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Radicaux en période d'élections, qu'est-ce qui rend nos politiciens aussi souples après les dégâts ?

Le jeu politique dans notre pays la Côte d’Ivoire est très versatile. Autant les hommes qui l'animent changent très souvent de veste, autant on passe très souvent du radicalisme causant des dommages à des rapprochements selon que nous sommes en période électorale ou pas.

En Côte d’Ivoire, les périodes électorales sont généralement des périodes de tensions, de violence voire de pertes en vies humaines. Du temps du boycott actif des élections de 1995 aux élections présidentielles d’octobre 2020 en passant par les élections de 2000 celles de 2010, notre pays a connu des moments particulièrement difficiles à chaque fois que les Ivoiriens ont été invités dans les urnes. Les moments les plus douloureux de cette histoire récente sont assurément la crise post-électorale de 2010-2011 ayant conduit à 3 000 morts et la dernière crise de 2020 qui a fait pas moins de 80 morts.

Il est vrai qu’en politique élémentaire, on dira que l'objectif d'un parti politique est de conquérir le pouvoir et mettre en œuvre son programme de société. Mais cela ne devrait pas suffire à donner lieu à tous les excessives, à toutes les folies. La violence extrême qui caractérise les périodes d’élections en Côte d’Ivoire est d’autant regrettable que très souvent les semaines qui suivent cette période sont meublées de discussions en vue d'un dégel des relations entre les acteurs politiques. 

Ainsi plus récemment, après l'élection présidentielle du 31 octobre 2020, avec notamment la mise en place d'un organe de transition par l'opposition, le président Alassane Ouattara et le l'ancien Président Henri Konan Bédié se retrouvaient le mercredi 11 novembre 2020, soit moins de deux (02) semaines après l'élection présidentielle. Aujourd’hui, après la grave crise que la Côte d’Ivoire a connu en 2010-2011, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo qui sont de loin les deux (02) protagonistes illustres de cette crise, se retrouvent le mardi 27 juillet prochain. Autant le dialogue peut meubler les périodes précédant les élections autant le radicalisme s'invite sur la scène politique à l'approche des joutes électorales. Cette altérité doit changer.

On se rappelle encore qu'en 2020 certains acteurs de l’opposition comme Marcel Amon-Tanoh s'étaient montrés très intraitables vis-à-vis du Président Alassane Ouattara. Le 10 octobre 2020 par exemple au Félicia, Amon-Tanoh avait eu l'un des discours les plus radicaux vis-à-vis de son ancien patron Alassane Ouattara. À ce jour, alors que l'élection est derrière nous, Marcel Amon-Tanoh est dans un silence indescriptible. Certaines informations ont d'ailleurs fait état d'une récente rencontre secrète entre lui et Alassane Ouattara. Pascal Affi N’Guessan, qui a fait la prison pour son implication dans les événements de l'année 2020, tient un tout autre discours aujourd’hui. Au plateau, le vendredi 02 juillet dernier, il a invité les Présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara à se retrouver pour « donner une chance à la Côte d'Ivoire de sortir de la crise et construire la paix ». 

Après la rencontre entre Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo à Daoukro, il y a quelques jours, c'est au tour d'Alassane Ouattara et son prédécesseur de se parler. Tout cela est salutaire, mais après combien de dégâts et de tués ? Il faut réinventer la rhétorique et les paradigmes politiques en Côte d'Ivoire.


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

Côte d'Ivoire

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