Sign in
Download Opera News App

 

 

Dialogue politique : beaucoup de bruits, peu de solutions aux problèmes des Ivoiriens

La fin des tensions politiques en Côte d'Ivoire n'est certainement pas pour demain. C'est peu dire. Le premier ministre Guillaume Soro et son compagnon de lutte syndicale, Charles Blé Goude bloqué à la Haye après son acquittement, peuvent donc continuer à errer dans les rues européennes comme des apatrides. Tant que les tenants du régime ivoirien n'auront pas décidé de leur retour en Côte d'Ivoire, on en resterait là, alors que la loi fondamentale du pays est bien explicite sur la question de ses ressortissants : " Aucun Ivoirien ne peut pas être contraint à l'exil". (Article 22 de la Constitution de 2016).

Les prisonniers civils et militaires issus de la crise postelectorale de 2010-2011 peuvent toujours continuer eux aussi à ronger leurs freins dans les différents pénitenticiers du pays, malgré l'acquittement du chef de file, Laurent Gbagbo qui est censé avoir donné l'ordre à ses troupes lors de ces événements douloureux qu'a connus la Côte d'Ivoire, il y a quelques années. Ancien président de la République qu'il est, Laurent Gbagbo lui-même n'échappe pas à la règle.

C'est que depuis son retour en Côte d'Ivoire, le 17 juin 2021, l'ex pensionnaire de la CPI peine toujours à se faire payer ses avantages dûs à son rang d'ancien dirigeant ivoirien. Ni logement ni rente viagère ni pension de retraite, Laurent Gbagbo est bien obligé de se battre quotidiennement comme il peut pour ne pas se retrouver dans une situation d'incapacité financière pour faire fonctionner le PPA-CI, son nouvel instrument de lutte politique.

En face, ses adversaires politiques, ou du moins, les autorités ivoiriennes lui répondent que la situation de non paiement de ses ressources financières serait liée à sa condamnation par contumace dans l'affaire du fameux "braquage" de la Bceao en 2010. Mais comment un homme qui a été condamné par la justice ivoirienne peut-il, dans le même temps, présider aux destinées d'un parti politique en Côte d'Ivoire c'est le cas du président Laurent Gbagbo ? C'est à y comprendre quelque chose. Pourquoi une Commission électorale indépendante(CEI) qui a causé tant de torts à la Côte d'Ivoire, parce qu'adossée aux partis politiques, a-t-elle pu échapper à la sagacité des participants au dialogue politique en restant dans son format suicidaire ?

Pourquoi ces questions majeures qui pourtant continuent d'alourdir le climat sociopolitique en Côte d'Ivoire n'ont-elles pas été abordées avec courage au point de ne pas figurer au chapitre des recommandations de la phase 5 du dialogue politique qui vient de fermer ses portes ?Finalement, les 21 partis politiques et 26 organisations de la société civile invités à ces assises politiques l'ont été juste pour les besoins de la communication gouvernementale et non pour la recherche de solutions aux problèmes qui enveniment la vie sociopolitique en Côte d'Ivoire. Beaucoup de bruits, et peu de solutions aux problèmes qui rendent invivable, la vie sociopolitique en Côte d'Ivoire. Tout simplement.

P. L

Content created and supplied by: Pierre_Lemauvais (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires