dignitaires religieux sont entrés dans la danse de la contestation. Dans une déclaration, la Fédération des Églises évangéliques de Côte d'Ivoire et la Fédération des Églises Méthodistes ivoiriennes, ont ensemble, rejeté << toute tentative du gouvernement de légaliser l'homosexualité >> en Côte d'Ivoire car << La Famille est fondée entre un Homme et une Femme >>, ont-ils rappelé. Ces dignitaires religieux ont même martelé que << Personne ne peut et ne doit imposer l'homosexualité au peuple de Côte d’Ivoire, de même que les déviances ne peuvent et ne doivent être érigées en norme en Côte d’Ivoire >>. La suspicion continue de planer sur le régime Rhdp d’Alassane Ouattara et ses députés. Les Ivoiriens continuent de croiser les doigts. Le peuple veille au grain.

Haity

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