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Les leçons d'un procès : le cas de la compétence

Le rideau est tombé sur le procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé. Il n'y a pas eu de surprise à mon sens. La victoire de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé est bien la conséquence logique d'une analyse que j'avais faite sur les réseaux depuis 2015. L'acquittement des deux prisonniers n'était qu'une question d'années à cause des lourdeurs de la CPI. J'avais aussi conclu qu'il n'y aura pas de procès et j'avais titré à l'époque mon post ainsi: Procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé un procès mort né. Mes arguments à l'époque je les avais mûris autour de trois grands axes:

1-La règle de droit (en généralité)

2-la jurisprudence

3-Le sentiment flagrant d'injustice

Je ne reviendrai pas sur ces éléments qui ont fait de ce procès un procès mort né. J'avais conclu après analyse des faits également qui si un procès s'ouvrait j'aurais raté ma vocation d'historien. 

Ce post je le fais sur la leçon d'un tel procès et non sur la nature du procès. Je l'ai déjà fait. Il y'en a une panoplie de leçons à tirer de ce procès. Les leçons politiques, économiques, stratégiques, culturelles, sociales, et juridiques peuvent être citées mais ici je parlerai d'une seule leçon : celle de la compétence. 

Le procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé est une leçon de victoire de la compétence sur l'incompétence. Et ce depuis le début. Du montage du dossier d'un tel procès, au choix des hommes, des témoins, des preuves, du choix des circonstances où il faudra porter l'estocade à l'accusation au verdict finale de la présentation des éléments à charge. Et là le conseil de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé avec ces jeunes avocats ivoiriens (Dédié Rodrigue surtout) ont montré ce que c'est qu' être compétent au moment où les avocats de l'État de Côte d'Ivoire et des victimes étaient leurs incompétences. 

Gbagbo Laurent et Blé Goudé savaient que là se jouaient leur avenir politique mais aussi sociale ils savaient également que une fois descendu de leurs avions, ils pourraient rester toute leur vie dans les geôles de la CPI et Charles Taylor en était un exemple vivant. Alors, s'il devait y rester ce ne serait pas pour des questions relevant du droit mais pour d'autres considérations. Alors ils ont misé sur la compétence. Les résultats sont là. Quand l'un des juges a qualifié les preuves de l'accusation de léger j'ai compris que l'incompétence s'était déporté dans un tel procès et ce depuis la Côte d'Ivoire. Un député- avocat qui défendait les intérêts de l'État de Côte d'Ivoire s'est surpris entrain d'affirmer que les dossiers du procès ont été mal montés. "Sic", allez y comprendre quelque chose. Lui un praticien du droit et qui s'est fait payé avec l'argent du contribuable ivoirien nous sortir cette énormité veut tout dire.

Une nation doit se bâtir avec des hommes compétents et non d'hommes choisis sur la base du clientélisme. En Côte d'Ivoire, aujourd'hui, il est aussi mal vue de porter la critique au cœur d'un système qui porte en lui même les germes de son autodestruction. Le procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé vient encore une fois de nous montrer que l'on a injecté l'argent du contribuable ivoirien dans l'incompétence là où Laurent Gbagbo et Blé Goudé que la CPI a déclaré pour le premier indigent, fait le choix de la compétence. La suite on la connait. Un véritable naufrage des avocats de l'État de Côte d'Ivoire et des victimes. 

Le droit ne laisse pas la place au doute et à la l'émotion. Il s'agit de preuve, de montrer que la culpabilité d'un individu est établie. C'est aussi cela la beauté du droit.  

Bravo à l'équipe de l'Altit et de Rodrigue Dadié aux avocats de l'Etat de Côte d'Ivoire et des victimes un retour aux fondamentaux du droit est nécessaire. Un dossier vide restera vide si l'incompétence s'y installe. L'habitude ivoirienne s'est déportée à la CPI. La suite on la connait. 

Belle leçon de droit.

Content created and supplied by: dognimalass (via Opera News )

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