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Souvenir : l'effroyable pendaison publique des "4 Martyrs de la Pentecôte" par le régime Mobutu

Le 1er juin 1966, le régime de Mobutu pendait trois anciens ministres et un sénateur. Accusés de comploter contre le gouvernement, ils avaient subi un procès expéditif avant d'être exécutés dès le lendemain sous le regard ahuri d'une foule surexcitée et apeurée.

Retour sur les faits.


Le 31 mai 1966, ouverture de l'audience au camp Kokolo, devant une Cour militaire d'exception, du procès des 4 "conjurés de la Pentecôte". L'audience ne dure que 2 heures, avant que la sentence ne tombe : peine capitale pour Évariste Kimba et ses trois co-accusés.


Au cours de cette audience, seuls les politiciens vont s’expliquer, pas les officiers, alors qu‘Évariste Kimba avait demandé à la Cour d’entendre également les six cadres militaires. D'ailleurs quand Kimba essaya de se défendre. Le colonel Ingila lui retorqua : "Messieurs, nous sommes ici devant le conseil de guerre. Ce n'est pas pour discuter. Nous sommes ici pour punir quelqu'un. Donc, le tribunal ne demande pas beaucoup de temps". Leur sort était jeté... Et quand la sentence tomba, elle était toute aussi bien amère que cynique.


"Nous n'avons agi qu'à l'instigation des militaires qui avaient pris l'initiative de déclencher un coup d'Etat visant au renversement non du régime, mais du gouvernement", déclareront, pour leur défense, les quatre conjurés de la Pentecôte (Kimba, Anany, Bamba et Mahamba).


Au bout de 2 heures d'audience, 5 minutes de délibération vont suffire aux 2 Majors et 1 Colonel composant le tribunal pour prononcer la sentence de mort. Le procès s'était déroulé en plein air, devant plus de 20.000 personnes, à l'intérieur du camp militaire Colonel Kokolo.


Ce verdict provoqua l’indignation un peu partout dans le monde : le Président Congolais Alphonse Massamba-Débat, le Roi Baudouin de Belgique, le Président De Gaulle de la France, et même le tout-puissant Président Lyndon Johnson des USA vont demander à Mobutu de renoncer à l’exécution des accusés. En vain. En réalité, Mobutu lui-même était sous la pression de ses commandants militaires pour qui tout recul serait un signe de faiblesse. On raconte par ailleurs que le Général Bobozo aurait même demandé au général président de choisir entre sa propre vie (la vie de Mobutu) et celles des 4 conjurés.


Les Commandants mirent Mobutu devant un fait accompli. Quand le Pape Paul VI appela pour demander à son tour la grâce des "conjurés", Mobutu n'eût d'autre réponse à lui donner, à part lui dire qu'il était déjà trop tard! Pourquoi? Les conjurés avaient déjà leurs yeux crevés.

Le 1er juin jour de l'exécution, la fanfare jouait sur le lieu de l'exécution (emplacement actuel du Stade des Martyrs). La marée humaine vit une jeep arriver sur le terrain. Les 4 condamnés étaient à l'intérieur... cagoulés. Devant la potence, torses nues, deux femmes hurlèrent leur impuissance. Elles étaient de la famille de l'un des comploteurs. Elles durent être écartées avec leurs enfants. L'attention se concentrait à présent sur l'estrade. Le bourreau monta, le premier, sur l'échafaud.


Aussitôt, la foule vit monter un grand homme masqué, portant un maillot de football bleu à rayures rouges. Tout le monde reconnut la stature de Evariste Kimba. En bas, il s'était confessé à un des prêtres présents, à côté des 4 cercueils déjà prêts.


Le bourreau lit la sentence. Kimba se tenait droit. On lui passa la corde au cou et la trappe s'ouvrit. Des cris d'horreur s'échappèrent de la foule suivis d'un silence horrifié. La lutte contre la mort dura plus de vingt minutes! Il ne voulait pas mourir ce Kimba...


Tandis que la foule regardait en silence, le corps de l'ancien Premier ministre ne faisait que gigoter. De la jeep, les 3 autres condamnés n'avaient plus leurs yeux pour voir ce qui les attendait. Quand eût lieu la dernière pendaison, l'assistance fut prise de panique. La multitude se mit à courir, jusqu'à piétiner les soldats. Dans la cohue, des enfants et des adultes trébuchèrent. En quelques minutes à peine, la foule avait décampé! Il ne restait plus que les corps des 4 anciens dignitaires en train d'être cloués dans les 4 cercueils.

Ce jour là, la population cessa d'acclamer Mobutu et commença à trembler devant cet homme. Deux jours plus tard, Mobutu dit à l'occasion d'une interview : "Chez nous, le respect dû au chef, c'est quelque chose de sacré... Il fallait un exemple."

Content created and supplied by: Kouiti (via Opera News )

lionel messi

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