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Interview vérité : voici les propos de Gbagbo qui fâchent le régime Ouattara

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a, semble-t-il, frappé là où ça fait mal. Dans un entretien exclusif diffusé sur la télévision française France 24, mercredi 20 octobre dernier, Laurent Gbagbo, a craché certaines vérités au régime Ouattara. La riposte graduée du porte parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, montre bien que la sortie de l'ex-président ivoirien dérange. Zoom sur ces propos qui fâchent le régime Ouattara.

D'emblée, Laurent Gbagbo dénonce la violation de l'article 12 de la Constitution ivoirienne selon lequel "Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l'exil". A ce propos, Gbagbo "souhaite que la Constitution soit appliquée". Le ton monte d'un cran lorsque le confrère de France 24 évoque la condamnation de Gbagbo à 20 ans d'emprisonnement pour la réquisition de l'agence bancaire de la BCEAO à Abidjan. Une affaire connue sous la forme abusive de "braquage de la BCEAO". " Moi je ris, je ris et je dis que c'est une mauvaise plaisanterie. Une plaisanterie de mauvais goût." fait savoir l'ex-président ivoirien qui dit ne point attendre une amnistie sur cette affaire. Quand le journaliste parle d'une épée de Damoclès sur la tête de Gbagbo en raison de cette condamnation, l'interviewé réfute cette idée. "Je n'ai aucune épée de Damoclès parce que je n'espère rien. Je n'ai jamais braqué une banque. Ici, la BCEAO a été braquée. On connaît les braqueurs de la BCEAO de Man, Bouaké, Korhogo et puis c'est Gbagbo qu'on condamne à 20 ans" replique-t-il.

En d'autres termes, Laurent Gbagbo réfuse un chantage évoqué antérieurement par ses proches, relatif à une amnistie d'Alassane Ouattara. Pis, Gbagbo se dit prêt à faire la prison. "Je ne demande rien. Je dis que c'est une mauvaise plaisanterie. Maintenant si elle ne cesse pas... Je suis habitué aux prisons, aux privations des libertés, je suis habitué à tout ça. Mais on ne va pas me faire admettre ce qui est inadmissible." précise Laurent Gbagbo.

Sur la question de la limitation de l'âge des candidats à la présidentielle, Laurent Gbagbo n'y est pas allé du dos de la cuillère. "Dans un pays civilisé où on est bien élevé, on n'élimine pas les candidats à cause de leur âge. Joe Biden est plus vieux que moi et son prédécesseur." indique Gbagbo tout en ajoutant à mot voilé qu'il est le "chouchou des jeunes".

Enfin, Gbagbo qui ''refuse que quelqu'un d'autre décide pour sa vie" et n'exclut rien quant à la présidentielle 2025, affirme bel et bien qu'Alassane Ouattara n'a pas respecté la Constitution ivoirienne à travers son troisième mandat consécutif. Là où le bât blesse, Laurent Gbagbo réfuse de demander pardon aux victimes de la crise postelectorale de 2010-2011 arguant que "ce que les victimes attendent, quels sont les responsables d'abord pour qu'on dégage les responsabilités de ceux qui ont fait presque 1000 morts en une journée à Duekoue, ceux qui ont commis les crimes à Abobo, à Yopougon, à Cocody...". Ces propos de Gbagbo contrastent avec le discours d'Adama Bictogo directeur exécutif du RHDP selon lequel Laurent Gbagbo est l'unique responsable de la crise postelectorale en raison de son "refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle 2010".

Tout porte à croire que cette sortie marque la fin de la trêve entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Gbagbo a remis son manteau de chef de file de l'opposition. Que faut-il attendre de la prochaine rencontre que les deux hommes ont annoncée ?


Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

Laurent Gbagbo Ouattara

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