Sign in
Download Opera News App

 

 

Après ses propos à la Haye sur la résistance patriotique, Blé Goudé a-t-il fait marche arrière?

Face à la délégation du COJEP-France ce Samedi 18 Septembre, Charles Blé Goudé, président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP) affichait pattes blanches en ce qui concerne son discours au plus fort de la crise postélectorale de 2011, dans sa gestion des ‘’jeunes patriotes’’ qui étaient sous sa coupole.

 

Depuis la Haye où il recevait ses hôtes venus des différentes régions de l’Hexagone pour lui exprimer leur soutien, il déclarait : ‘’Ce n’est pas moi seul qui suis parti. Parce que souvent, j’entends les gens dire oui, Blé Goudé a fui. Nous tous on a fui, peut-être qu’il y’a un qui a fui avant l’autre, mais ce qui est sûr, nous tous là, on a fui. Et puis moi, je n’ai pas honte de dire que j’ai fui face à des armes. Je ne suis pas militaire. Les jeunes de Côte d’Ivoire, je n’ai jamais voulu faire d’eux une chair à canon. Le rôle d’une jeunesse civile, ce n’est pas de faire la guerre’’.

 

Ces déclarations de Blé Goudé se heurtent pourtant à la réalité des faits, lorsque l'on se souvient que lors d’un giga-meeting le Samedi 19 Mars 2011, il lançait cet appel : ‘’Je demande à tous les jeunes de Côte d’Ivoire qui se sentent aptes, qui sont prêts à mourir pour leur patrie, qui ne supportent plus l’humiliation que subit la Côte d’Ivoire, de se rendre dès lundi à 7h00 à l’état-major pour se faire enrôler dans l’armée afin de libérer la Côte d’Ivoire de ces bandits’’. Visiblement, le chef de file des jeunes patriotes, acculé par la pression militaire et diplomatique exercée par la rébellion et la communauté internationale, avait dans les dernières heures de la survie du régime Gbagbo, choisi l’option militaire qui lui semblait à ce moment critique, être la seule alternative face à l’ampleur de l’adversité.

Certes, pendant plus de 8 ans, Blé Goudé a organisé sa résistance autour des marches patriotiques globalement pacifiques, mais la tournure des événements l’a amené à renoncer à cet idéal au point de vouloir jeter cette ‘’jeunesse civile’’ sur le champ de bataille pour défendre le régime Gbagbo. 10 années sont passées depuis, le ton entre-temps a changé. Le contexte aussi, mais les traces sont là, interrogatrices.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

charles blé goudé haye

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires